Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

SOCIÉTÉ (notions de base)

  • Article mis en ligne le
  • Modifié le
  • Écrit par

De la promesse comme fondement de la vie sociale

Égoïste ou non, notre société ne saurait fonctionner et se maintenir sans confiance entre les acteurs économiques. Il revient à Friedrich Nietzsche (1844-1900) d’avoir compris l’importance de la promesse dans la vie économique. Pour lui, ce sont les rapports commerciaux qui sont à l’origine de la capacité de promettre et de tenir sa promesse. En effet, pour pouvoir fonctionner, la société a besoin de remplacer des êtres variables et en constante mutation par des êtres fixes et fiables garantissant les échanges. La Généalogie de la morale (1887) consacre de longs développements à cette thématique originale. « Le débiteur, pour inspirer confiance en sa promesse de remboursement [...] s’engage [...], pour le cas où il ne paierait pas, à indemniser le créancier par quelque chose d’autre qu’il “possède” encore, qu’il a encore en sa puissance, par exemple son corps, sa femme, sa liberté, voire sa vie. » Derrière le caractère policé et paisible de ce que Montesquieu (1689-1755) qualifiait de « doux commerce », convaincu qu’il était avec les penseurs libéraux que l’activité commerciale pacifie la société et civilise les individus, Nietzsche détecte une grande violence dans les relations économiques. Il a fallu transformer des individus différents et incontrôlables en êtres réguliers, il a fallu « rendre l’homme jusqu’à un certain point uniforme, égal parmi les égaux, régulier, et par conséquent calculable » (Généalogie de la morale). Une grande « cruauté » accompagne l’histoire des sociétés humaines.

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : professeur agrégé de l'Université, docteur d'État ès lettres, professeur en classes préparatoires

Classification

Pour citer cet article

Philippe GRANAROLO. SOCIÉTÉ (notions de base) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 22/05/2024

Autres références

  • ANOMIE

    • Écrit par
    • 4 002 mots
    • 1 média
    ...travail et le premier chapitre de ce livre à la division du travail anomique. L'idée générale de la théorie de Durkheim consiste dans l'affirmation que les sociétés évoluent d'un type de solidarité mécanique à un type de solidarité organique. Dans le premier cas, les éléments qui composent la société sont...
  • ANTHROPOLOGIE

    • Écrit par et
    • 16 158 mots
    • 1 média
    ...reconnu leur dette vis-à-vis de Durkheim : ce qui importe, ce sont moins les traits particuliers d'une culture que la fonction qu'ils remplissent dans la société. La culture renvoyant aux coutumes ou aux productions, et la société aux relations sociales, E. E. Evans-Pritchard illustre ainsi la fameuse...
  • ANTHROPOLOGIE ANARCHISTE

    • Écrit par
    • 4 849 mots
    • 3 médias

    L’anarchie en tant que pensée politique émergea vers le milieu du xixe siècle, en même temps que l’anthropologie sociale (ou ethnologie), laquelle fut d’abord livresque, avant de se pratiquer sur le terrain à partir de la fin du même siècle. Pourtant, ces deux domaines, malgré quelques pionniers,...

  • NUMÉRIQUE, anthropologie

    • Écrit par
    • 1 440 mots

    Alors que les micro-ordinateurs remontent aux années 1970 et l’essor d’Internet aux années 1990, c’est au cours de la décennie suivante que l’anthropologie du numérique acquiert sa légitimité au sein de la discipline. Contrairement aux essais sur la « révolution numérique » qui spéculent sur la rupture...

  • Afficher les 83 références