PÉNITENCE SACREMENT DE

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L'un des sept sacrements, la pénitence célèbre la conversion et la réconciliation avec Dieu des fidèles qui, après le baptême, se reconnaissent pécheurs. Depuis ses origines, l'Église s'est sentie investie de cette mission, mais elle l'exerça selon des modalités diverses au cours des âges. On réserve d'abord la pénitence à ceux qui ont commis des fautes particulièrement scandaleuses (apostasie, meurtre, adultère), les péchés quotidiens étant remis par l'accomplissement de jeûnes ou par d'autres pratiques pénitentielles.

Lorsque s'organise la discipline du sacrement, au iiie siècle environ, elle comporte d'abord l'entrée en pénitence, qui est un acte public accompli dans l'assemblée, après l'aveu de la transgression fait à l'évêque, toujours en secret. Le pécheur entre ainsi dans l'« ordre des pénitents », où il demeure plus ou moins longtemps selon les circonstances : non seulement il est privé de la participation à l'eucharistie et aux autres sacrements, mais il doit mener une vie mortifiée, s'imposer des jeûnes et des aumônes et se soumettre à certains interdits concernant la vie conjugale et sociale, interdits qui persistent même après la réconciliation. Celle-ci se déroule en présence de la communauté, généralement le jeudi saint ; l'évêque rétablit alors le pécheur dans la communion de l'Église.

La sévérité de cette institution pousse les fidèles à attendre, pour y recourir, les derniers jours de leur vie, ce qui en diminue considérablement la portée. Aussi, au viie siècle environ, apparaît une forme nouvelle du sacrement, née dans les monastères celtes et anglo-saxons : le pécheur s'adresse en privé au prêtre, qui impose des pénitences correspondant à l'importance de la faute ; lorsque ces pénitences sont accomplies, le pénitent est absous. Tout ce processus est entièrement secret et peut se renouveler autant de fois que c'est nécessaire. Cette discipline évolue à son tour et, vers la fin du xiie siècle, la pratique qu'on connaît actuellement tend à se généraliser : l'accent est mis sur l'aveu, lequel est regardé comme suffisamment pénible pour constituer l'expiation et est immédiatement suivi par l'absolution ; on demande seulement au fidèle de s'acquitter d'une pénitence modique après la confession, la satisfaction.

L'évolution de la formation morale, souvent dans le sens de la méticulosité, sinon de l'afféterie, fera peu à peu du sacrement de pénitence une sorte de dévotion, auquel les chrétiens fervents recourront très souvent.

À travers la succession de ces formes diverses de la pénitence, l'Église a toujours tenu au caractère sacramentel de celle-ci, c'est-à-dire à la réalité d'une rencontre avec un prêtre, où des paroles humaines expriment le péché de l'homme et le pardon de Dieu.

Une nouvelle évolution se dessine actuellement : le caractère communautaire de la réconciliation, disparu avec la discipline antique, est remis en valeur dans les célébrations où les fidèles se préparent en commun au sacrement ; on prévoit même aujourd'hui, dans des cas très limités, la possibilité d'une absolution collective. En outre, le caractère dévotionnel de la pénitence tend à s'estomper, au profit d'une célébration moins fréquente, mais plus exigeante sur le contenu du dialogue avec le confesseur et soucieuse de s'exprimer en des gestes pénitentiels de privation et de partage, en vue de la réconciliation. Les prescriptions de la fin du Moyen Âge sur les confessionnaux et les grilles séparant le prêtre du pénitent ne sont plus tenues pour contraignantes, et le rite se déroule dans une prière qui est à la fois celle du confesseur et celle du pénitent, conformément au caractère « déprécatif » de l'antique formule d'absolution. Le caractère liturgique du sacrement est ainsi mieux marqué.

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Écrit par :

  • : docteur en théologie, enseignant à la faculté de théologie de Toulouse

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Pour citer l’article

Robert CABIÉ, « PÉNITENCE SACREMENT DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sacrement-de-penitence/