LA JOCONDE (PORTRAIT DE MONA LISA), Léonard de Vinci

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Mona Lisa ou La Joconde, L. de Vinci

Mona Lisa ou La Joconde, L. de Vinci
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Salle de La Joconde au musée du Louvre

Salle de La Joconde au musée du Louvre
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La Mona Lisa de Léonard de Vinci est un des tableaux les plus célèbres du monde. Ce portrait représenterait Lisa del Giocondo (née Gherardini), épouse du marchand florentin Francesco di Bartolomeo del Giocondo : Mona Lisa est ainsi surnommée La Gioconda ou, en français, La Joconde. Le peintre, dessinateur, sculpteur, architecte et ingénieur italien réalise cette peinture à l'huile sur panneau de bois de peuplier entre 1503 et 1506, lorsqu'il séjourne à Florence et l'emporte avec lui lorsque François Ier l'invite à Amboise en 1517. Acquis par le roi après la mort de Léonard de Vinci, le tableau est d'abord installé au château de Fontainebleau. Par la suite, il sera présent dans les différents sites royaux (palais du Louvre, château des Tuileries, château de Versailles), jusqu'à ce que Napoléon Ier en fasse don au musée du Louvre en 1805. Comme en témoigne Vasari dans ses Vies des peintres, sculpteurs et architectes les plus célèbres, Mona Lisa a bénéficié dès la Renaissance d'un statut d'exception qui n'a fait que croître au fil du temps, jusqu'à se transformer en aura mythique. On le voit, par exemple, avec l'émotion considérable que souleva le vol du tableau en 1911, ou encore avec son exposition exceptionnelle, à l'initiative d'André Malraux, aux États-Unis (1963) et au Japon (1974). L'œuvre a également fait l'objet d'un nombre d'interprétation considérable.

Mona Lisa ou La Joconde, L. de Vinci

Mona Lisa ou La Joconde, L. de Vinci

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Léonard de Vinci, Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo, dite Mona Lisa, la Gioconda ou La Joconde, vers 1503-1506. Huile sur bois, 77 cm × 53 cm. Musée du Louvre, Paris. L’expression du visage est différente suivant qu’on... 

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Salle de La Joconde au musée du Louvre

Salle de La Joconde au musée du Louvre

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Les admirateurs de Mona Lisa, dit La Joconde, de Léonard de Vinci, au musée du Louvre, à Paris. 

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L'influence de « Mona Lisa »

Ce portrait en plan demi-rapproché se détache du paysage lointain qui figure en arrière-plan. Les courbes sensuelles que dessinent les cheveux (recouverts d'un voile noir transparent) et les vêtements de Mona Lisa, réalisées par la technique du sfumato qui atténue les contours dans une vapeur légère, se retrouvent dans les lignes que dessinent les vallées et la rivière peintes en toile de fond. L'impression d'harmonie générale qui se dégage du tableau – et qui transparaît en particulier dans le léger sourire du sujet – traduit l'idée, chère au peintre, selon laquelle il existe un lien entre l'humanité et la nature.

Dès la Renaissance, Mona Lisa exerça une influence considérable et modifia profondément la technique du portrait. Léonard de Vinci avait procédé à de nombreuses esquisses pour ce tableau. Les artistes de son temps suivirent son exemple, multipliant et diversifiant les dessins préalables, que les connaisseurs se mirent à collectionner. C'est aussi à travers ses ébauches que les Florentins découvrirent les œuvres que Léonard de Vinci avait réalisées à Milan. Le jeune Raphaël fit ainsi des croquis de l'œuvre de Léonard de Vinci en cours de réalisation et adopta le format de Mona Lisa dans ses portraits, comme en témoigne celui de Maddalena Doni (1506 env.).

Léonard de Vinci influença également la manière selon laquelle les artistes revêtaient leurs sujets. Dans son Traité de la peinture, publié bien après sa mort, il professe que l'art devrait éviter la mode : il conseille ainsi de ne pas représenter de vêtements d'époque et de leur préférer des tenues qui conjuguent beauté et dignité. Mona Lisa illustre parfaitement ce point : elle ne porte pas les vêtements ajustés alors en vogue, mais une robe ample, qui présente de larges plis à l'encolure.

Les références à « Mona Lisa » dans les arts

Il existe une douzaine de répliques du portrait de Mona Lisa, dont un grand nombre furent réalisées par les élèves du maître.

Au fil des siècles, de nombreux artistes font référence à cette œuvre dotée d'une forte charge symbolique. Au xxe siècle, dans son ready-made intitulé L.H.O.O.Q. (1919), Marcel Duchamp s'attaque à son statut d'icône en affublant une reproduction d'une moustache et d'une barbiche. Cette défiguration irrévérencieuse de l'un des tableaux les plus célèbres entre alors dans la logique iconoclaste de Dada. Lorsque Andy Warhol crée la sérigraphie à l'acrylique sur toile Mona Lisa (1963), son projet est différent : il s'agit plutôt de souligner la banalisation de l'image à l'époque de la reproduction industrielle de l'œuvre d'art.

Les références à Mona Lisa dépassent largement le domaine des arts visuels et se retrouvent notamment dans la musique. Dès 1915, le compositeur allemand Max von Schillings évoque la personnalité de la Joconde dans son opéra Mona Lisa. Le portrait de Léonard de Vinci inspire également au parolier américain Ray Evans et au compositeur Jay Livingston la chanson Mona Lisa, enregistrée par le pianiste et chanteur de jazz Nat « King » Cole en 1950, puis par sa fille Natalie Cole et de nombreux autres artistes. Patachou, Barbara (paroles et musique de Paul Braffort) ou Serge Gainsbourg ont également chanté la Joconde.

Le cinéma évoque lui aussi le tableau légendaire, notamment dans Mona Lisa (1986) de Neil Jordan et Mona Lisa Smile (2003, Le Sourire de Mona Lisa) de Mike Newell. En littérature, cette figure féminine apparaît, par exemple, dans le roman cyberpunk Mona Lisa Overdrive (1988, Mona Lisa s'éclate) de William Gibson et dans Mona Lisa Smiled a Little (1999) de la Canadienne Rachel Wyatt. À travers Valfierno (2004), l'Argentin Martín Caparrós fait parler le cerveau qui organisa le vol de Mona Lisa au Louvre en 1911.

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Pour citer l’article

« LA JOCONDE (PORTRAIT DE MONA LISA), Léonard de Vinci », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-joconde-portrait-de-mona-lisa/