Les Britanniques, les Américains et les Soviétiques s'étaient mis d'accord, à la Conférence de Téhéran du 28 novembre au 1er décembre 1943, sur le principe d'un déplacement vers l'ouest de la Pologne après la guerre, ce pays obtenant aux dépens de l'Allemagne des compensations aux territoires cédés d'autre part à la Russie. On ne définit pas officiellement les nouvelles frontières à Téhéran, en raison de la volonté des Anglais de ménager le gouvernement polonais de Londres et du souci de Roosevelt de ne pas heurter les Américains d'origine polonaise, mais on envisagea la « ligne Curzon » à l'est et l'Oder à l'ouest, ligne complétée par la Neisse, mais sans que l'on ait, semble-t-il, précisé s'il s'agissait de la Neisse occidentale (celle qui naît en Bohême et qui se jette dans l'Oder près de Nysa) ou de la Neisse orientale (celle qui naît en Silésie et qui se jette dans l'Oder près de Gubin).
La Prusse-Orientale était partagée entre l'U.R.S.S. (Königsberg) et la Pologne.
À Yalta, du 4 au 11 février 1945, la ligne Curzon fut définitivement adoptée, mais des divergences apparurent à propos de l'Oder-Neisse, les Soviétiques souhaitant repousser la frontière polonaise jusqu'à la Neisse occidentale, les Anglais et les Américains n'envisageant que la Neisse orientale. Les territoires compris entre les deux Neisse étaient peuplés d'environ cinq millions d'Allemands, s'ajoutant aux six millions qui habitaient en Prusse et à l'est de l'Oder.
Du 17 juillet au 1er août 1945, à Potsdam, la Grande-Bretagne et les États-Unis acceptèrent que l'ensemble des territoires à l'est de l'Oder et de la Neisse occidentale soient administrés provisoirement par la Pologne, à laquelle ils avaient été remis en fait par l'Armée rouge, la frontière ne devant être fixée qu'au moment du futur traité de paix. Les Occidentaux acceptèrent également l'expulsion de ces régions des Allemands, qui furent remplacés par des Polonais vivant auparavant à l'est de la ligne Curzon. Environ la moitié des habitants avaient fui avant la fin des hostilit […]
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