5. L'affirmation sur la scène internationale (1968-1973)
• Une action diplomatique patiente
Cette « reconnaissance » restait bloquée par la démocratie chrétienne dominante à Bonn. Se fondant sur les protocoles de Paris du 20 octobre 1954 selon lesquels « jusqu'à la conclusion d'un traité de paix, les États signataires (États-Unis, Grande-Bretagne, France) uniront leurs efforts en vue d'atteindre leur objectif commun – une Allemagne réunifiée, dotée d'une Constitution libérale et démocratisée, semblable à celle de la République fédérale, et intégrée à la Communauté européenne (art. 2 et 7) » –, la R.F.A. se considérait, en attendant, comme la seule représentante légitime du peuple allemand. En vertu de la théorie de la représentation exclusive (Alleinvertretung), la R.D.A. n'existait pas en tant qu'État et n'était que « la zone d'occupation soviétique », dont les dirigeants tenaient leur pouvoir de l'occupant et non d'élections exprimant la volonté populaire. De ce fait, toute reconnaissance sur le territoire allemand d'une autorité gouvernementale autre que celle de Bonn était considérée par celle-ci comme un acte d'hostilité grave, entraînant ipso facto la rupture des relations diplomatiques. À cette doctrine Hallstein, qui condamnait la R.F.A. d'Adenauer, puis du chancelier Erhard, à l'immobilisme politique sur le plan international s'opposait le Document national de la R.D.A., élaboré en 1962, qui préconisait la confédération de deux États allemands, tout en proclamant que l'avenir de l'Allemagne était au socialisme et que la R.D.A. « comme État allemand socialiste incarnait l'avenir de la nation tout entière ».
En attendant une évolution des rapports avec « l'autre Allemagne », Walter Ulbricht avait obtenu la présence de la R.D.A. parmi les signataires du traité antiatomique de Moscou du 8 août 1963 et la signature, le 12 juin 1964, d'un nouvel accord d'amitié et de coopération avec l'U.R.S.S. garantissant ses frontières. Mais cette dernière devait essuyer un échec lors […]
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