Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

SYSTÈME SOLAIRE

Les planètes telluriques

Planètes telluriques du système solaire - crédits : NASA ; NASA/ JPL-Caltech ; NASA/ Visible Earth/ Blue Marble ; NASA/ JPL

Planètes telluriques du système solaire

Les planètes telluriques que sont Mercure, Vénus, la Terre et Mars occupent les régions internes du système solaire. Elles sont caractérisées par une structure interne différenciée, dans laquelle on distingue généralement une zone centrale, appelée noyau, de nature essentiellement métallique (liquide, parfois solide dans les régions les plus centrales). Sur ce noyau reposent une ou plusieurs couches au sein desquelles les conditions physiques permettent à la roche d’avoir une consistance visqueuse, voire fluide : le manteau. Dans cette région, le transfert de chaleur vers les couches plus externes se fait par convection (mouvements macroscopiques de matière). La surface de la planète, la couvrant à la manière d’une fine croûte rigide, constitue quant à elle la lithosphère, dans laquelle la chaleur se transmet par conduction thermique, sans mouvement de matière. La structure détaillée de chacune des couches dépend des particularités physico-chimiques des planètes concernées. Notons aussi que certaines grosses lunes, notamment Io et Europa autour de Jupiter, partagent certaines caractéristiques de structure interne des planètes telluriques. Enfin, ces planètes sont entourées d’une atmosphère gazeuse, dont la masse est toujours très faible rapportée à leur masse totale, et qui présente une composition chimique et des conditions physiques très variables d’une planète à l’autre.

Mercure

Caractéristiques des planètes du système solaire - crédits : Encyclopædia Universalis France

Caractéristiques des planètes du système solaire

Avec un diamètre inférieur à 0,4 fois le rayon terrestre et une masse d’à peine 0,06 MT, Mercure est à la fois la plus petite des planètes et la plus proche du Soleil. Sa surface présente une forte ressemblance avec la surface lunaire : très cratérisée dans des régions géologiquement très anciennes, elle présente aussi des zones bien plus jeunes qui sont formées de vastes épanchements de flots de lave volcanique solidifiée. Peu massive, Mercure a déjà évacué la quasi-totalité de la chaleur interne accumulée lors de sa formation, et ne possède pas une quantité suffisante d’éléments radioactifs pour maintenir son manteau à l’état visqueux. C’est une planète géologiquement morte depuis plus de 1 milliard d’années, bien qu’elle ne soit pas encore tout à fait refroidie en son cœur, contrairement à la Lune. Mercure se distingue par son noyau exceptionnellement volumineux comparé à sa petite taille, une caractéristique qui en fait un cas unique parmi les planètes telluriques. Elle possède une atmosphère extrêmement ténue, c’est-à-dire pratiquement inexistante.

Vénus

Les caractéristiques de Vénus en termes de diamètre et de masse pourraient presque en faire une jumelle de la Terre. Mais ce n’est qu’une façade car ces deux planètes sont différentes à bien des égards. Observée par des techniques radar à travers son atmosphère très dense et opaque au rayonnement visible, la surface vénusienne apparaît peu cratérisée, donc très jeune, ce que confirment à la fois la présence de nombreux volcans et de vastes plaines de lave solidifiée. N’ayant pas d’activité géologique liée au mouvement de grandes plaques tectoniques comme sur Terre, la chaleur produite à l’intérieur de la planète pourrait s’accumuler jusqu’à s’évacuer lors d’épisodes volcaniques majeurs, allant jusqu’à faire couler des pans entiers de la lithosphère dans un manteau rendu fluide par la température croissante.

Si Vénus ne possède pas de champ magnétique propre, ce qui la différencie encore de la Terre, elle possède en revanche un champ magnétique induit par le vent solaire qui interagit avec les ions de sa haute atmosphère (ionosphère), et qui protège efficacement son atmosphère. Sans cela, cette dernière aurait depuis longtemps été « soufflée » par le vent solaire. Les conditions atmosphériques et climatiques y sont d’ailleurs des plus extrêmes : la température au sol y est proche de 450 °C et la pression près[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : maître de conférences habilité à diriger des recherches, Sorbonne université, Institut d'astrophysique de Paris

Classification

Pour citer cet article

Arnaud CASSAN. SYSTÈME SOLAIRE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Cartographie du système solaire - crédits : Encyclopædia Universalis France

Cartographie du système solaire

Planètes telluriques du système solaire - crédits : NASA ; NASA/ JPL-Caltech ; NASA/ Visible Earth/ Blue Marble ; NASA/ JPL

Planètes telluriques du système solaire

Caractéristiques des planètes du système solaire - crédits : Encyclopædia Universalis France

Caractéristiques des planètes du système solaire

Autres références

  • TERRE - Planète Terre

    • Écrit par Jean AUBOUIN, Jean KOVALEVSKY
    • 9 225 mots
    • 9 médias
    Un des principaux résultats de la « révolution copernicienne » fut la conception du système solaire, codifiée par Kepler selon des lois toujours en vigueur ; en conséquence, les planètes se trouvaient distinguées des étoiles, la Terre n'étant que l'une d'entre elles.
  • ÂGE DE LA LUNE

    • Écrit par Maud BOYET
    • 393 mots

    Lors de la mission Apollo-16 en 1969, un échantillon d'une masse de 1,8 kilogramme (échantillon 60025) a été récolté et son étude pousse à reconsidérer l'âge de la Lune. Cette mission fut la seule à permettre l'échantillonnage de la croûte anorthositique lunaire, car située...

  • ASTÉROÏDES

    • Écrit par Christiane FROESCHLÉ, Claude FROESCHLÉ, Patrick MICHEL
    • 10 700 mots
    • 13 médias
    Parmi les astéroïdes de notre système solaire, il existe une population bien singulière dont la principale caractéristique est de se mouvoir sur des orbites qui s'approchent de l'orbite de la Terre ou même la croisent. En 2007, un peu plus de 4 500 de ces petits corps, appelés aussi N.E.A. (selon...
  • ASTROCHIMIE

    • Écrit par David FOSSÉ, Maryvonne GERIN
    • 4 388 mots
    • 3 médias
    ...fois plus limité et des molécules complexes se forment, parmi lesquelles l'acétone (CH3)2CO, l'alcool éthylique et, peut-être, des acides aminés. À ce stade, la question du lien entre cette chimie interstellaire et notre système solaire, voire notre propre planète, se pose. À deux niveaux : d'une...
  • Afficher les 64 références

Voir aussi