RÉALISME, art et littérature

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Réception des ambassadeurs du Siam à Fontainebleau, J. L. Gerôme

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Le Pont de l'Europe, G. Caillebotte

Le Pont de l'Europe, G. Caillebotte
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Autoportrait par Louis Corinth

Autoportrait par Louis Corinth
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Tout comme en littérature, le réalisme a été le mouvement dominant en art pendant la seconde moitié du xixe siècle. Pourtant, il n'a fait l'objet, de la part des chercheurs, que d'investigations fragmentaires, et ses limites tant géographiques que chronologiques restent mal définies. En outre, les spécialistes discutent toujours sur le point de savoir quels peintres peuvent être qualifiés de réalistes et selon quels critères. Enfin, on ne dispose d'aucune étude concernant la sculpture réaliste.

L'étude du réalisme se heurte à plusieurs difficultés. La première est d'ordre sémantique : le terme de réalisme est utilisé de façon vague par le grand public et aussi, malheureusement, par les spécialistes. Il sert souvent à décrire, pour n'importe quelle période, toute forme d'art représentatif ; on le donne comme synonyme de naturalisme quand on ne le confond pas purement et simplement avec ce dernier terme, qui ne désigne, dans le meilleur des cas, qu'une phase tardive du réalisme. Qui plus est, le terme de réalisme nous confronte à cet important problème philosophique : « Qu'est-ce que la réalité ? »

La seconde difficulté tient à l'approche doctrinaire du mouvement par les historiens d'art. Au cours de ce dernier demi-siècle, une sorte de conspiration a fait qu'on a surtout cherché à écrire l'histoire de l'art en termes de mouvements français d'avant-garde. En sorte que, tant en France qu'à l'étranger, l'attention accordée au mouvement réaliste s'est centrée sur les réalistes de la « voie principale du progrès » : Courbet, Manet et les impressionnistes. Le même préjugé a conduit à limiter la « période » du réalisme, de manière à le situer commodément entre le romantisme et le symbolisme.

La troisième difficulté est d'ordre esthétique : personne n'aime vraiment le réalisme en art. Objectivité, élimination du sentiment personnel et suspension du contrôle intellectuel, intérêt porté à la laideur en tant qu'antagoniste de la beauté, tous ces traits constituent, pour le public comme pour de nombreux criti [...]

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Gerald M. ACKERMAN, Henri MITTERAND, « RÉALISME, art et littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/realisme-art-et-litterature/