NAMIB

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Population et économie

De brefs voyages d'exploration furent entrepris le long de la côte du xve au xviie siècle. Walvis Bay (la « baie de la baleine ») servit de base aux navires baleiniers de la Nouvelle-Angleterre au début du xixe siècle. Des routes directes permettaient alors aux marchands et aux missionnaires de pénétrer dans les terres à partir de Lüderitz et de Walvis Bay. Le Namib resta largement méconnu jusqu'à la fin du xixe siècle. Quand le Sud-Ouest africain devint une colonie allemande au début des années 1890, les militaires commencèrent à explorer et à cartographier minutieusement le désert.

Quelques Bochimans vécurent dans le Namib jusqu'au début du xxe siècle, cueillant les plantes comestibles qu'ils trouvaient sur le littoral, chassant dans le Namib oriental et buvant le jus amer du melon tsama (Citrullus vulgaris) qui permet de vivre quelque temps sans eau. Un petit nombre de Herero continuent à vivre de manière traditionnelle, élevant des bovins et des chèvres qu'ils déplacent d'un point d'eau à l'autre dans la région désertique du Kaokoveld. Quelques Topnaar, appartenant à l'ethnie Nama (groupe des Hottentots, ou Khoi-Khoin), font également pâturer leurs moutons et leurs chèvres le long de la rivière Kuiseb. Une grande partie du Namib est désormais totalement vide et inexploitée, les indigènes étant partis vivre dans de nouvelles maisons en adoptant de nouveaux modes de vie. Quelques zones ont cependant encore une utilité.

Les steppes situées au cœur de la moitié sud du désert sont divisées en grandes exploitations privées, gérées par des Européens. Ces derniers font appel à une main-d'œuvre locale et se consacrent à l'élevage des moutons karakul. La toison bouclée des agneaux nouveau-nés sert à fabriquer la fourrure astrakan, appréciée en Europe.

Une grande partie du centre et du nord du Namib est désormais réservée à des activités touristiques ou protégées. Le Namib Desert Park dans le centre de la région est une zone désertique qui abrite des troupeaux d'antilopes, de zèbres et d'autruches. Le National West Coast Tourist Area (zone touristique nationale de la côte occidentale) est une bande de terre qui longe la côte nord-ouest du district de Swakopmund sur près de 210 kilomètres. Cette structure renferme la Cape Cross Seal Reserve, qui protège une zone où les phoques se reproduisent. Plus au nord se trouve le Skeleton Coast National Park, dont l'accès est limité afin de préserver le fragile écosystème du désert.

La Sperrgebiet (« zone interdite ») est une vaste zone qui longe la rivière Kuiseb et le fleuve Orange au niveau de la frontière sud-africaine et s'avance d'environ 130 kilomètres dans les terres. L'accès est strictement réservé en raison de la présence éventuelle de diamants. Grâce à des équipements imposants, cette pierre précieuse est extraite des couches d'alluvions proches de la côte, principalement vers l'embouchure du fleuve Orange.

Le littoral du Namib compte quatre villes. Swakopmund, capitale estivale de la Namibie et station balnéaire populaire, conserve encore l'ambiance de l'époque coloniale du Sud-Ouest africain. De la mi-décembre à la mi-février, un grand nombre des fonctions gouvernementales installées à Windhoek y sont transférées pour fuir la chaleur de l'intérieur des terres. La ville a fortement changé de visage depuis l'ouverture d'une immense mine d'uranium à environ 40 kilomètres dans les terres. Walvis Bay, juste au sud de Swakopmund, est une ancienne enclave côtière qui appartenait autrefois à l'Afrique du Sud mais qui a été restituée à la Namibie en 1994. Ce port moderne accueille une population très diverse, dont un grand nombre d'Africains. Ces derniers viennent en partie de familles Nama du centre méridional de la Namibie, mais la plupart sont des hommes Ovambo venus d'Angola et du nord de la Namibie pour travailler dans le port. Ce dernier abrite la flottille de pêche qui approvisionne les conserveries installées sur la côte ainsi que les bateaux usines qui conditionnent le produit de leur pêche en pleine mer. C'est aussi le premier port de transbordement de Namibie. La petite ville de Lüderitz, construite dans un port peu profond parsemé de rochers, commerce avec Walvis Bay et Le Cap, et abrite des usines de transformation de homards. La ville d'Oranjemund, où [...]

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Désert du Namib

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  • : professeur de géographie à l'université de Californie à Los Angeles

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Pour citer l’article

Richard F. LOGAN, « NAMIB », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/namib/