7. Nouvelles tendances : vers l'autonomie
Les chercheurs qui désirent doter leurs personnages de synthèse de plus en plus d'autonomie reviennent aux premières idées – simuler l'intelligence –, mais avec les ressources des sciences de la vie et de l'intelligence artificielle, qui se sont beaucoup développées depuis. Sans vouloir percer les secrets de la création, comme au début de l'art numérique, ils cherchent cependant à développer l'autonomie des objets ou des êtres qu'ils créent pour rendre leur confrontation avec le spectateur plus vivante. Certains algorithmes, comme les « réseaux de neurones », permettent à l'ordinateur d'apporter des réponses originales à un problème donné, après un apprentissage par essais-erreurs. L'intérêt de ces algorithmes réside dans le fait que les réponses échappent au déterminisme machinisme. L'ordinateur gagne en autonomie. On peut même dire qu'il invente ses réponses dans la mesure où celles-ci ne sont plus programmées à l'avance mais élaborées au cours de ses expériences. Diana Domingues utilise ces procédés dans son installation TRANS-E, Mon Corps, Mon Sang, 1997, où les spectateurs sont invités à participer à une sorte de rituel initiatique, à l'intérieur d'une grotte virtuelle où surgissent des images et des musiques chamaniques dont l'évolution est liée à la présence, aux déplacements et même à la chaleur des participants.
Après avoir été parmi les premiers à faire des films d'animation à l'ordinateur, dès les années 1976, Michel Bret s'est intéressé à la modélisation de personnages de synthèse capables de comportements élaborés. En collaboration avec Marie-Hélène Tramus, il utilise, depuis 2000, un croisement d'algorithmes génétiques et de réseaux neuronaux. Ces chercheurs tentent de développer par ce moyen l'autonomie de personnages virtuels placés dans des situations interactives où le corps joue un rôle prépondérant. Après La Funambule, personnage de synthèse, capable d'apprentissage grâce à un minuscule cerveau composé d'un réseau de n […]
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