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TAYLOR PAUL BELVILLE dit PAUL (1930-2018)

Danseur et chorégraphe américain, Paul Taylor a été une des grandes figures de la danse moderne américaine, ou modern dance.

Né le 29 juillet 1930 à Wilkinsburg (Pennsylvanie), il passe son enfance près de Washington. Étudiant les beaux-arts, il est à la fois passionné d'arts plastiques et de natation. C'est à l'université de Syracuse qu'il découvre la danse. Il en sera épris aussi. En 1952, il obtient une bourse pour l'étudier. Il se rend alors aux cours de danse classique d'Anthony Tudor et de Margaret Craske à l'école du Metropolitan Opera. Parallèlement, il suit l'enseignement plus moderne de Martha Graham, José Limon ou encore Doris Humphrey. En 1953, il rejoint l'école de danse de Martha Graham. En tant qu'interprète, il commence à danser pour les compagnies de Doris Humphrey (1952), de Merce Cunningham (de 1952 à 1954), de Charles Weidman (1954) et de Martha Graham (de 1955 à 1962). Pour cette dernière, il crée notamment le rôle d'Egisthe dans Clytemnestra, en 1958 (musique d'Halim El Dabh), d'Hercule dans Alcestis en 1960, de Thésée dans Phaedra en 1962 (musique de Robert Starer). Il danse également dans des productions télévisées.

Un chorégraphe précurseur et voyageur

La carrière chorégraphique de Taylor débute dès 1953 avec Hobo Ballet. Viennent ensuite Jack and the Beanstalk (1954) et ThreeEpitaphs (1956). En 1959, il participe à la création d'Episodes, ballet réalisé par Martha Graham et George Balanchine. Ces premières œuvres laissent apparaître un humour caustique. Taylor s'inspire également de sa collaboration avec le peintre Rauschenberg, dont il est très proche, pour appliquer à ses premières pièces une certaine abstraction qui se manifeste par une épuration du psychologique et une libération des conventions dramatiques. Son style est à cette époque plutôt formaliste. Parfois, cet aspect épuré à l'extrême suscite des polémiques comme avec Duet (musique de John Cage), en 1957, pièce dans laquelle les danseurs se meuvent à peine.

En 1962, il crée Aureole (musique de Haendel), qui s'inspire davantage de la technique classique et pure de Balanchine, à la fois lyrique et abstraite. Avec ce ballet plus conformiste, il obtient un franc succès qui le conduit à recevoir le prix de la critique comme meilleur chorégraphe. Il oscille entre le style ironique de ses premières années et le lyrisme plus classique inauguré avec Aureole. Son écriture chorégraphique, quoique fluide dans ses pièces au versant classique, est très complexe et riche. Ce va-et-vient entre les pôles traditionnel et subversif reflète, respectivement, l'influence néoclassique de George Balanchine et celle, moderne, de Martha Graham. Ainsi Duet et Airs (1978) sont des œuvres poétiques, mais The Book of Beasts (1971) et Noah'sMinstrels (1973) sont drôles et acerbes à la fois. Une atmosphère inquiétante se dégage de Big Bertha en 1970 (musique du Saint Louis Melody Museum) et son Sacre du printemps (The Rehearsal) créé en 1980 traite la musique de Stravinski sans la moindre révérence.

Paul Taylor est un chorégraphe itinérant. À partir de 1962, il est régulièrement invité dans le monde entier, comme au festival de Spolète en Italie, ainsi qu'à Paris, où il est venu présenter ses pièces au Théâtre de la Ville (1973, 1975 et 1984) et au Théâtre des Champs-Élysées (1979). Sa compagnie – créée en 1953, élargie en 1962 et alors nommée The Paul Taylor Dance Company – a été invitée par l'Opéra de Paris en 1987, 1990, 1993 et 2000, et au Théâtre national de Chaillot en 2012. Certaines de ses œuvres ont été interprétées par les danseurs de l'Opéra de Paris (Aureole en 1974, Esplanade en 1981, Le Sacre du printemps en 1984 et 2004, Speaking in Tongues en 1990). Taylor a su faire évoluer sa compagnie. Il a notamment formé Twyla Tharp,[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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