SOLSDégradation des sols

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Quelles sont les différentes formes et causes de dégradation ?

Toute action sur les sols les transforme. Il peut s'agir de modifications voulues, destinées à améliorer certaines de leurs caractéristiques (teneur en matière organique, pH, salinité) ou fonctions (drainage, etc.), mais, bien souvent, intervenir sur le sol provoque différentes formes de dégradation physique, chimique et biologique (fig. 2) dont les plus extrêmes se manifestent sous la forme d'érosion, c'est-à-dire de pertes en terre arable.

Types de dégradation des sols

Dessin : Types de dégradation des sols

Qu'elle soit d'ordre physique, chimique et/ou biologique, la dégradation est un phénomène complexe qui est lié aux actions de l'homme. Elle a non seulement des impacts néfastes sur les sols (modifications des propriétés et des fonctions du sol), mais également, du fait du rôle... 

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La dégradation physique

La dégradation physique des sols correspond principalement à une désorganisation de leur structure. Cette dernière, définie par l'organisation spatiale des agrégats du sol (assemblages de constituants minéraux et organiques), délimite les volumes des vides ou porosité du sol. La taille, la forme et les relations entre ces pores conditionnent le stockage et la circulation de l'eau, de l'air et des éléments nutritifs ainsi que le développement des êtres vivants (racines, faune du sol...). La cohésion entre les différents constituants du sol, principalement assurée par les matières organiques du sol et par les minéraux argileux, détermine la résistance de la structure du sol aux différentes contraintes mécaniques que le sol subit en permanence (gouttes de pluie, pression des engins agricoles, piétinement des animaux...). Les principales manifestations de la dégradation structurale des sols sont les suivantes :

– La compaction. Celle-ci résulte du piétinement des animaux en conditions humides ou du passage de lourdes machines. La porosité du sol étant alors réduite, la circulation de l'air et de l'eau ne se fait plus normalement et l'enracinement est limité, voire impossible. Les flux d'eau ne pouvant plus s'effectuer verticalement, le ruissellement se déclenche, entraînant des phénomènes d'érosion.

– Les excès d'eau dans le sol. Ils se produisent lorsque la vitesse d'infiltration de l'eau est inférieure à celle des apports. L'eau stagne dans le sol, de manière temporaire ou permanente, empêchant sa bonne aération et le développement d'une activité biologique (végétale et animale) normale. Les conditions d'anaérobie y induisent des transformations chimiques particulières. Cette saturation des pores du sol en eau est appelée hydromorphie et les sols sont dits hydromorphes. Localement, la compaction provoque des phénomènes d'excès d'eau ; plus largement, tout aménagement empêchant la circulation latérale de l'eau provoque en amont des phénomènes d'engorgement, puis d'hydromorphie.

– L'encroûtement et l'imperméabilisation de la surface des sols. Ces phénomènes sont les conséquences d'un couvert végétal qui ne protège pas assez la surface du sol de l'impact des gouttes de pluie. Les agrégats du sol sont détruits ; les particules fines libérées colmatent la porosité de surface et une croûte de battance (nom attribué à cet état particulier de surface où le sol, battu par la pluie, a perdu toute porosité et ne permet plus aucune infiltration) se forme, déclenchant le ruissellement et l'érosion. La richesse d'un sol en particules fines de la taille des limons (entre 2 et 50 micromètres) favorise ce phénomène.

– L'érosion par l'eau (érosion hydrique). Elle se manifeste lorsque l'eau, ne pouvant plus s'infiltrer, ruisselle et devient capable de décaper le sol de ses horizons supérieurs, c'est-à-dire en général de sa partie la plus riche en matières organiques. Cette perte de matière présente des conséquences sur le lieu même de l'érosion (libération du carbone stocké dans ces horizons de surface, diminution de la productivité, charges supplémentaires pour l'agriculteur qui doit restaurer la fertilité de son sol...) mais aussi en aval (la matière extraite se dépose sur des sols pré-existants ou des routes, ou est emportée par les rivières et vient remplir les lacs de barrage, etc.). Si l'érosion est un phénomène naturel qui rajeunit les sols et permet à la vie de se poursuivre, l'érosion hydrique, induite par les activités humaines, est au contraire nuisible car elle peut aller jusqu'au décapage complet du sol et faire affleurer la roche mère. Les relargages du carbone dans l'atmosphère, les pertes en terre, les baisses de rendement sur les sites d'érosion et les conséquences induites hors de ces sites se sont amplifiés depuis la fin du xxe siècle, en relation avec les transformations rapides de l'agriculture (mécanisation, déforestation, remem [...]

Dégradation des sols au Brésil

Photographie : Dégradation des sols au Brésil

Ici, dans l'État de Minas Gerais, au Brésil, l'érosion des sols est une des conséquences de la déforestation. En l'absence d'arbres, la couverture pédologique, directement soumise aux effets du climat, est fragilisée. Les pâturages, qui remplacent la forêt, ne jouent pas le même rôle... 

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Le sol et ses interactions

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Dégradation des sols dans le monde

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Écrit par :

  • : professeur de science du sol à l'Institut des régions chaudes, Montpellier SupAgro

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Pour citer l’article

Mireille DOSSO, « SOLS - Dégradation des sols », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sols-erosion/