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SURFACE PHÉNOMÈNES DE

Structure des surfaces, phases bidimensionnelles

Surfaces cristallines

Réarrangements des atomes à la surface d'un cristal - crédits : Encyclopædia Universalis France

Réarrangements des atomes à la surface d'un cristal

L'arrangement géométrique des atomes à la surface d'un solide cristallin est, en général, différent de ce qu'il est en volume. Cela peut être expliqué, qualitativement, par la nécessité de minimiser l'excès d'énergie superficielle produit par la coupure de liaisons, lors de la création de la surface. Ce réarrangement peut être peu important et se manifeste par un léger déplacement des atomes perpendiculairement à la surface. Cette relaxation de surface est soit positive (augmentation de la distance), soit négative (diminution de la distance), selon le matériau et le type de face du cristal. Ainsi, dans le cas des métaux, les faces les plus rugueuses [cfc(110), cc(100) et cc(111)] présentent des relaxations négatives de l'ordre de − 3 à − 15 p. 100 [de − 9 à − 15 p. 100 pour Al(110), de − 6 à − 10 p. 100 pour Ag(110), de − 5 à − 11 p. 100 pour W(100)]. On rencontre aussi de nombreux cas où le réarrangement est très important. Il produit non seulement un déplacement des atomes perpendiculairement à la surface, mais aussi dans la direction parallèle à celle-ci : on dit alors que la surface est reconstruite. Cette reconstruction produit une structure totalement différente de celle d'un plan du volume. Un exemple typique est celui de la structure 7 × 7 de la face (111) du silicium, matériau de base de l'industrie de la microélectronique : dans de grandes conditions de propreté, la structure, précisée par de nombreuses techniques (en particulier par les travaux récents de microscopie tunnel à balayage), présente, dans les deux directions, une maille sept fois plus grande que celle d'un plan (111) du volume. La reconstruction de surface met en jeu plusieurs couches atomiques, au moins trois dans le cas du silicium (111), et dépend très sensiblement du degré de propreté de la surface. L'incorporation d'atomes étrangers peut changer la nature de la reconstruction et même la supprimer.

Surfaces rugueuses, préfusion de surface

Une surface réelle contient toujours un certain nombre de défauts à température non nulle : marches, crans, lacunes ou atomes auto-adsorbés. Lorsque la densité de défauts croît avec la température, leur énergie de formation diminue : on peut s'attendre à une augmentation rapide de leur nombre et donc à une diminution correspondante de la perfection de la structure de surface. Le profil de densité à l'interface varie de manière continue, en s'étalant progressivement lorsque la température augmente. Cette transition dans la morphologie de surface s'appelle la transition rugueuse.

L'existence de la transition rugueuse peut être montrée expérimentalement par la disparition de facettes sur un cristal. Ce dernier peut en présenter plusieurs, associées aux différentes orientations des facettes. En général, elles sont très difficiles à observer : les temps d'équilibre sont très longs à cause de l'extrême lenteur du déplacement des atomes vers leurs positions d'équilibre (aux températures où a lieu la transition). Le seul système qui a permis cette observation à l'équilibre est l'hélium, pour lequel la très grande mobilité des atomes est particulièrement favorable à cette étude. D'autre part, de nombreuses expériences intéressantes ont également été réalisées sur les métaux, mais hors équilibre.

La transition rugueuse n'est qu'une étape vers la perte d'ordre d'une surface cristalline. Elle apporte un désordre dans la direction perpendiculaire, rendant la frontière diffuse entre le matériau et le milieu extérieur ; mais il persiste cependant un ordre dans la position des atomes parallèlement à la surface. Si l'on augmente encore la température T jusqu'au voisinage du point de fusion T[...]

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Pour citer cet article

Jean-François JOANNY et Jean SUZANNE. SURFACE PHÉNOMÈNES DE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Krypton - crédits : Encyclopædia Universalis France

Krypton

Réarrangements des atomes à la surface d'un cristal - crédits : Encyclopædia Universalis France

Réarrangements des atomes à la surface d'un cristal

Microscope à effet tunnel à balayage - crédits : Encyclopædia Universalis France

Microscope à effet tunnel à balayage

Autres références

  • ADSORPTION

    • Écrit par Xavier DUVAL
    • 4 819 mots
    • 2 médias

    L'adsorption est le phénomène qui consiste en l'accumulation d'une substance à l'interface entre deux phases (gaz-solide, gaz-liquide, liquide-solide, liquide-liquide, solide-solide). Il a son origine dans les forces d'attraction intermoléculaires, de nature et d'intensité variées, qui sont responsables...

  • AUGER PIERRE VICTOR (1899-1993)

    • Écrit par Bernard PIRE
    • 693 mots

    Fils d'un universitaire — son père, Victor Auger, était professeur de chimie à la Sorbonne —, le physicien Pierre Auger sut faire succéder à une brillante carrière de chercheur une intense activité de direction scientifique et administrative dont les fruits sont aujourd'hui internationalement reconnus....

  • CATALYSE

    • Écrit par Henri Jean-Marie DOU, Jean-Eugène GERMAIN
    • 8 394 mots
    • 7 médias
    ...l'explication dite « physique » de la catalyse par l' adsorption dans les pores du solide, qui provoquerait une concentration locale élevée de réactifs. Nous savons maintenant que les phénomènes d'adsorption sont complexes, et qu'il faut distinguer la rétention des molécules à la surface de tous les solides...
  • CHIMIE - La chimie aujourd'hui

    • Écrit par Pierre LASZLO
    • 10 856 mots
    • 3 médias
    ...des réactants le plus souvent en phase gazeuse. Ainsi, les molécules gazeuses diffusent jusqu'à ce qu'elles s'adsorbent (s'accrochent) à des atomes à la surface du catalyseur. On assiste alors à l'affaiblissement ou à la rupture de liaisons chimiques dans les molécules des réactants. Une réorganisation...
  • Afficher les 17 références

Voir aussi