SCHWARTZ LAURENT (1915-2002)

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Né à Paris le 5 mars 1915 et décédé le 4 juillet 2002, le mathématicien Laurent Moïse Schwartz a été une des personnalités scientifiques françaises marquantes du xxe siècle. Chercheur au rayonnement international indiscuté (lauréat de la médaille Fields en 1950), pédagogue exceptionnel, il fut aussi, aux yeux du public, un intellectuel engagé.

Issu d'une famille aisée et cultivée, Schwartz était le petit-neveu du mathématicien Jacques Hadamard (1865-1963) qui contribua sans doute par de nombreuses discussions à développer en lui le goût de la recherche en mathématiques. Fils aîné d'un chirurgien, affaibli physiquement par une poliomyélite contractée en 1926, il fait des études brillantes au lycée Janson-de-Sailly puis à l'École normale supérieure où il est admis en 1934. Il profite des leçons de probabilité et d'analyse de Paul Lévy (1886-1971), dont il fréquente assidûment les séminaires mais aussi la maison ; il deviendra son gendre en 1938.

Pendant ses années d'étudiant, Laurent Schwartz se passionne pour la lutte politique. Il adhère dès 1936 au Parti ouvrier internationaliste (une formation trotskiste adhérant à la IVe internationale) et sera candidat aux élections législatives de 1945 et 1946 à Grenoble et Nancy sous cette étiquette. Mais, « réformateur que toute structure défectueuse et sclérosée tracasse », selon le jugement qu'il porte sur lui-même, il rompt avec le trotskisme en 1947. Son engagement politique n'en restera pas moins visible et de nombreuses causes bénéficieront de son appui militant. Signataire en 1960 du Manifeste des 121 en faveur du droit à l'insoumission des appelés français pendant la guerre d'Algérie, il est écarté de l'enseignement à l'École polytechnique ; comme de nombreux intellectuels anticolonialistes, Schwartz est menacé par les attentats au plastic perpétrés par l'O.A.S. ; son fils est même kidnappé en février 1962. Il s'engage ensuite passionnément contre la guerre du Vietnam. Toujours présent dans les dénonciations des violations des droits de l'ho [...]

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  • : directeur de recherche au CNRS, centre de physique théorique de l'École polytechnique, Palaiseau

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Pour citer l’article

Bernard PIRE, « SCHWARTZ LAURENT - (1915-2002) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/laurent-schwartz/