3. La Birmanie depuis 1962
À la suite du coup d'État de 1962, l'armée birmane (Tatmadaw), sous l'égide du général Ne Win, instaura un régime militaire autocratique fortement centralisateur, et opta pour une politique économique de type socialiste et autarcique. Pendant plus d'un quart de siècle, la Birmanie fut repliée sur elle-même, avant qu'un second coup d'État, perpétré en septembre 1988 à la suite d'un vaste mouvement populaire, ne remette en selle une nouvelle junte aux orientations plus libérales et plus ouvertes sur l'extérieur. Mais après avoir refusé de reconnaître les résultats des élections qu'il avait pourtant lui-même organisées en mai 1990, et qui avaient vu la victoire écrasante des forces de l'opposition civile menée par Aung San Suu Kyi, le régime renforça ses positions en cherchant à contrôler l'ensemble du processus de « transition démocratique », en maintenant une forte pression sur les minorités ethniques et en profitant habilement des ressources naturelles et de la position stratégique de la Birmanie entre l'Inde, la Chine et l'Asie du Sud-Est pour maintenir son économie à flot.
• Le régime militaire de Ne Win, entre autarcie socialiste et isolationnisme (1962-1988)
Le coup d'État de 1962 et la mise en place de la dictature militaire
Lorsqu'elle prit le pouvoir, l'armée birmane disposait déjà d'une solide assise. Auréolée du prestige acquis depuis sa création en 1941, elle s'était progressivement imposée comme la principale institution du pays. Sous la direction de son charismatique chef d'état-major, le général Ne Win, la Tatmadaw organisa diligemment et sans effusion de sang un coup d'État dans la nuit du 1er au 2 mars 1962. Le gouvernement d'U Nu fut déposé, le Parlement dissous, la Constitution de 1947 suspendue et les partis et syndicats supprimés. Un véritable système autoritaire se mit alors en place avec, au centre du pouvoir, un Conseil révolutionnaire, dirigé par Ne Win lui-même. Les premières formes d'opposition qui se manifestèrent dès juillet 1962 furent rapidement étouffées, à commencer par les étudiants et le Sangha, la communauté bouddhiste. Enfin, face au développement d'autres insurrections ethniques séparatistes (Kachin, Chin et Shan), Ne Win lança de nouvelles offensives militaires et instaura une forte centralisation administrative et politique.
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