MICROÉCONOMIEÉconomie du bien-être

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Justice et éthique

Etant donné qu'il existe une infinité d'optimums de Pareto qui ne peuvent – par définition – être comparés entre eux, une branche de l'économie du bien-être s'est penchée sur les critères d'ordre supérieur qui peuvent être utilisés pour les départager.

Le critère égalitariste

La doctrine éthique appelée utilitarisme – dont se réclament notamment Adam Smith, Jeremy Bentham, John Stuart Mill − retient le critère du bien-être collectif, et procède à des comparaisons interpersonnelles de bien-être (ou d'utilité). Une façon de faire, qui remonte au moins à Bentham, considère tous les hommes identiques du point de vue de l'utilité, le bien-être collectif étant conçu comme la somme des bien-être individuels. Cette somme est maximale lorsque la répartition des ressources est strictement égalitaire, du moins si on suppose que le bien-être individuel augmente de plus en plus lentement avec la quantité consommée, ce qui semble raisonnable. En effet, dans ce cas, tant que la répartition des ressources est inégalitaire le bonheur collectif peut être augmenté en prélevant un peu de ses ressources au plus riche pour les donner au plus pauvre. Et ce, ainsi de suite, jusqu'à ce que tout le monde soit sur le même plan. À cet argument en faveur de l'égalitarisme, on peut cependant en opposer un autre : la redistribution des revenus a un effet négatif sur les incitations − ceux sur lesquels les prélèvements sont faits mettront moins d'ardeur au travail, ce qui finalement peut avoir un effet négatif sur le bien-être collectif (la « taille du gâteau » à partager étant moindre que s'il n'y avait pas eu redistribution). À ce propos, on dit parfois qu'il y a dilemme entre équité et efficacité.

Les droits naturels

Certains penseurs contestent le fait que le critère du bien-être (ou du bonheur) de la collectivité soit le bon critère pour décider des mesures à mettre en œuvre. Ils pensent qu'il existe un critère supérieur, celui de certains droits, considérés comme naturels ou inaliénables − droit à la vie, droit de [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Écrit par :

  • : maître de conférences en sciences économiques au laboratoire CRIISEA, universIté de Picardie Jules Verne

Classification

Autres références

«  MICROÉCONOMIE  » est également traité dans :

MICROÉCONOMIE - Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Stéphane SAUSSIER
  •  • 653 mots

La théorie microéconomique étudie des unités économiques individuelles et leurs interactions. Elle s'intéresse ainsi, par exemple, aux consommateurs et aux producteurs mais aussi aux marchés sur lesquels ils se rencontrent. Elle propose une représentation simplifiée, comme toute théorie, du fonctionnement de la société. Pour réaliser cet objectif, elle repose sur un ensemble d'hypothèses portant s […] Lire la suite

MICROÉCONOMIE - Théorie microéconomique

  • Écrit par 
  • Edmond MALINVAUD
  •  • 6 000 mots
  •  • 1 média

La théorie microéconomique a pour objet l'étude des comportements économiques individuels et de leurs interactions dans les économies de marché, interactions analysées depuis Léon Walras dans le cadre de l'équilibre général. L'expression théorie microéconomique s'est imposée au milieu du xx […] Lire la suite

MICROÉCONOMIE - Théorie de l'équilibre général

  • Écrit par 
  • Antoine d' AUTUME
  •  • 1 682 mots

La théorie de l'équilibre général étudie l'allocation des ressources dans le cadre d'une économie de marché où règne la concurrence parfaite. Elle met en lumière la manière dont les marchés et les prix assurent la coordination des activités économiques. Se trouve ainsi formalisée l'idée avancée en 1776 par […] Lire la suite

MICROÉCONOMIE - Incitations et contrats

  • Écrit par 
  • Bernard SALANIÉ
  •  • 6 238 mots

De la fin du xixe siècle aux années 1960, la théorie économique a principalement cherché à comprendre la manière dont les prix se forment sur le marché et conditionnent les comportements des consommateurs et des producteurs. Ce long travail a abouti au « modèle d'équilibre gén […] Lire la suite

ACHAT POUVOIR D'

  • Écrit par 
  • Stéfan LOLLIVIER
  •  • 5 610 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La théorie microéconomique prise en défaut »  : […] Dans les manuels de microéconomie, la théorie du consommateur fournit une définition de la notion d'indice du coût de la vie. Elle considère un consommateur à deux dates consécutives. Celui-ci choisit son panier de biens selon ses préférences, en fonction des prix et du revenu dont il dispose. À la première date, avec le système de prix en vigueur, et compte tenu de son revenu, il choisit un pani […] Lire la suite

CHÔMAGE - Politiques de l'emploi

  • Écrit par 
  • Christine ERHEL
  •  • 7 266 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Aspects méthodologiques »  : […] L'enjeu central de l'évaluation des politiques de l'emploi est d'identifier et de quantifier l'impact des mesures sur des variables représentant leurs objectifs (emploi, chômage, fonctionnement du marché du travail). Pour les économistes, l'évaluation peut se faire à deux niveaux : au niveau des bénéficiaires des mesures (études microéconomiques), et au niveau de l'ensemble de l'économie (études m […] Lire la suite

COASE RONALD HARRY (1910-2013)

  • Écrit par 
  • Françoise PICHON-MAMÈRE
  •  • 1 306 mots

Dans le chapitre « La nature de la firme »  : […] Né le 29 décembre 1910 à Middlesex (Grande-Bretagne), Ronald Coase est diplômé de la London School of Economics où il enseigne de 1932 à 1951 en même temps qu'il rédige ses premiers articles, souvent à la frontière du droit et de l'économie. Dans les années 1930, il traverse une première fois l'Atlantique pour interroger les dirigeants de grandes entreprises (Ford, General Motors, Union Carbide) e […] Lire la suite

DROIT - Économie du droit

  • Écrit par 
  • Bruno DEFFAINS
  •  • 3 736 mots
  •  • 2 médias

L' analyse économique du droit constitue un mouvement de l'économie vers le droit puisqu'elle se propose d'utiliser les outils de l'analyse économique afin d'étudier des questions relevant de la sphère juridique. Plus précisément, elle peut se définir comme l'application des hypothèses théoriques (rationalité, maximisation de l'utilité, mécanismes incitatifs, etc.) et des critères de jugement (équ […] Lire la suite

ÉCONOMÉTRIE

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre FLORENS
  •  • 7 369 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le domaine de l'économétrie »  : […] L'économétrie construit des modèles, c'est-à-dire des schématisations de phénomènes économiques, à l'aide de relations mathématiques. Ces phénomènes peuvent être microéconomiques et concerner des éléments du comportement des agents économiques : on étudie par exemple l'offre de travail des femmes, l'épargne des ménages ou la structure des coûts de production d'une catégorie d'entreprises. Ils pe […] Lire la suite

ÉCONOMIE (Définition et nature) - Objets et méthodes

  • Écrit par 
  • Henri GUITTON
  •  • 6 469 mots

Dans le chapitre « Analyse micro-économique et analyse macro-économique »  : […] Il faudrait ici faire appel à la distinction entre analyse micro-économique et analyse macro-économique. La science économique est-elle fondamentalement de type microscopique ou de type macroscopique ? C'est une question qui met en jeu une idée déjà connue des Grecs : pour connaître l'univers, faut-il aller de la partie vers le tout ou, inversement, du tout vers la partie ? En politique économiq […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Emmanuelle BÉNICOURT, « MICROÉCONOMIE - Économie du bien-être », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/microeconomie-economie-du-bien-etre/