9. Le multimédia
Les années 1990 voient aussi le développement accéléré d'applications informatiques nouvelles d'un usage courant : le multimédia. Le CD-ROM, puis le DVD-ROM et la programmation qui leur est associée permettent de fixer sur le même disque des informations multimodales disponibles sur un mode interactif. Si cette technologie différencie le multimédia de la réalité virtuelle et de ses déclinaisons où l'usage de l'hypertexte est rare, elle tend à se confondre avec celle qu'on emploie dans les réseaux. D'où la distinction entre multimédia hors ligne (off-line) et multimédia en ligne (on-line). En réalité, les deux technologies se croisent et se complètent très souvent, ce qui est une caractéristique forte du numérique. Toute classification rigide reste dans ce domaine difficile mais surtout illusoire.
Certains artistes cependant se concentrent exclusivement sur les capacités hors ligne du multimédia. Le support de l'œuvre est dans ce cas constitué d'un CD-ROM. Cette formule a été adoptée par des artistes déjà connus, comme le chanteur Peter Gabriel, qui est le premier à tenter sur ce support, en 1994, une véritable création largement commercialisée, Xplora1, où se mêlent musique, image numérique, vidéo-clips, vidéo interactive et textes de chansons, dans une interaction très élaborée. Ou encore comme le cinéaste Chris Marker, dont le CD-ROM Immemory, 1998, invite le spectateur à explorer la propre mémoire de l'auteur en naviguant à travers une immense collection de photographies. D'autres artistes, qui viennent d'horizons différents, utilisent aussi cette technologie et signent des CD-ROM d'auteurs : Miguel Chevalier avec Autres Natures, 1996, Antoine Denize avec Machines à écrire, 1999 (qui reprend un travail sur le texte poétique de Raymond Queneau et de Georges Perec) ou Jean-Michel Othoniel avec A Shadow in your Window, 1999. Toutes ces œuvres ont en commun, au-delà de leur diversité artistique, une écriture nouvelle en train de se constituer qui est bien plus, […]
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