RACHI SALOMON BEN ISAAC dit (1040-1105)

Rabbi Chelomo, fils d'Isaac (ou Isaaki) – ce qui donne, en prenant l'initiale de chacun de ces noms, « Rachi », comme on le surnommait par affection –, fut le plus célèbre et, peut-on dire, le plus populaire des rabbins du Moyen Âge. Au-delà du rayonnement qu'il eut à la tête de son école de Troyes et de son autorité dans les divers domaines de la culture juive, il s'impose principalement par une œuvre exceptionnelle de commentateur de l'Écriture et du Talmud. Une œuvre telle que tout auteur après lui prendra son texte pour base de sa propre exégèse, que toute étude talmudique paraîtra pratiquement impensable sans le recours préalable à l'éclairage donné par Rachi, point de départ indispensable à tout approfondissement.

Rachi de Troyes

Une fois qu'on l'a dégagée du halo merveilleux qui enveloppe toute vie d'homme illustre, on sait fort peu de chose de celle de Rachi. Né à Troyes, qui était alors déjà le siège de foires importantes, il mentionne souvent dans son œuvre les usages de sa ville natale. Il décrit « les amas considérables de marchandises qu'on dispose pour les détailler, ces étalages d'habits ou de laine, de viande salée ou de sauterelles ». Dans sa jeunesse, il alla fréquenter l'école talmudique de Worms, l'une des plus célèbres de la Lorraine, le pays de Lothier, où, du reste, on parlait surtout le français. Là, « manquant de nourriture, les vêtements en loques et portant le joug du mariage », il suivit les enseignements de deux maîtres : Jacob ben Yakar et Isaac ben Éléazar Halévi. Il se rendit ensuite à Mayence, auprès d'Isaac ben Juda ; il devait avoir vingt-cinq ans lorsqu'il regagna Troyes. « Depuis son retour, il n'eut plus l'occasion de revoir ses maîtres », mais il resta avec eux en contact épistolaire. Dans une de ses consultations, Rabbi Isaac Halévi lui écrit : « Elle n'est pas orpheline, notre génération, puisque tu t'y trouves ; puissent être nombreux en Israël ceux qui te ressemblent ! »

Il fonda, à Troyes, sa propre yeshiba (école talmudiq [...]


pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Écrit par :

Classification


Autres références

«  RACHI SALOMON BEN ISAAC dit (1040-1105)  » est également traité dans :

RASHI DE TROYES

  • Écrit par 
  • Gérard NAHON
  •  • 197 mots

Après avoir étudié dans les académies juives de Worms et de Mayence, Salomon ben Isaac, dit Rachi (ou Rashi), vit à Troyes où, dit-on, tout en soignant sa vigne, il explique à ses disciples le Talmud de Babylone dont les manuscrits gagnent les communautés juives d'Occident. Il utilise les leçons homilétiques du midrash mais privilégie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rashi-de-troyes/#i_12343

JUDAÏSME - Histoire du peuple juif

  • Écrit par 
  • Gérard NAHON
  •  • 11 239 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « La Rhénanie et la France jusqu'aux croisades »  : […] règlements), dont celle qui abolit la polygamie et le lévirat, et Salomon ben Isaac, dit Rashi de Troyes, qui rédige un commentaire de la Bible et du Talmud caractérisé par la clarté, la simplicité et un intérêt très vif pour les réalités locales. L'emploi, dans le corps du texte hébreu, de termes romans écrits en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/judaisme-histoire-du-peuple-juif/#i_12343

Voir aussi

Pour citer l’article

Ernest GUGENHEIM, Michel GUGENHEIM, « RACHI SALOMON BEN ISAAC dit (1040-1105) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/salomon-ben-isaac-rachi/