REGER MAX (1873-1916)

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Compositeur allemand né à Brand (Bavière), élève de Hugo Riemann en 1890, Reger enseigne la composition au Conservatoire de Wiesbaden en 1893 tout en approfondissant sa connaissance de l'orgue, son instrument de prédilection. En 1901, il s'installe à Munich et voit sa réputation s'établir grâce au soutien de son ami Karl Straube, cantor à Saint-Thomas de Leipzig. Nommé en 1907 à Leipzig directeur de la musique à l'université (il ne conservera ce poste qu'un an) et professeur au Conservatoire, il dirige à partir de 1911 (tout en continuant d'enseigner à Leipzig) la chapelle ducale de Meiningen, à la tête de laquelle se sont trouvés jadis Hans von Bülow et Richard Strauss. En 1914, il se retire à Iéna et meurt subitement deux ans plus tard à Leipzig d'une crise cardiaque au cours d'une tournée. Auteur d'une production énorme (147 numéros d'opus totalisant un millier de pièces), ses maîtres à penser furent Bach et Brahms, ainsi que Beethoven, et ses domaines d'élection (il n'aborda l'orchestre que sur le tard et ignora totalement le théâtre) la musique de chambre, le lied, l'orgue et le piano. À Richard Strauss, qui, après avoir entendu ses Quatre Poèmes symphoniques d'après A. Böcklin op. 128 (Vier Tondichtungen nach A. Böcklin, 1913), lui disait : « Encore un pas, Reger, et vous serez des nôtres », il répondit : « Ce pas, justement, je me refuse à le franchir. » Il poussa le contrepoint jusqu'à ses plus extrêmes limites, mais c'est à tort qu'on se l'imagine lourd et rébarbatif. Hypersensible, affectionnant les nuances harmoniques infimes et attirant l'attention sur cet aspect de Bach, il pressentit le total chromatique au point d'écrire des séries de onze sons tout en cultivant les formes baroques de la fugue et de la variation. On lui doit notamment : pour orchestre, une Sinfonietta en la majeur op. 90 (1904-1905), et deux de ses œuvres les plus connues, Variations et fugue sur un thème de J. A. Hiller op. 100 (1908) et Variations et fugue sur un thème de Mozart op. 132 (1914), le thème étant dans ce dernier cas celui des variations de la Sonate K 331 ; un Concerto pour piano op. 114 (1910) ; en musique de chambre, deux quintettes avec piano, deux quatuors (1910 et 1914) et deux trios avec piano, neuf sonates pour violon et piano, quatre pour violoncelle et piano dont celle en la mineur op. 116 (1910) et trois pour clarinette et piano, cinq quatuors à cordes et diverses partitions pour violon seul, alto seul et violoncelle seul ; de très nombreuses œuvres pour piano, dont De mon journal (Aus meinem Tagebuch), trente-cinq pièces op. 82, Variations et fugue sur un thème de Bach op. 81 (1904) et Variations et fugue sur un thème de Telemann op. 134 (1914) ; pour piano à quatre mains, Variations et fugue sur un thème de Beethoven op. 86 (1904) ; pour orgue, des fantaisies et fugues, dont celle sur le nom de Bach op. 46 (1900), des préludes et chorals, en tout une trentaine de numéros d'opus ; enfin 229 Lieder et de la musique vocale avec ou sans orchestre. Sa dernière partition achevée fut un très beau Quintette pour clarinette et quatuor à cordes en la majeur (op. 146, 1915). Violemment attaqué par Mahler et par Stravinski, il était tenu en haute estime par Alban Berg.

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Pour citer l’article

Marc VIGNAL, « REGER MAX - (1873-1916) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/max-reger/