Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

TOXOPLASMOSE

Les étapes de l'infection toxoplasmique et l'immunité contre le parasite

La plupart des toxoplasmoses restent inapparentes, ce qui représente un exemple d'équilibre parfait entre la virulence d'un micro-organisme et l'immunisation de l'hôte qui l'héberge. Tout d'abord, les toxoplasmes peuvent se multiplier dans les cellules de tous les organes ; c'est ce qui se passe au stade initial de l'infection, le stade aigu de généralisation ; puis les lymphocytes de l'hôte apprennent à reconnaître le toxoplasme comme un agent étranger à l'organisme, les réactions immunitaires (cellulaires et humorales) s'enchaînent, et des anticorps circulants sont produits (on peut les mettre en évidence par toutes les méthodes habituelles de la sérologie). Les anticorps se fixent sur la surface du parasite dès qu'il sort de la cellule où il s'est multiplié, et suscitent l'activité du complément, d'où destruction des toxoplasmes par lyse de leur membrane. En outre, de nouveaux lymphocytes spécialisés se forment ; ceux-ci reconnaîtront désormais les antigènes toxoplasmiques chaque fois qu'ils en rencontreront, et réagiront en provoquant une réaction locale, du type hypersensibilité retardée, qui détruira les parasites et les cellules voisines. Cette immunité cellulaire constitue le facteur essentiel de la défense de l'organisme contre le parasite, car les anticorps circulants n'apportent, par eux-mêmes, qu'une protection partielle et insuffisante.

Chez l'hôte immunisé, le toxoplasme ne peut plus envahir de nouvelles cellules pour s'y multiplier. Il ne persiste plus que sous forme de kystes. Il y a donc deux étapes dans la toxoplasmose : un stade initial aigu de dissémination et de multiplication du parasite dans les cellules, qui dure tant que l'hôte n'est pas devenu résistant ; un stade d'infection latente au cours duquel les parasites enkystés dans les tissus de l'hôte immun ne prolifèrent plus. Les kystes sont bien tolérés tant qu'ils ne sont pas reconnus comme des antigènes étrangers. Dans le cas contraire, il se produit à leur entour un foyer limité d'inflammation et de nécrose dans lequel les toxoplasmes sont détruits.

Normalement, ces différentes étapes de l'infection passent inaperçues, sauf en cas d'immunisation rendue défectueuse, par exemple par une autre maladie : chez le chien, la maladie de Carré peut être l'occasion d'observer une toxoplasmose grave associée ; chez l'homme porteur de tumeur maligne, on voit des toxoplasmoses graves, mortelles, de même qu'au cours des traitements immunosuppresseurs, ou chez l'enfant agammaglobulinémique. Enfin, les conditions particulières de l'immunité au cours de la vie fœtale sont responsables de la gravité de la toxoplasmose transmise de la mère à l'enfant au cours de la grossesse. Ainsi, la toxoplasmose que l'on supporte normalement sans dommage peut, à l'occasion, provoquer des dégâts considérables chaque fois que le parasite est libre de proliférer dans les cellules du sujet qu'il parasite.

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : docteur en médecine, directeur du laboratoire de recherche sur la toxoplasmose de l'Institut de puériculture, Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • COCCIDIES

    • Écrit par Robert GAUMONT
    • 3 133 mots
    • 4 médias
    Les Toxoplasma sont des parasites des Mammifères qui ont une certaine importance en parasitologie humaine. Mais leur cycle n'est connu dans le détail que depuis 1970 (Hutchinson, Frenkel). L'hôte principal est le chat. Le parasite se développe dans les cellules de l'épithélium intestinal où s'effectue...
  • NAISSANCE - Grossesse

    • Écrit par Universalis, Yves MALINAS
    • 5 252 mots
    • 7 médias
    La population sensible à la toxoplasmose est au moins dix fois plus nombreuse. Il n'existe pas de vaccin, mais la prophylaxie est très facile : le parasite qui se trouve dans les muscles des herbivores (bœuf et mouton) ne résiste pas à la température de 70 degrés : il faut donc cuire les viandes...
  • NAISSANCE - Néonatologie

    • Écrit par Lucien MICHON
    • 4 249 mots
    • 1 média
    Les tableaux sont un peu différents suivant l'agent responsable : toxoplasmose avec lésions oculaires (microphtalmie) et cérébrales (hydrocéphalie), rubéole congénitale, infection à cytomégalovirus ou syphilis (devenue exceptionnelle), mais très souvent seule la biologie permet de trancher....
  • PARASITOLOGIE ET MALADIES PARASITAIRES

    • Écrit par Universalis, Yves GOLVAN
    • 8 241 mots
    • 2 médias
    – Latoxoplasmose, qu'il faut mettre un peu à part, est une maladie des mammifères et des oiseaux, domestiques et sauvages. Elle est transmise à l'homme surtout par la viande mal cuite et disséminée par des carnivores (chats). L'infestation est particulièrement fréquente dans les pays de civilisation...

Voir aussi