KLEIN YVES (1928-1962)

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Faux départ et vrais débuts

Le père d'« Yves le Monochrome », Fred Klein, était un peintre hollandais figuratif. Quant à sa mère, Marie Raymond, niçoise, elle avait acquis une réelle notoriété comme peintre abstrait. Elle recevait lors de ses lundis le Tout-Paris des arts, que le fils de la maison eut ainsi l'occasion de côtoyer – excellente éducation artistique, par imprégnation. Initié au judo à Nice, où il résidait chez sa tante, Yves Klein était décidé à devenir judoka professionnel quand il se rendit au Japon, en 1952, pour acquérir une solide formation. Lorsqu'il revint à Paris, titulaire d'une ceinture noire 4e dan obtenue au très fameux Kōdōkan de Tōkyō, ses démêlés avec la Fédération française de judo anéantirent ses espoirs professionnels. Parti enseigner le judo en Espagne, il élabora à Madrid un livre d'artiste, Yves Peintures (1954) : une suite de planches monochromes de diverses couleurs qui reproduisent, par anticipation, des tableaux encore inexistants.

En 1955, Klein souhaita exposer à Paris un monochrome orange au salon des Réalités nouvelles, dévolu à l'art abstrait. Le comité d'organisation refusa l'œuvre car « une seule couleur unie », cela paraissait insuffisant. Klein organisa alors une exposition, Yves Peintures, dans les salons privés des éditions Lacoste. Il fit à cette occasion la connaissance de Pierre Restany, critique d'art qui devint son mentor et avec lequel il développa une véritable collaboration. Grâce à son soutien, le jeune artiste exposa en 1956, toujours à Paris, dans une galerie d'art réputée, celle de Colette Allendy.

Restany nomma « Propositions monochromes » les peintures unicolores de l'artiste. Des tableaux entièrement recouverts d'une seule couleur, notamment ceux de Rodtchenko (1921), puis ceux de Rauschenberg (1951), avaient déjà été exposés, mais jamais sous l'appellation de « Peintures monochromes ». Ce genre pictural, dûment désigné par une notion qui permet d'en reconnaître l'existence, est d [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Pour citer l’article

Denys RIOUT, « KLEIN YVES - (1928-1962) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/yves-klein/