CONJONCTIF TISSU

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Description du tissu conjonctif

Les tissus conjonctifs sont constitués par une substance fondamentale amorphe ; des cellules spéciales, les fibroplastes ; des cellules plus banales, exogènes le plus souvent (histiocytes, mastocytes, macrophages, etc.) ; des formations fibrillaires faites d'une protéine particulière, le collagène ; des fibres ou lames d'une substance nommée élastine, constituant les formations élastiques.

La substance fondamentale

À l'origine, on admettait l'existence entre les éléments de structure d'une lymphe interstitielle émanée du sang. Vers les années 1871-1878, on montra (Rollett, Renaut) qu'en plus de ce liquide, la substance fondamentale renfermait des éléments mucoïdes. Les travaux chimiques ultérieurs les caractérisèrent comme des mucopolysaccharides acides, complexes renfermant de l'acide hyaluronique, constitué lui-même de sucres aminés et de l'acide glucuronique. À ces substances complexes s'ajoutent, en quantités variables, de l'eau et des sels, spécialement de sodium. La substance fondamentale est formée par l'activité des fibroblastes, d'une part, par une infiltration d'éléments du sang, d'autre part.

Les cellules

Les fibroblastes ou cellules fixes généralement fusiformes, parfois ramifiés, sont propres au tissu conjonctif. Leur activité métabolique, faible dans le tissu conjonctif normal, peut devenir intense dans certaines conditions physiologiques ou pathologiques. Ils sont capables de déplacements dont les modalités ont été précisées par leur culture in vitro.

Le conjonctif normal renferme toujours, en quantités souvent faibles, des cellules venues de divers organes ou du sang : des histiocytes (Aschoff) ou lymphohistiocytes, éléments mononucléaires aux potentialités fonctionnelles très grandes, d'où leurs variations de forme ; des macrophages, cellules phagocytaires, dérivées des précédentes ; des polynucléaires, neutrophiles ou éosinophiles, venus du sang par diapédèse à travers les capillaires ; des mastocytes, à grosses granulations basophiles riches en héparine et en histamine, et dont le rôle physiopathologique est important. Toutes ces cellules sont capables de se déplacer – d'où leur nom de « cellules migratrices » – ce qui les oppose aux cellules fixes que sont les fibroblastes.

Les formations fibrillaires collagènes

Protéine caractéristique du conjonctif, le collagène est fabriqué à l'intérieur des fibroblastes sous forme d'une molécule monomère de tropocollagène. Celui-ci, à l'extérieur des cellules, s'organise, soit en fibrilles de réticuline, soit en fibres conjonctives.

– Le tropocollagène. Cette particule élémentaire de collagène est formée de trois chaînes polypeptidiques disposées hélicoïdalement les unes à côté des autres. Chaque chaîne comporte environ 200 restes d'aminoacides, qui sont, dans l'ordre de leur importance quantitative décroissante, la glycine, la proline, l'hydroxyproline, l'alanine, la leucine, l'arginine et la lysine ; les acides aspartique et glutamique existant à l'état de traces. Deux faits sont à signaler : l'absence d'aminoacides aromatiques, en particulier de tyrosine et de tryptophane ; la présence d'hydroxyproline spécifique du collagène ; aucune autre protéine animale n'en renfermant, son dosage permet de mesurer le collagène d'un tissu. Par diffraction des rayons X spécialement, on a déterminé la structure de la particule de tropocollagène, en particulier la disposition de ses trois chaînes polypeptidiques, la place de leurs aminoacides et les liaisons qui unissent le tout. Dans son ensemble, la molécule de tropocollagène de forme filamenteuse a environ, suivant les espèces animales, de 2 à 3 nm de diamètre sur 300 nm de long.

– Les fibrilles collagènes primaires. Les molécules monomères de tropocollagène se polymérisent à l'extérieur des fibroblastes en donnant des fibrilles primaires, isolables par divers procédés et visibles au microscope électronique ; elles se présentent sous forme de fibrilles régulières de 8 à 10 nm de diamètre, avec une alternance de bandes sombres et claires, d'une périodicité d'environ 64 nm.

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  • : membre de l'Institut, de l'Académie de médecine, professeur honoraire à la faculté de médecine de Lyon

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Pour citer l’article

Albert POLICARD, « CONJONCTIF TISSU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tissu-conjonctif/