MONTAGNESFormation des chaînes de montagnes

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Les chaînes intracontinentales

Si dans les chaînes de collision la convergence continue après la mise en place des premiers grands chevauchements, les déformations qui se produisent dans la chaîne finissent par être totalement « continentales » puisque la croûte océanique a disparu. Ces déformations sont progressivement de moins en moins influencées par l'asymétrie mécanique introduite par la subduction initiale. Le style de la déformation va alors se modifier progressivement pour aboutir soit à des structures plus ou moins symétriques dessinant un éventail à l'échelle de l'écorce, soit à une déformation (dite « plane ») caractérisée par le fonctionnement de grands décrochements, soit à une combinaison des deux (fig. 6 et 7).

Fermeture de l'océan Néotéthys

Diaporama : Fermeture de l'océan Néotéthys

Les principaux stades de la fermeture de l'océan Néotéthys et de la collision Inde-Asie. En a, conséquence de l'ouverture rapide de l'océan Indien depuis 85 millions d'années, l'Inde migre vers le nord à raison de 10 cm/an. En même temps, le fond océanique de la Néotéthys subducte... 

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Chaînes à structure simples

Diaporama : Chaînes à structure simples

Exemples de chaînes intracontinentales à structures assez simples : les déformations se localisent préférentiellement dans les zones de faiblesse crustale préexistantes. Cette figure montre deux exemples de chaînes intracontinentales qui résultent de la contraction d'un bassin... 

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L'exemple de l'Himalaya-Tibet

Pour analyser ces déformations intracontinentales, nous reprendrons l'exemple de l'Himalaya-Tibet examiné ci-dessus. Nous avons vu que de grands chevauchements se forment dans la marge nord-indienne à la suite de la collision continentale. Le raccourcissement qui en résulte, estimé à moins de 1 000 kilomètres, ne suffit toutefois pas à absorber tout le déplacement de l'Inde vers le nord. Le reste du mouvement, au moins 1 000 kilomètres, est pris en compte par la pénétration de l'Inde dans l'Asie et par une intense déformation intracontinentale de celle-ci en arrière des chevauchements frontaux.

La pénétration de l'Inde dans le continent asiatique est attestée par la forme même de la marge nord-indienne (cf. carte dans chaîne himalayenne). Elle est confirmée par des études du paléomagnétisme des roches d'âges variés de l'Inde et du Tibet. Celles-ci montrent incontestablement que depuis — 40 millions d'années, l'Inde continue de migrer vers le nord par rapport au Sud-Tibet, supposé fixe.

Un vaste programme de recherches géologiques et géophysiques, mené au Tibet de 1980 à 1982 dans le cadre d'une coopération franco-chinoise, a permis de bien analyser l'évolution de cette déformation intracontinentale. Nous avons vu que lorsque la collision Inde-Tibet se produit (fig. 6c), la Néotéthys est totalement fermée ; seuls des lambeaux de croûte océanique (les ophiolites) en marquent la trace le long de la vallée du Tsang-po (suture I, fig. 6c). La croûte continentale est comprimée suivant une direction nord-sud, de part et d'autre de cette suture, mais là, le raccourcissement demeure modéré. Des plis et des failles inverses déforment les nappes ophiolitiques mises en place au moment de l'obduction. Ces déformations entraînent même des rétrodéversements vers le nord des nappes ophiolitiques, compliquant ainsi beaucoup leur étude. Ensuite, la déformation intracontinentale est assurée par un système de failles de décrochement qui, globalement, résultent d'une compression nord-sud avec extension concomitante est-ouest. Encore récemment, il n'existait que peu de travaux géologiques sur des régions difficiles d'accès comme le Tibet, le Xinjiang, ou la Mongolie ; de plus, ceux qui y avaient été réalisés par les chercheurs chinois étaient encore peu connus dans le monde occidental. L'examen détaillé des images satellites révèle l'existence en Asie de gigantesques failles récentes ou actives. Le mouvement de ces failles observées sur ces « photographies » ou déduites de l'étude des séismes, impliquent un raccourcissement récent nord-sud de la croûte continentale accompagné d'un allongement suivant une direction proche de est-ouest. C'est à partir de ces données qu'un modèle de déformation intracontinentale de l'Asie a été proposé par deux chercheurs, Peter Molnar et Paul Tapponnier, par analogie avec des expériences classiques de métallurgie. Celles-ci montrent qu'au front d'un poinçon rigide emboutissant un métal plastique existe une zone peu déformée au-delà de laquelle le métal flue dans un plan, le long de lignes de glissement. Ce fluage produit un allongement du matériau transversalement au déplacement du poinçon. Le continent indien, figé en quelque sorte depuis 600 millions d'années, est assimilé à ce poinçon rigide. L'Asie, plus facilement déformable parce que réchauffée par des intrusions de magmas et fracturée au cours de son histoire mésozoïque (200 derniers millions d'années), est assimilée au métal plastique. L'analogie des deux dispositifs a conduit P. Molnar et P. Tapponnier à admettre que l'enfoncement de l'Inde dans l'Asie a actuellement pour conséquence d'étirer la croûte continent [...]

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Néolithosphère et paléolithosphère

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Pour citer l’article

Jean AUBOUIN, Maurice MATTAUER, Jacques-Louis MERCIER, « MONTAGNES - Formation des chaînes de montagnes », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/montagnes-formation-des-chaines-de-montagnes/