RÉDUCTIONNISME & HOLISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Historique

En simplifiant, suivant les procédés aristotéliciens de libre interprétation des textes, le matérialisme a surgi du premier coup, avec tous ses traits caractéristiques, chez les penseurs grecs d'avant Socrate. Considérant les choses sensibles, ils en cherchent le principe abstrait, et, afin d'expliquer comment ce principe unique engendre la diversité visible, ils postulent des transformations. Pour parvenir d'emblée à ce résultat, il fallait que les autres issues fussent fermées. En effet, l'idée de création et celle de commencement de l'univers étaient étrangères aux anciens Grecs. Ils ne voyaient pas au-delà du successif et du causal et ne pouvaient concevoir qu'une évolution. Les données de leurs cosmogonies mythiques, par l'évocation d'un état de chaos primordial, les sensibilisaient à l'énigme de l'ordre, c'est-à-dire au problème d'expliquer le changement, le passage du désordre à l'ordre. L'un des premiers philosophes de la nature, Thalès, appelle eau la substance ou matière ; un autre, Anaximène, l'appelle air, et cette substance est censée pouvoir revêtir toutes les formes visibles, par condensation et raréfaction : ces processus dynamiques correspondent aux transformations chargées de rendre compte de la diversité des apparences de la substance unique.

D'autres matérialismes, moins unitaires, remplacent la transformation par la séparation et le mélange, c'est-à-dire par la combinaison, qui éventuellement pourra être opérée par le hasard, donnant lieu à une combinatoire stochastique. Alors il y a non pas un élément primitif, mais une pluralité, voire une infinité. Ainsi Anaxagore suppose un nombre infini de qualités qui se groupent différemment. L'autre système auquel est attaché depuis l'Antiquité le nom de matérialiste est celui des atomistes. L'identité, dont les logiciens de l'école éléate viennent juste de montrer l'importance, sert à passer des êtres aux classes : au lieu des éléments (appelés atomes), considérer les [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages




Écrit par :

  • : professeur à l'université Paris-XII-Val-de-Marne, Créteil

Classification


Autres références

«  RÉDUCTIONNISME & HOLISME  » est également traité dans :

DESCRIPTION ET EXPLICATION

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 337 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La critique de Meyerson »  : […] Le paradigme relationnel, avec sa variante logiciste, représente l'orthodoxie positiviste, qui réduit l'explication à la description légale, c'est-à-dire en termes d'énoncés de rapports quantitatifs constants. Meyerson a critiqué ce réductionnisme en montrant qu'il ne rend pas justice à la tendance explicative des sciences. D'abord, la physique – la discipline qui passe, à l'époque contemporaine […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/description-et-explication/#i_94406

EMPIRISME

  • Écrit par 
  • Edmond ORTIGUES
  •  • 13 313 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les deux dogmes selon Quine »  : […] La thèse générale est ainsi résumée par Quine : « L'empirisme moderne dépend en grande partie de deux dogmes. Le premier consiste à croire à un clivage fondamental entre les vérités analytiques (ou fondées sur les significations indépendamment des faits) et des vérités synthétiques (ou fondées sur les faits). Le second, le réductionnisme, consiste à croire que chaque énoncé doué de signification […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/empirisme/#i_94406

EXPÉRIENCE

  • Écrit par 
  • Pascal ENGEL
  •  • 7 131 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Théorie et expérience »  : […] Le programme empiriste logique d'une réduction du langage de la science à des données observables rencontre des limites analogues. Alors que le positivisme classique (celui de Comte et de Mill) entendait réduire la science à l'énoncé de « lois des phénomènes », le positivisme viennois reformule le problème dans un cadre linguistique. Selon le célèbre « critère de signification » des Viennois, s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/experience/#i_94406

RATIONALISME

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 7 618 mots

Dans le chapitre « La raison et la connaissance »  : […] Être rationaliste, c'est assurément d'abord accorder un statut sans équivoque à ce que nous connaissons par expérience à travers le truchement de nos sens. Se proposer de reconstruire intégralement toute notre connaissance du monde par le seul effort d'une pensée abstraite ne saurait être une position tenable aujourd'hui, et procéderait d'une espèce d'hyperrationalisme tournant à vide. Un rational […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rationalisme/#i_94406

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean LARGEAULT, « RÉDUCTIONNISME & HOLISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/reductionnisme-et-holisme/