Premier port d'Arabie Saoudite, situé sur la mer Rouge. Bien qu'affligé d'un climat pénible et insalubre et de conditions portuaires médiocres (lagons et marécages salins, baie encombrée de récifs coralliens avec d'étroits chenaux), Djeddah (en arabe Djūdda) était, en 2007, le premier port d'Arabie (42 millions de tonnes de marchandises) grâce à la proximité des deux grandes villes saintes de l'Islam : La Mecque (à 72 km) et Médine (à 419 km). L'essor de Djeddah commence, en effet, avec le triomphe de l'islam : Djeddah devint le port d'arrivée et de départ des pèlerins et par voie de conséquence un grand centre commercial. Sa prospérité attira les convoitises des Mamelouks qui s'en emparèrent en 1425 et la fortifièrent. Les Portugais la menacèrent à partir de 1502 mais ne parvinrent pas à s'emparer de la ville qui tomba aux mains des Turcs en 1537. Mais la suppression du grand trafic commercial à travers la mer Rouge entraîna son déclin dès la fin du xvie siècle. Les Turcs en furent chassés en 1916, mais la ville, passée au mains du chérif de La Mecque, Hussein, fut prise en 1925 par les Saoudites.
Djeddah a connu un grand essor depuis 1945. Son expansion eut pour conséquences la destruction de son enceinte en 1947, et la disparition des quartiers traditionnels, où les pittoresques maisons ont été remplacées par des buildings très modernes. Elle a été le siège des missions diplomatiques étrangères jusqu’en 1986 avant que celles-ci ne soient transférées à Riyad, la capitale, entraînant dans leur sillage les administrations et les entreprises de service public. Si la ville en a souffert, le maintien sur place des grandes entreprises privées lui a permis de maintenir et de renforcer son activité industrielle variée (raffineries, agroalimentaire, textile, pharmacie, métallurgie, etc.). Sa population, qui était estimée à 2 800 500 habitants en 2004, f est très mélangée : Arabes, Yéménites, Hadramaoutis, Iraniens, Indiens, Noirs. Son port moderne, qui fut, dans les années 1970, le plus grand du monde, importe des produits alimentaires et manufacturés et exporte du pétrole, des peaux, de la nacre, de la gomme. Mais sa fonction essentielle est l'accueil des pèlerins musulmans (aéroport international, stations de quarantaine, hôpitaux, cités de pèlerins). Elle est reliée par autoroutes à La Mecque et à Médine. Le développement économique de la deuxième ville du royaume se poursuit : un nouveau terminal portuaire, destiné au trafic de containers, est en construction en 2007 tandis qu’une importante extension de l’aéroport est en voie de réalisation, compte tenu de la saturation du site actuel (six millions de passagers par an, hors pèlerinage de La Mecque).
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