ROUSSEAU THÉODORE (1812-1867)

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1848. Le Salon retrouvé

La révolution de 1848 marqua la fin de la période d'exclusion officielle de Rousseau. Bon nombre des amis avec lesquels il avait mené campagne pour réformer le jury du Salon ou pour la création d'un Salon indépendant se voyaient maintenant nantis de fonctions officielles. Lui-même fut élu membre du comité de la section peinture en 1848 et membre du jury en 1850. Toutefois, le Salon de 1849 fut pour Rousseau la cause d'une profonde déception. Selon lui, ses peintures étaient mal placées et elles n'obtinrent une médaille qu'avec difficulté. Plus grave encore, il ne fut pas décoré de la Légion d'honneur, qui fut remise à Dupré. Bien qu'il n'y ait pas eu entre eux de rupture définitive, l'étroite amitié qui unissait les deux artistes prit fin alors.

Son admission au Salon se révéla pour Rousseau une bénédiction mitigée. Dorénavant accessible au grand public, sa démarche artistique était souvent perçue comme trop radicale et subissait les attaques des critiques conservateurs. Malgré cela, ses tableaux commençaient à bien se vendre chez les marchands, et les sept années suivantes devaient être celles de sa plus grande faveur. Le point culminant de ce succès fut le Salon de 1855 où une salle entière était réservée à ses œuvres et à celles de Decamps. Si mécontent fût-il de l'accrochage de ses tableaux, l'artiste fut présenté alors comme le chef de file de la nouvelle école française de paysage.

La reconnaissance officielle et critique combinée avec le soutien d'un réseau commercial l'aidèrent à vendre ses œuvres à des prix de plus en plus élevés. Lorsqu'un tableau était vendu aux enchères, les marchands de Rousseau, surtout Durand-Ruel, faisaient des offres pour faire monter les prix. La demande des amateurs dépassait d'ailleurs la capacité de l'artiste à produire.

De la reconnaissance publique et du succès découla une certaine influence dont Rousseau usa pour soutenir sa cause la plus chère : la conservation de la forêt de Fontainebleau. Son art reposait sur une vision anthropomorphique de la nature. Rousseau percevait les éléments du paysage, les ar [...]

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Paysage, site d'Auvergne, T. Rousseau

Paysage, site d'Auvergne, T. Rousseau
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Un marais dans les landes, T. Rousseau

Un marais dans les landes, T. Rousseau
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Mare et lisière de bois, T. Rousseau

Mare et lisière de bois, T. Rousseau
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Écrit par :

  • : assistant curator, National Gallery of Art, Washington

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BARBIZON ÉCOLE DE

  • Écrit par 
  • Jacques de CASO
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Dans le chapitre « Théodore Rousseau : le « paysage pur » »  : […] Si l'on voulait définir l'art des peintres de Barbizon en fonction de leur dévotion à la nature, celle où présence et action de l'homme sont exclues, Théodore Rousseau (1812-1867) s'imposerait comme le représentant le plus complet du groupe. Beaucoup plus attaché que ses camarades à Fontainebleau et à Barbizon où il passa régulièrement ses étés, Rousseau connaissait autant que Corot les exemples […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jeremy STRICK, « ROUSSEAU THÉODORE - (1812-1867) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/theodore-rousseau/