La Deutsche Demokratische Republik (D.D.R., en français R.D.A.) s'est comportée depuis sa création en 1949 comme la démocratie populaire la plus fidèle à Moscou et comme l'une des plus réticentes à faire place aux aspirations libérales qui se manifestaient dans le camp socialiste.
De prime abord, cette attitude peut sembler paradoxale car l'Allemagne de l'Est fut longtemps traitée sans ménagement par Staline qui lui fit largement supporter le poids de la défaite du nazisme. La fidélité des dirigeants est-allemands à l'égard du Kremlin s'explique néanmoins par la situation particulière de leur État. Pris entre leur patriotisme qui les orientait vers la réunification de l'Allemagne et leurs convictions marxistes, qui les incitaient à consolider chez eux le socialisme, ils étaient conscients qu'une réunification ne pourrait se faire qu'au profit des forces économiques et sociales dominantes en R.F.A. Ainsi s'expliquent, d'une part, la persistance de leur attitude hostile envers les dirigeants ouest-allemands accusés de visées bellicistes et impérialistes et, de l'autre, leur soutien inconditionnel à l'U.R.S.S., garante à leurs yeux contre toute tentative de réunification au profit de la R.F.A. Ce fut enfin la raison de leurs efforts aussi gigantesques que peu réalistes pour élever leur économie au niveau atteint par celle de la République fédérale, condition indispensable, mais qui s'avéra utopique, à une réunification allemande qui ne serait pas une simple absorption de leur État.
1. La zone soviétique (mai 1945-oct. 1949)
La zone soviétique est née de la Seconde Guerre mondiale. Les Alliés, États-Unis, Grande-Bretagne, Union soviétique, ayant décidé de n'accepter du Reich hitlérien qu'une capitulation sans conditions (conférence de Casablanca, janv. 1943), durent envisager l'occupation totale du territoire ennemi. La zone attribuée à l'Armée soviétique comprenait la partie orientale du territoire allemand de 1937, jusqu'à une ligne Lübeck-Helmstedt-Eisenach-Hof. Mais l'Union soviétique transféra au gouverne […]
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