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VÉRITÉ (notions de base)

Une nouvelle approche de la réalité

Avec Galilée (1564-1642) et la naissance de la science moderne, la défiance à l’égard du monde sensible prend une nouvelle tournure. Il appartient à René Descartes (1596-1650) de fournir à cette science galiléenne le socle philosophique dont elle a besoin. Comme l’avait fait Socrate, Descartes va conduire un doute radical, une première fois dans son Discours de la méthode en 1637, une seconde fois dans ses Méditations métaphysiques en 1641. Il y résume ainsi son parcours : « Il y a déjà longtemps que je me suis aperçu que, dès mes premières années, j’avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables, et que ce que j’ai depuis fondé sur des principes si mal assurés ne pouvait être que fort douteux et incertain. » Mais, à la différence de Socrate, Descartes doute afin de mettre à jour une vérité première indubitable. Il l’obtiendra grâce au « Cogito ergo sum(Je pense donc je suis) », qui échappe à toute suspicion, dans la mesure où douter que l’on pense c’est encore penser. Ce principe premier sera le fondement d’une nouvelle théorie de la connaissance.

Mais, en rendant indubitable le « Je pense », René Descartes accentue en retour le caractère incertain de nos perceptions. Celles-ci ne sont plus que « subjectives ». Si je ne peux en aucun cas douter que j’ai froid au moment où j’ai froid, rien ne m’autorise à relier cette impression à une réalité extérieure. Je peux aussi trembler de froid dans mes rêves. Le monde sensible que Platon avait voulu « sauver », suivant ses propres termes, en en faisant la copie imparfaite du monde intelligible, perd cet ancrage dans l’édifice cartésien. Cheminant dans les pas de la physique de Galilée, René Descartes va confier aux sciences objectives le soin de décrire une réalité extérieure désormais sans lien avec nos impressions sensibles. La « vérité » change de statut : elle est bien adéquation, mais cette fois adéquation entre des équations bâties par l’intellect et des mesures expérimentales qui corroborent nos calculs.

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Écrit par

  • : professeur agrégé de l'Université, docteur d'État ès lettres, professeur en classes préparatoires

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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