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FINANCES PUBLIQUES

L'expression « finances publiques » désigne à la fois les fonds relevant des diverses activités publiques et la science qui s'y rapporte. Exprimée au xixe siècle par le baron Louis, par Léon Say et par d'autres financiers, celle-ci manifestait par ses maximes le souci de l'État libéral de limiter au strict minimum les tâches de l'État — donc ses dépenses —, réservant la plus grande part des activités à l'initiative privée ; les finances publiques devaient pour l'essentiel couvrir les frais de police, de justice, d'armée et de diplomatie. Avant 1914, en France, les dépenses publiques ne dépassaient pas 15 p. 100 du revenu national. Aujourd'hui, intervenant largement dans la vie économique et sociale et exécutant de multiples tâches d'intérêt général, toute collectivité publique engage des dépenses dont le financement nécessite des ressources ; celles-ci sont prélevées par la contrainte fiscale et parafiscale sur l'ensemble des ménages et entreprises, ainsi qu'a pu l'écrire Laufenberger : « Les finances publiques apparaissent donc comme une disposition autoritaire, rarement contractuelle (emprunts), par la collectivité organisée sur une partie plus ou moins forte du produit national afin de réaliser des tâches dites publiques ou d'intérêt public. »

Les finances publiques impliquent :

— Des dépenses publiques, dont l'étude permet de connaître les tâches imparties à la collectivité publique qui les réalise : dépenses traditionnelles de pure administration (justice, police, défense nationale, relations diplomatiques) ; dépenses d'ordre éducatif et culturel ; dépenses d'action économique (soutien à l'agriculture, subventions aux entreprises déficitaires des secteurs de l'énergie et des transports, aide à l'exportation) ou d'action sociale (santé publique, famille, logement social, chômage, sécurité sociale).

— Des ressources publiques, dont la principale est constituée par le produit des impôts ; l'étude du système fiscal permet de connaître le mode de répartition de la charge collective entre les ménages et les entreprises, entre les diverses catégories socioprofessionnelles (exploitants agricoles, salariés, industriels, commerçants, professions libérales), entre les individus suivant le niveau de leur revenu (progressivité des taux) ; cette répartition permet de compléter les indications déjà fournies par l'examen des catégories de dépenses sur les grandes options de la politique économique et sociale poursuivie par la collectivité.

— Un budget, dans lequel sont regroupées ces dépenses et ces ressources. Le volume du budget d'un État rapporté au produit national donne une idée du degré d'intervention de l'État (socialisation du système).

— Une dette publique, si l'impôt n'a pas suffi à couvrir les dépenses publiques et si la collectivité a donc dû recourir à l'emprunt.

— Un Trésor public, qui manie l'ensemble des fonds publics et, notamment, exécute les budgets (ressources et dépenses), gère la dette publique, intervient sur les marchés monétaire et financier.

L'étude des finances publiques relève du droit fiscal, du droit de la comptabilité publique (règles de gestion des fonds publics) et du droit constitutionnel : aussi le vote du budget par le pouvoir législatif est-il l'une des conquêtes de la démocratie ; les attributions respectives du législatif et de l'exécutif lors de sa préparation, de son vote, de son exécution et de son contrôle constituent un bon indice de la prépondérance de l'un ou de l'autre pouvoir. Elle relève aussi de la science économique depuis que les collectivités publiques interviennent jusqu'à devenir des agents financiers, économiques et sociaux essentiels. S'agit-il, en effet, de pousser à la concentration[...]

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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