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TOXOPLASMOSE

Toxoplasmose humaine

La toxoplasmose humaine est, en règle générale, une infection inapparente ou sans conséquence sérieuse. Les exceptions sont de deux ordres : des accidents sans gravité qui peuvent se manifester au cours des premiers stades de l'infestation, des accidents graves lorsque le toxoplasme touche le fœtus ou un sujet en déficit immunitaire.

– La toxoplasmose acquise bénigne. Le début de la maladie comporte parfois un syndrome infectieux avec de la fièvre, de la fatigue et des modifications de la formule leucocytaire qui rappellent, en moins marquées, celles de la mononucléose infectieuse. Ce type de toxoplasmose est assez rare.

La seule manifestation fréquente est l'augmentation de volume des ganglions lymphatiques (adénopathies) qui accompagne l'effort d'immunisation de l'organisme contre le parasite. Ces adénopathies sont souvent généralisées, mais elles prédominent dans le cou et dans la nuque. Leur persistance pourrait faire craindre une tumeur maligne : le diagnostic de toxoplasmose ganglionnaire est alors rassurant.

– La toxoplasmose acquise grave. Si le sujet s'immunise mal, la multiplication des parasites se poursuit longtemps, entraînant une infection sévère. Elle touche surtout les organes où le degré de l'immunité est physiologiquement faible, comme c'est notamment le cas du système nerveux central : l'encéphalite toxoplasmique est la plus fréquente des formes graves de la toxoplasmose observées au cours des déficits immunitaires acquis (sida).

–  La toxoplasmose congénitale. Les conditions immunologiques particulières de la vie fœtale font que la toxoplasmose congénitale s'accompagne souvent de manifestations pathologiques sévères (hydrocéphalie, retards psychomoteurs, choriorétinite, etc.), conséquences surtout des lésions du système nerveux central et de ses dépendances ; c'est d'ailleurs l'autopsie de nouveau-nés, morts d'encéphalite nécrotique, qui a révélé pour la première fois les toxoplasmes dans l'espèce humaine. Bien que ces cas soient dramatiques, il ne faut pas exagérer le danger de cette infection pour les femmes enceintes. En effet, d'une part, celles qui ont contracté la toxoplasmose avant la grossesse sont protégées : le parasite enkysté dans les tissus ne risque plus d'être transmis au fœtus. D'autre part, celles qui la contractent pendant la grossesse sont exposées, mais l'atteinte du fœtus est inconstante : dans plus de la moitié des cas, l'enfant échappe à l'infection. Enfin, même quand le fœtus est parasité, la toxoplasmose congénitale grave n'est pas l'éventualité la plus fréquente : au moins quatre fois sur cinq l'enfant naît normal, bien que porteur de toxoplasmes. Dans ce cas, on devrait cependant reconnaître l'infection latente afin de traiter le nouveau-né pendant les premiers mois critiques de son existence. Il est en effet souhaitable que le sujet garde le moins possible de kystes résiduels, ceux-ci étant en partie responsables de la toxoplasmose oculaire, conséquence tardive des infections congénitales méconnues.

— Georges DESMONTS

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Écrit par

  • : docteur en médecine, directeur du laboratoire de recherche sur la toxoplasmose de l'Institut de puériculture, Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

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