JUPITER, religion romaine

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Le nom de « Jupiter » signifie littéralement : « maître du jour lumineux ». Cette étymologie assurée ne doit pas inciter à en faire pour autant un dieu purement naturaliste. Jupiter est, certes, le maître de la foudre et de l'orage, comme l'attestent les épithètes archaïques de Lucetius, « l'éclatant » (par référence à l'éclair), et de Elicius, « qui attire » (la pluie), mais il est avant tout, selon la définition de Varron, le dieu des summa, de ce qu'il y a de plus haut. Il occupe le sommet du Capitole et les ides lui sont consacrées au terme de la quinzaine croissante de la lune, sommet du mois. En ce sens, il est à Rome le garant de la souveraineté.

À l'époque archaïque, associé à Mars et à Quirinus dans une triade qui exprime les trois aspects essentiels de la société, il entretient des rapports directs avec le roi. Son flamine est particulièrement chargé de s'acquitter des offices religieux de la royauté. Jupiter est de ce point de vue le maître des auspices, instrument religieux du pouvoir, et le garant des contrats. Il se pourrait qu'il ait été plus particulièrement le représentant des aspects magiques de la souveraineté : il est capable de renverser miraculeusement le cours d'une bataille (Jupiter Stator, « celui qui arrête la fuite des Romains ») et le vin lui est consacré en raison de ses vertus enivrantes. L'aspect juridique était peut-être confié à Dius Fidius, dont le nom évoque à la fois le jour lumineux et la fides, la force des engagements. Mais ce dédoublement n'a pas survécu et Jupiter est à Rome le maître des serments.

Vers la fin du vie siècle avant notre ère, au temps de l'expulsion des Étrusques, il fut associé à Junon et Minerve au sein de la triade capitoline qui devait rester l'expression théologique essentielle de la cité romaine. Dans cette triade qui correspond à une nouvelle conception de la société (d'où la fonction royale a été éliminée au profit d'une aristocratie militaire), les deux déesses ne jouent qu'un rôle a [...]

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Pour citer l’article

Jean-Paul BRISSON, « JUPITER, religion romaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jupiter-religion-romaine/