ROYAUME-UNIÉconomie

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quelques données-clés.
CapitaleLondres
Unité monétairelivre sterling (GBP)
Population67 406 000 (estim. 2021)
R.N.B. par habitant (USD)42 130 (2019)

Le Royaume-Uni est l'un des rares pays de l'OCDE, avec les États-Unis et le Canada, à bénéficier de ressources énergétiques importantes, ressources sur lesquelles il a pu fonder son développement et sa puissance industrielle. Le charbon au xixe siècle, l'énergie nucléaire dans les années 1950, le pétrole et le gaz dès 1975 lui ont longtemps donné l'image d’un pays fortement industrialisé. Les années 1980 et 1990 ont profondément transformé cette image. Le Royaume-Uni est désormais doté d’une économie de services, déréglementée et flexible. Londres est ainsi devenue la première place boursière européenne, avec le London Stock Exchange (LSE), et l'une des toutes premières places financières internationales. En 2011, le PIB britannique par habitant était le troisième des pays du G8 (derrière les États-Unis et le Canada, mais devant le PIB moyen de la zone euro) alors qu'il était le dernier en 1997, et ce, malgré une diminution de 1,3 p. 100 entre 2008 et 2011. Cependant, le Royaume-Uni reste encore un pays à multiples facettes. L'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en 1979 a marqué une rupture considérable dans l'environnement économique et social du pays. Sa personnalité autoritaire, qui lui a valu le surnom de « Dame de fer », s'est doublée d'une obstination forcenée à faire entrer le Royaume-Uni dans une nouvelle ère. Les réformes structurelles entreprises durant les années 1980 et 1990, notamment en matière de déréglementation et d'assainissement des finances publiques, ont été la marque de l'ère Thatcher. Élu en 1997 sur le slogan « Investissement et Réforme », Tony Blair a également marqué de son empreinte l'économie du Royaume-Uni. Il s'est imposé comme celui qui a relevé le défi social outre-Manche, avec un approfondissement des politiques de lutte contre les inégalités sociales, le renforcement des politiques en matière d'emploi et la mise en place d'un vaste programme d'infrastructures. Malgré un réel pragmatisme économique, son successeur, Gordon Brown, n'a pas survécu politiquement aux conséquences de la crise économique mondiale qui a frappé le Royaume-Uni à partir de 2008. David Cameron est devenu Premier ministre en mai 2010, à la faveur d’une coalition libérale démocrate et du projet de « Big Society ». Il a entrepris d’assainir les finances publiques, redevenues fragiles, en imposant le plan d’austérité le plus drastique qu’ait connu le Royaume depuis 1945, tout en essayant de mobiliser les capacités de croissance de l'économie britannique, afin que celle-ci rebondisse à moyen terme.

Une nouvelle économie britannique depuis les années 1980

Les décennies de 1980, de 1990 et de 2000 ont considérablement transformé une économie britannique très affaiblie par les politiques de « stop and go » menées au cours des années 1970. Sous l'effet d'une tertiarisation progressive de l'économie, et grâce à une croissance beaucoup plus régulière depuis le milieu des années 1990, le Royaume-Uni a particulièrement bien réussi sa lutte contre l'inflation et le chômage.

Une économie à contre-courant ?

Une relecture du cycle économique britannique depuis la fin des années 1970 permet de distinguer des phases de croissance et de récession beaucoup plus marquées que dans les autres pays de l'OCDE. À la phase de récession de 1979-1981, marquée par une baisse du PIB de 3,6 p. 100, une augmentation du nombre de chômeurs de près de 1 million et par l'échec cuisant de la maîtrise de l'inflation (20 p. 100 en moyenne annuelle), a succédé une phase d'euphorie, de 1983 à 1988, au cours de laquelle les déséquilibres budgétaire et monétaire ont été vaincus et le chômage partiellement endigué. À la suite de la récession du début des années 1990, le Royaume-Uni a connu, de 1992 à 2007, un rythme annuel de croissance moyen de 2,8 p. 100, marqué par 54 trimestres consécutifs de croissance ininterrompue et accompagné d'une faible amplitude cyclique. Ce chiffre reste largement supérieur aux performances de la zone euro au cours de la période (2,2 p. 100). La crise économique et financière de 2007-2008 comporte également une « singularité » britannique. En effet, avec un recul de 4 p. 100 du PIB en 2009, l'économie du Royaume-Uni connaît son recul le plus marqué depuis les années 1945 et sa sortie de crise la plus lente depuis les années 1930. Comparée à ses principaux partenaires commerciaux, États-Unis et pays de la zone euro, elle tarde à rebondir dans les années qui suivent 2010.

Une économie de services

Les réformes structurelles engagées au Royaume-Uni à partir du début des années 1980 ont accéléré les mutations sectorielles de l'économie. De 1975 à 2011, la part du secteur tertiaire (services) dans le PIB est passée de 53 p. 100 à 77 p. 100, alors que l'industrie (y compris la construction) ne représentait plus que 22,4 p. 100 du PIB en 2011 (contre 42 p. 100 en 1975) et le secteur agricole 0,6 p. 100. Cette substitution du secteur des services au secteur secondaire, commune à la plupart des économies développées, est d'autant plus significative au Royaume-Uni que le pays a fondé sa puissance économique, depuis le xixe siècle, sur son développement industriel. Or, à partir des années 1980, la croissance du Royaume-Uni est presque exclusivement imputable à celle des services. De 1984 à 2007, le taux de croissance annuel moyen de ce secteur a été estimé à environ 3 p. 100. Les services aux entreprises, les services financiers, l'informatique et les télécommunications sont les activités qui ont connu la croissance la plus rapide. Le renforcement de la domination du secteur des services dans l'économie britannique, moins soumis aux aléas conjoncturels que l'industrie, explique, en partie, la moindre volatilité de la croissance à partir de la seconde partie des années 1990. Malgré la récession de 2008 et 2009, le niveau de production du secteur des services était, en 2012, supérieur de 3,5 p. 100 à celui de 2009. En termes d'emplois, le secteur des services concentrait, en 2011, près de 81 p. 100 des travailleurs britanniques. Le secteur a créé près de 4,7 millions de postes entre le milieu des années 1990 et 2013, alors que, au cours de la même période, le secteur manufacturier perdait la moitié de ses effectifs (ramenés à 2,44 millions en 2011). Ces évolutions reflètent les transformations de la société britannique, avec une augmentation continue de la demande en services et en loisirs. Au cours de la seule période 1998-2008, la croissance du secteur des services a été deux fois plus rapide que celle du PIB britannique (6 p. 100 contre 3 p. 100). Le [...]

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Dette publique du Royaume-Uni

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Déficit et surplus budgétaire du Royaume-Uni

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  • : professeur associé à l'IFP School, responsable du programme Petroleum Economics and Management

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Pour citer l’article

Emmanuel HACHE, « ROYAUME-UNI - Économie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/royaume-uni-economie/