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CORINTHIEN ORDRE

Colonne à chapiteau corinthien, Bosra

Colonne à chapiteau corinthien, Bosra

Bien que le chapiteau corinthien apparaisse en Grèce au ~ ve siècle, l'ordre corinthien se constitue seulement à Rome sous Auguste. Mais il devient alors si populaire qu'il élimine presque totalement les autres ordres. Après avoir joué un grand rôle dans la formation des ordres médiévaux, tant dans le domaine chrétien que dans l'art islamique, il retrouve son prestige à la Renaissance et le garde jusqu'à la fin du xixe siècle.

Inventé, dit-on, par le sculpteur et orfèvre Callimaque, le chapiteau corinthien apparaît au temple de Bassae, à la tholos d'Épidaure, au temple d'Athéna Aléa à Tégée. Il se compose dès lors d'un calathos ou corbeille en tronc de cône renversé qu'entoure le feuillage stylisé de ce chardon épineux qu'est l'acanthe ; deux couronnes superposées et alternées, de huit feuilles chacune, couvrent le bas du calathos ; entre les feuilles de la couronne supérieure naissent les caulicoles, cornets végétaux d'où s'échappent les volutes qui vont soutenir les angles ; au-dessus règne l'abaque, plateau qui reçoit l'architrave.

Combiné avec les éléments de l'ordre ionique, le chapiteau corinthien sert essentiellement à des décors internes jusqu'à la fin de l'époque hellénistique. Son emploi s'élargit alors, en Italie surtout où on l'utilise à la fin de la République dans des édifices monumentaux. Ses feuilles ne ressemblent plus guère alors à celles de l'acanthe ; elles s'amollissent et perdent leurs profondes découpures ; des caulicoles s'échappent outre les volutes, des hélices tournées vers l'intérieur ; un gros fleuron est posé sur l'abaque et sur le calathos ; parfois même des figures s'insèrent dans le feuillage. L'ordre corinthien n'a pas d'entablement propre, Vitruve permettant d'utiliser indifféremment celui de l'ionique ou du dorique. La base est attique, mais ses deux tores égaux séparés par une étroite scotie la rendent très lourde.

Sous Auguste, on revient d'abord à l'étude des modèles grecs classiques, mais en donnant aux lobes de l'acanthe l'arrondi d'une feuille d'olivier. L'entablement, qui conserve l'architrave et la frise (celle-ci généralement ornée de rinceaux) de l'ordre ionique, acquiert sa personnalité grâce à l'emploi systématique de la corniche à modillons. Après divers essais, que l'on peut suivre à Rome, au temple du Divus Julius, au temple d'Apollon Palatin et en Gaule à Glanum, la formule paraît définitivement fixée au temple de Mars Ultor à Rome. Il y aura ensuite, pendant toute la durée de l'Empire, des variantes portant sur les proportions ou sur quelques détails, mais le type augustéen restera canonique.

— Gilbert-Charles PICARD

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Colonne à chapiteau corinthien, Bosra

Colonne à chapiteau corinthien, Bosra

Autres références

  • ABAQUE, architecture

    • Écrit par Alain MAHUZIER
    • 308 mots

    Le terme d'abaque désigne, dans sa première acception, une table à calculer. Déjà connu des Égyptiens, perfectionné par les Romains qui en firent un boulier portatif, l'abaque servait à faire les diverses opérations de calcul.

    Au sens architectural du terme, l'abaque désigne...

  • CALLIMACHOS (actif entre 430 av. J.-C. et 400 av. J.-C.)

    • Écrit par Bernard HOLTZMANN
    • 768 mots

    Le sculpteur Callimachos (à Athènes entre ~ 430 et ~ 400), fut célèbre dans l'Antiquité pour la virtuosité de son style, dont la recherche un peu superficielle lui valut le surnom de Raffiné. Trois de ses œuvres sont connues par les textes anciens : une statue d'Héra assise que Pausanias (IX,...

  • CORNICHE

    • Écrit par Maryse BIDEAULT
    • 424 mots

    Terme désignant la partie supérieure de l'entablement, dans l'architecture classique. L'élément essentiel de la corniche est le larmier, pièce horizontale en saillie, dont la fonction est de rejeter les eaux de pluie. Dans l'architecture grecque, il constitue pratiquement à lui seul la corniche,...

  • ÉPIDAURE

    • Écrit par Roland MARTIN
    • 442 mots

    La ville d'Épidaure, sur la côte nord-est du Péloponnèse, doit sa célébrité au sanctuaire d'Asclépios qui se trouvait à quelques kilomètres de la cité. Selon la tradition, le dieu guérisseur vint s'installer dans ce vallon vers la fin du ~ vie siècle en s'associant...

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