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GRÜNEWALD MATTHIAS (1475 env.-1528)

L'art de Grünewald

L'art de Grünewald se distingue nettement de celui de ses contemporains, Holbein, Dürer, Cranach l'Ancien, Baldung. Il traite uniquement des thèmes sacrés. Pour la représentation de ces thèmes, son art s'inscrit dans la tradition chrétienne du Moyen Âge à laquelle se rattachaient aussi ceux qui lui faisaient des commandes. La mystique allemande des xive et xve siècles, la peinture et la sculpture de la fin du gothique furent pour lui le point de départ thématique et formel. Mais il y a dans son œuvre une progression de l'expression qui n'a pas d'équivalent dans la peinture de son temps. La couleur y joue un rôle prépondérant. Les valeurs véhémentes, souvent changeantes, ont un caractère symbolique et aussi expressionniste.

Cependant, la terrible représentation de la Passion est toujours liée à celle de la Rédemption. La relation intime et profonde de la Mère et de l'Enfant dans le retable d'Issenheim et dans la Madone de Stuppach, de même que les inscriptions symboliques, tout rappelle la rédemption totale de l'homme par le Christ fait homme. À la tentation de l'homme par le diable et les êtres démoniaques, telle qu'elle est dépeinte dans le Saint Antoine du retable d'Issenheim, s'oppose la résurrection du Christ et donc la rédemption. Par ses implications symboliques, allégoriques et mystiques, par les moyens d'expression exceptionnels qu'elle met en jeu, l'œuvre de Grünewald renouvelle de façon magistrale le sentiment religieux du Moyen Âge, mais elle en marque en même temps le terme.

— Thomas Wolfgang GAEHTGENS

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Pour citer cet article

Thomas Wolfgang GAEHTGENS. GRÜNEWALD MATTHIAS (1475 env.-1528) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

<it>Femme aux mains jointes</it>, M. Grünewald - crédits :  Bridgeman Images

Femme aux mains jointes, M. Grünewald

<it>Noli Me Tangere</it>, M. Schongauer et son atelier - crédits :  Bridgeman Images

Noli Me Tangere, M. Schongauer et son atelier

La Crucifixion, Grünewald - crédits : O. Zimmermann, Musée d'Unterlinden, Colmar

La Crucifixion, Grünewald

Autres références

  • MATTHIAS GRÜNEWALD (expositions)

    • Écrit par Christian HECK
    • 1 110 mots

    Dans la floraison de génies qui marque, en ce premier tiers du xvie siècle, la peinture de la Renaissance dans le monde germanique, Matthias Grünewald (1475 env.-1528) occupe une place à part. Bien que faisant partie des tout grands, aux côtés de Dürer, Baldung Grien, Holbein, Cranach, Altdorfer,...

  • JÉSUS ou JÉSUS-CHRIST

    • Écrit par Joseph DORÉ, Pierre GEOLTRAIN, Jean-Claude MARCADÉ
    • 21 165 mots
    • 26 médias
    ...les coups de ses bourreaux. Il en ainsi du Couronnement d'épines du Maître de la Passion de Karlsruhe ou de la Crucifixion de Hans Schäufelein. La scène de la crucifixion est rendue avec une violence extrême dans le Retable d'Issenheim de Matthias Grünewald (vers 1510). Les mains et les...
  • TITUS-CARMEL GÉRARD (1942- )

    • Écrit par Dominique VIART
    • 981 mots

    Très tôt remarqué comme dessinateur, notamment par Aragon, Alain Robbe-Grillet, Jacques Derrida ou Pascal Quignard, Gérard Titus-Carmel (né en 1942 à Paris) a engagé depuis 1970 une œuvre picturale en de longues « séries » attachées à travailler successivement les mêmes motifs. Dans la lignée d'un...

Voir aussi