MERCURE, toxicologie

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Certaines industries modernes mais aussi des processus biologiques aboutissent à une concentration dangereuse des composés mercuriels dans l'organisme humain. Le mercure est largement utilisé dans l'industrie, les produits chimiques, les peintures, divers objets, des pesticides et des fongicides, etc. Indépendamment du fait que de nombreux biens de consommation renferment des quantités dangereuses de mercure, l'air peut être contaminé par des vapeurs mercurielles, des fumées et poussières. Certains effluents contenant du mercure sous diverses formes pourront aussi contaminer les eaux. Dans ce dernier cas, les bactéries peuvent produire, dans les boues, des dérivés organomercuriels que concentrent ensuite les poissons ou autres organismes aquatiques consommés par l'homme.

Selon le composé mercuriel et le mode de contact, les symptômes d'intoxication chez l'homme sont variés. L'intoxication aiguë correspond à l'ingestion, accidentelle ou intentionnelle, de sels mercuriels solubles. Il en résulte une sévère inflammation du tube digestif. Des crampes abdominales avec nausées et vomissements, une diarrhée sanglante se produisent en quelques heures. Le mercure absorbé est concentré dans les reins où il empoisonne les systèmes de filtration, déterminant oligurie puis anurie, d'où, faute d'excrétion urinaire, concentration de l'urée dans le sang (urémie) avec risque mortel. Les chélateurs (BAL) peuvent traiter ces accidents, comme dans le cas de l'arsenic.

L'empoisonnement chronique, en principe lié à l'exercice de certaines professions, se caractérise par les symptômes suivants : saveur métallique dans la bouche, salivation exagérée, rougeur des muqueuses buccales, chute des dents, cerne gingival bleuâtre, douleur, faiblesse et tremblement des extrémités, perte d'appétit, changement du caractère et de la personnalité, dépression et sinistrose.

Certains composés mercuriels sont utilisés comme diurétiques. Ils peuvent, sur des personnes sensibilisées à leur endroit, déclencher asthme, éruptions ou lésions cutanées, mort subite. L'utilisation d'onguents renfermant du mercure ou l'usage chronique de calomel (chlorure mercurique) peuvent produire fièvre, éruptions, splénomégalie et nodules lymphatiques.

Chez les enfants, une affection appelée acrodynie est attribuée au propionate de phénylmercure, présent dans les peintures afin d'empêcher le développement de moisissures. L'acrodynie se caractérise par l'irritabilité, l'insomnie, la perte d'appétit, la chute des dents, l'inflammation des muqueuses buccales, l'érythème. L'empoisonnement par composés organomercuriels produit des lésions au niveau du système nerveux central. Ce type d'intoxication a reçu le nom de maladie de Minamata, du nom du port japonais où les rejets d'une usine causèrent une catastrophe sanitaire dans les années 1950, provoquant chez les victimes affaiblissement musculaire, perte de la vision, dégradation des fonctions cérébrales, paralysie et même coma et mort. Ailleurs, la toxicité provenait de graines traitées avec des composés organomercuriels, afin d'en assurer la conservation, mettant ainsi en danger les fermiers et leur entourage au moment des semailles.

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Pour citer l’article

« MERCURE, toxicologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mercure-toxicologie/