JUIF ERRANT MYTHE DU

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L'histoire de ce personnage légendaire contient, dès le début de sa diffusion, certains éléments constitutifs d'un mythe. Cependant, il lui manque, et ce jusqu'à l'époque romantique, cette « prégnance symbolique » dont parle Cassirer. À ses débuts, la légende n'est en effet qu'un canevas qui sollicite l'imagination populaire, d'où elle est sortie. En effet, dès son apparition, au xiiie siècle, le Juif errant (mentionné dans Flores historiarum de Roger de Wendover et dans Chronica maiora de Matthieu Paris) reçoit des attributs hétérogènes et pittoresques : il est décrit sous les traits d'un homme éternellement triste, converti et pieux qui, attendant en Arménie le retour du Christ, témoigne de la passion aux pèlerins en qualité d'ancien portier de Ponce Pilate. Cette version atténuée précède chronologiquement celle où un cordonnier juif est condamné à l'errance perpétuelle pour avoir refusé un instant de repos au Christ portant la croix. Il parcourt donc le monde, son corps se renouvelle à chaque siècle, pareil aux cinq sous qu'il peut dépenser à la fois et qu'il retrouve toujours. Cette variante obéit plus que l'autre aux critères formels d'un mythe, comme la redondance : l'élément « régénération » y est réitéré. Si le Juif errant survit au Juif en attente immobile, c'est qu'il est aussi un personnage dramatique et non seulement tragique : il incarne le « peuple déicide » et constitue un argument de l'antisémitisme théologique, avant de devenir le symbole du peuple en diaspora.

La légende du Juif errant, colportée à travers l'Europe, est imprimée pour la première fois en Allemagne, en 1602. Son nom est Ahasvérus. Les traductions en toutes les langues le répandent. Malgré sa popularité, Ahasvérus attend la consécration littéraire jusqu'à la fin du xviiie siècle, car il n'a rien d'un héros mythique : sa figure sert plutôt à authentifier des témoignages, chroniques et relations de voyage, fictifs ou réels. Il sert aussi de prétexte poétique p [...]


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KIERKEGAARD SØREN (1813-1855)

  • Écrit par 
  • Jean BRUN
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Dans le chapitre « Les trois « sphères de l'existence » »  : […] La sphère de l'esthétique est celle où demeure celui qui ne vit que dans l' instant et qui se plonge dans une aventure perpétuelle tout au long de laquelle il fuit à la fois lui-même et les autres. Trois personnages archétypiques offrent des exemples d'une telle fuite. Tout d'abord le Juif errant qui ne s'arrête nulle part et qui a le mal du pays sans avoir de pays ; chaque sol qu'il foule n'est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/soren-kierkegaard/#i_93803

Pour citer l’article

Véronique KLAUBER, « JUIF ERRANT MYTHE DU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mythe-du-juif-errant/