FONTANA LUCIO (1899-1968)

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Les manifestes spatialistes

Fontana rentre à Buenos Aires en 1940 et se met à enseigner la sculpture, plus précisément le modelé, à l'école des Beaux-Arts avant de mettre sur pied, avec ses collègues Jorge Romero Brest et Jorge Larco, une école privée, l'Académie d'Altamira. C'est là qu'en 1946 il élabore, en compagnie de quelques jeunes artistes et intellectuels, le Manifiesto Blanco (le Manifeste blanc), qui sera le point de départ d'une nouvelle phase de travail dès son retour en Italie. Y sont d'ores et déjà énoncées les règles d'un art à naître, articulées autour des concepts de temps et d'espace. Il s'agit, annonce-t-il, de tourner le dos à « l'usage des formes connues de l'art » pour privilégier, au contraire, « le développement d'un art fondé sur l'unité du temps et de l'espace ».

En 1947, Lucio Fontana revient donc à Milan et y reprend son projet pour en faire un « manifeste technique » qui, sous le titre de Nous continuons l'évolution des moyens dans l'art, sera publié en 1951. Un petit groupe se réunit bientôt autour de ses idées et propositions. Deux autres manifestes concourent à définir le mouvement. Le premier, Spatialistes I (1947), est rédigé par le peintre Beniamino Joppolo. Il est prolongé, l'année suivante, par Spatialistes II, du critique Antonino Tullier.

Une invention vieille déjà d'une trentaine d'années va permettre à Fontana d'explorer ce qui va devenir bientôt sa voie royale. Un physicien américain du nom de Robert Williams Wood découvre au tout début des années 1920 une lumière noire à ultraviolets qui produit d'étranges fluorescences. Cette lumière noire ou lumière de Wood est celle-là même que Fontana, avec l'aide de l'architecte Luciano Baldessari, utilise pour concevoir une installation plongée dans l'obscurité tout en étant traversée de colorations abstraites, qui semblent suspendues au-dessus du sol. Cette première œuvre spatialiste voit le jour en 1949 sous le titre d'Ambiente spaziale, qu'on pourrait traduire par milieu ou environnement spatial. [...]

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  • Alain JOUFFROY
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Pour citer l’article

Hervé GAUVILLE, « FONTANA LUCIO - (1899-1968) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lucio-fontana/