GLANUM

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Ville celto-ligure, hellénisée et romanisée, située près de Saint-Rémy-de-Provence. Le site de Glanum a été déterminé par l'existence d'un défilé dans la chaîne des Alpilles, où jaillit une source. Le dieu de cette source était appelé Glan ou Glanis par les Ligures qui lui élevèrent une niche et un autel qui porte une dédicace aux « Glaniques », les déesses-mères et au dieu Glan.

C'est au iie siècle avant J.-C. que Glanum se développe : habitat et monuments. Les Glaniques constituent une communauté souveraine qui frappe monnaie mais l'influence de Marseille est très forte. Après 49 après J.-C., César prend Marseille et Glanum tombe dans la dépendance romaine. Glanum a le statut d'oppidum latinum, certains Glaniques pouvant obtenir le droit de cité romain.

Dans la seconde moitié du ~ ier siècle, le sanctuaire est embelli ; on construit à l'entrée du défilé une salle de réunion inspirée des bouleuteria grecs. Des maisons de type hellénistique forment un quartier d'habitation qui se développe vers le nord.

Mais c'est pendant la période du deuxième triumvirat et au début du règne d'Auguste que Glanum connaîtra une période d'apogée, due sans doute aux profits que certains de ses notables ont pu faire pendant les guerres césariennes.

Au plus tard vers ~ 20, Agrippa consacre à Valetudo, déesse romaine de la santé, la source sacrée, et bâtit à côté un temple dont l'architecture est caractéristique de cette époque. Un autre temple est dédié à Hercule ; un portique et un théâtre, dont la chronologie devra être précisée, s'édifient à l'est de l'embouchure du défilé. L'espace triangulaire qui s'étend depuis l'entrée de la passe en direction du nord est remblayé en deux phases, dont la seconde se situe vers ~ 30 ; plusieurs maisons sont alors ensevelies. L'esplanade ainsi créée devient une place double : forum rectangulaire au nord avec une basilique et un édifice à abside dont la destination reste hypothétique : tribunal, ou lieu de réunion (curie), place triangulaire devant l'entrée de la passe, portant un autel et une fontaine peut-être décorée de sculptures et de reliefs (prisonniers, trophées d'armes) qui sont au musée de l'hôtel de Sade à Saint-Rémy. À l'ouest de la place triangulaire, deux temples parallèles, de grandeur inégale, installés sur un podium sont peut-être des temples dynastiques. Ils ont été édifiés entre 30 et 20 avant J.-C.

C'est aussi entre 30 et 20 qu'une famille (les Julii), qui devait à Jules César la citoyenneté romaine et le gentilice (nom de la famille) de Julius, fit construire une tour funéraire, le Mausolée, constituée par un socle décoré de bas-reliefs, qui évoquent, en les transposant en luttes mythologiques, les combats livrés sans doute par le fondateur de la famille, un massif percé de quatre arcades et une rotonde abritant les statues de deux ancêtres. Un arc de triomphe, dont les reliefs représentent des captifs gaulois au pied de trophées, fut construit non loin. Il daterait de la fin du règne d'Auguste. Ces deux monuments, dont le premier est miraculeusement préservé, gardèrent seuls le souvenir de Glanum, qui fut détruite et abandonnée dans le courant du iiie siècle. En 1942, Henri Rolland entreprend des fouilles systématiques qui firent reparaître l'ensemble de la cité ; études et exploration sont poursuivies par l'Institut de recherche sur l'architecture antique et la direction des Antiquités de Provence.

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Gilbert-Charles PICARD, « GLANUM », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/glanum/