KOUNELLIS JANNIS (1936-2017)

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Créateur pictural plutôt que peintre, Jannis Kounellis utilise les moyens artistiques pour dire quelque chose qui le transgresse et nie en tout cas le caractère gratuit, superficiel, non historique et non idéologique de l'art : chacune de ses œuvres tente de mettre au jour une problématique de sens.

Jannis Kounellis

Jannis Kounellis

Photographie

Caractéristique de l'Arte povera, le recours à des matériaux bruts va de pair, chez Jannis Kounellis, avec une réflexion sur l'art et sur l'histoire. 

Crédits : Anna Weise/ AKG-images

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Grec d'origine, il est né le 23 mars 1936 au Pirée, et s'étant installé en 1956 à Rome, il y a d'abord subi – à cause de leur radicalisme formel – la fascination d'Alberto Burri (tableaux en toiles à sac) et de Lucio Fontana (tableaux monochromes fendus au rasoir). Dans ses premières œuvres, il peint de grandes lettres noires et des symboles, et cela avec succès jusqu'en 1963. Aussitôt que lui fut reconnu un « style » personnel, et pour ne pas tomber dans le piège trop commun de la production en série d'œuvres identiques, Kounellis change de moyens techniques. Il est un des premiers artistes, en même temps que ses amis de l'Arte povera – avec lesquels il participera, à Gênes, à l’exposition fondatrice de 1967 –, à mettre en scène des matériaux bruts comme la tôle, le charbon, la laine, les pierres, les sacs de café, les vieux morceaux de bois, les cheveux, mais aussi un perroquet ou des chevaux vivants qu'il exhibe en 1969, transformant – et pas seulement par un jeu de mots sarcastique – la galerie l'Attico, à Rome, en écurie. Mais il ne s'est pas arrêté à ce jeu facile, et qui n'a eu que trop d'adeptes, de la récupération « artistique » des matériaux bruts. Jannis Kounellis est, en effet, un théoricien et un écrivain autant qu'un artiste. Chez lui, les intentions culturelles prédéterminent les formes de ses œuvres, comme si sa plus grande inquiétude était de voir ces dernières se dissoudre, se confondre, avec un simple nihilisme.

Sa volonté, systématique, acharnée, est d'enraciner la modernité dans le passé européen, de la Grèce antique à Bernin, au David du Marat et des Sabines, au Delacroix de [...]


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ARTE POVERA

  • Écrit par 
  • Maïten BOUISSET
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Dans le chapitre « Rome et Turin : de nouvelles pratiques artistiques  »  : […] C'est à Turin et à Rome que vont se concrétiser, pour l'essentiel, les conditions esthétiques de l'émergence de l'Arte povera. À Turin, ville la plus industrialisée de toute l'Italie, la galerie Sperone réunit en l966, sous le titre Arte abitabile , les artistes Giovanni Anselmo (né en 1934), Alighiero e Boetti (1940-1994) et Michelangelo Pistoletto ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arte-povera/#i_96532

Pour citer l’article

Alain JOUFFROY, « KOUNELLIS JANNIS - (1936-2017) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jannis-kounellis/