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ORDINATION & SACREMENT DE L'ORDRE

Par le sacrement de l'ordre, des baptisés reçoivent dans l'Église des fonctions déterminées au service du peuple chrétien. Ces ministères existent depuis les origines, bien qu'on ignore quelle en fut l'organisation précise à cette époque ; mais, depuis une très haute antiquité (saint Ignace d'Antioche l'affirme, au début du iie siècle), il s'agit d'une hiérarchie à trois degrés : chaque communauté locale a un évêque, un presbyterium ou collège de prêtres, des diacres.

L'évêque (du grec épiskopos, « surveillant », terme employé pour désigner certaines fonctions civiles dans l'Empire romain) est le signe et le garant de l'unité de son peuple dans une même profession de foi et la célébration des mêmes sacrements ; de plus, il exprime la communion de ce peuple avec les autres Églises locales, par son appartenance au collège des évêques qui succède au collège apostolique, que préside l'évêque de Rome. Les prêtres (du grec presbytéros, « ancien », terme employé pour désigner certaines fonctions dans les communautés juives) participent, collégialement ou individuellement et sous sa dépendance, à l'ensemble de la mission de l'évêque. En particulier, comme lui, ils ont le pouvoir de présider l'eucharistie et de célébrer le sacrement de pénitence. Les diacres (du grec diakonos, « serviteur ») ont des fonctions de service dans la liturgie et dans la vie quotidienne des communautés.

Toutes ces fonctions ont été exercées de façon différente selon les époques ; ainsi, la multiplication des paroisses rurales a atténué le caractère collégial de l'épiscopat, et le ministère diaconal avait pratiquement disparu des Églises d'Occident, avant d'être rétabli par le concile de Vatican II d'une façon permanente.

L'ordination est l'acte liturgique par lequel est conféré le sacrement de l'ordre (à chaque degré correspond une ordination spécifique). Cet acte consiste essentiellement en une prière consécratoire solennelle accompagnée d'une imposition des mains de l'évêque (y participent d'autres évêques pour l'épiscopat et les prêtres pour le presbytérat).

C'est par un abus de langage qu'on a désigné du nom d'ordination l'admission à des ministères non sacramentels qui ne sont pas conférés par l'imposition des mains (sauf dans certains rites orientaux, selon un usage inconnu de l'antiquité), tels ceux de sous-diacre, de lecteur, d'acolyte, appelés indûment « ordres » mineurs. Un document du Saint-Siège de 1972 (Ministeria quaedam) les transforme en ministères de laïcs, la liste en restant ouverte suivant les besoins des communautés, et précise qu'ils sont transmis par une « institution » et non par une ordination.

L'habitude s'est progressivement introduite dans toutes les Églises de faire de chaque ordination une étape nécessaire pour être admis à l'ordination à un degré supérieur ; on exige même généralement le passage par certains ministères de laïcs avant le diaconat. Mais on admet, depuis les dernières réformes, l'ordination de diacres et l'institution de ministres laïcs, sans qu'ils se destinent au presbytérat.

— Robert CABIÉ

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Écrit par

  • : docteur en théologie, enseignant à la faculté de théologie de Toulouse

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • DIACRE

    • Écrit par Hervé LEGRAND
    • 794 mots

    Depuis le début de l'Église, le diaconat est, avec l'épiscopat et le presbytérat, l'un des trois ministères conférés par ordination sacramentelle. Il est difficile de lui assigner un texte de fondation dans l'Écriture. On ne voit pas que Luc ait interprété en ce sens l'institution des « sept...

  • ÉVÊQUE

    • Écrit par Hervé LEGRAND
    • 871 mots

    Le Nouveau Testament mentionne un ministère d'épiscope à quatre reprises (Philippiens, I, 1 ; Actes, xx, 28 ; I Timothée, iii, 2 ; Tite, i, 7). L'analyse du terme ne permet pas de lui attribuer à ce moment le contenu qu'il acquiert par la suite, dès l'an 120, avec Ignace d'Antioche par...

  • ECCLÉSIASTIQUE JURIDICTION

    • Écrit par Jean PASSICOS
    • 496 mots

    Expression désignant le pouvoir de gouverner selon sa fin propre la communauté chrétienne, pouvoir tel que, sans lui, les actes de régence seraient nuls. Selon une tradition canonique assez récente, on le distingue du pouvoir d'ordre, sur lequel repose l'ordination et qui est tourné vers les...

  • ECCLÉSIASTIQUES OFFICES & MINISTÈRES

    • Écrit par Jean PASSICOS
    • 511 mots

    Le terme « office » utilisé traditionnellement par le droit canonique désigne les principales fonctions, publiques et stables, exercées en vue des fins spirituelles de l'Église catholique. Aujourd'hui, on préfère parler de ministère (ministères de la parole, de la sanctification et du gouvernement...

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