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DALTON JOHN (1766-1844)

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La théorie atomique a présidé dans une large mesure au développement de la chimie tout au long du xixe siècle. Elle fut appliquée pour la première fois de façon précise aux phénomènes chimiques par l'Anglais John Dalton. Ses prédécesseurs avaient accepté implicitement l'atomisticité de la matière, mais Dalton eut l'idée originale de considérer que chaque élément chimique était constitué d'atomes différents en masse des atomes des autres éléments ; une combinaison chimique s'expliquait alors par l'union de ces atomes en proportions fixes ; les masses atomiques relatives devenaient calculables à partir de faits expérimentaux. C'est surtout dans le domaine de la chimie organique que la théorie atomique se révéla d'une portée inestimable, comme le montrèrent les travaux de Liebig, Kekulé, Van't Hoff et Le Bel, qui introduisirent le concept de valence, pouvoir de combinaison de chaque atome. Ils expliquèrent les propriétés des composés en les reliant à la distribution spatiale des atomes. Les déterminations précises des masses atomiques, par Berzelius et Stas notamment, rendirent possible le classement des éléments dans le tableau périodique de Mendeleïev (1869).

Les origines de la théorie de Dalton

Dans la tradition de Gassendi, Boyle et Newton, les chimistes du xviiie siècle tenaient pour acquise l'atomisticité de la matière. Ils pensaient que les atomes étaient tous identiques en nature, mais qu'ils pouvaient différer dans leur forme. Les substances composées résultaient d'arrangements différents des atomes. Ils attendaient d'un second Newton la découverte des lois régissant les forces interatomiques qui transformeraient ainsi la chimie de science expérimentale en science déductive. Lavoisier, dans son Traité élémentaire de chimie (1789), mit en garde les chimistes contre des spéculations sur les atomes conduisant à des discussions d'ordre métaphysique, et il les pressa d'accepter comme unités fondamentales, ou éléments, toutes les substances qui ne pouvaient être analysées plus avant. L'usage de la balance devait lui fournir les preuves dont il avait besoin pour anéantir la théorie du phlogistique ; mais, comme ses contemporains Laplace et Berthollet, il espérait voir se développer une chimie quantitative des forces.

Dalton étudia les mathématiques avec le savant aveugle John Gough qui, en 1793, le recommanda pour le poste de professeur de mathématiques et de physique au New College de Manchester. En 1794, il fut élu membre de la société de littérature et de philosophie de cette même ville ; c'est dans les locaux de cette société qu'il effectua toutes ses recherches après sa démission de son poste d'enseignant en 1799. Son premier livre, Meteorological Observations and Essays, publié en mars 1793, n'a pas une grande importance intrinsèque, mais il montre l'originalité de l'esprit de son auteur pour qui la météorologie devait peut-être rester le principal sujet d'intérêt. En 1794, Dalton découvre qu'il est aveugle aux couleurs ; c'est l'occasion pour lui d'une publication. Le phénomène, appelé depuis « daltonisme », est lié à la non-perception ou à la confusion de certaines couleurs. Les années suivantes, il commence à s'intéresser à la chimie ; la théorie atomique est le résultat de sa tentative de concilier la chimie et la météorologie. Il était généralement admis que l'air atmosphérique était un composé assez lâche d' oxygène et d'azote. Dalton rétorquait que l'existence de combinaisons chimiques n'était absolument pas évidente ; pour expliquer pourquoi l'oxygène, plus dense que l'azote, lui est néanmoins mêlé de façon uniforme, il émit l'hypothèse qu'une particule de n'importe quel gaz repousse les particules identiques, mais est indifférente aux autres.[...]

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Écrit par

  • : senior lecturerhistory of science, University of Durham, États-Unis, P.H.D., editor, British Journal for History of Sciences

Classification

Pour citer cet article

David Marcus KNIGHT. DALTON JOHN (1766-1844) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • BASES DE LA THÉORIE ATOMIQUE

    • Écrit par
    • 199 mots
    • 1 média

    Le physicien et chimiste anglais John Dalton (1766-1844) expose en 1808 l'hypothèse atomique dans son ouvrage A New System of Chemical Philosophy. Il y écrit que « du rapport des poids dans la masse du composé, on peut déduire les poids relatifs des particules ultimes, ou atomes, des corps,...

  • ATOMIQUE THÉORIE

    • Écrit par
    • 1 434 mots

    La théorie atomique, formulée par l'Anglais John Dalton (1766-1844) au tout début du xixe siècle, consiste en une série de conjectures qui s'avérèrent justes et pénétrantes. Mais il fallut parfois des décennies pour les étayer par des faits expérimentaux indiscutables.

  • BERZELIUS JÖNS JACOB (1779-1848)

    • Écrit par
    • 2 014 mots
    • 1 média
    ...ses recherches, qui ont abouti à la publication en 1818 d'une première table de masses atomiques, procèdent plus particulièrement des spéculations de Dalton. Celui-ci avait réactivé en 1803 l'antique notion d'atomes dans une théorie des gaz proche de celle de Lavoisier. L'hypothèse atomique fut exposée,...
  • CHIMIE - Histoire

    • Écrit par , et
    • 11 186 mots
    • 7 médias
    ...dans les combinaisons. Les règles de proportionnalité supposées par la stœchiométrie trouveront une expression schématique dans l'hypothèse atomique de Dalton proposée dès 1803 à Manchester, mais répandue seulement en 1807, dans le New System of Chemistry de Thomson. Contrairement à une opinion encore...
  • DALTONISME

    • Écrit par
    • 1 596 mots
    • 2 médias

    Le terme « daltonisme » désigne, dans le langage courant, une déficience de la vision des couleurs, ou dyschromatopsie. Le daltonisme est ainsi nommé en hommage au célèbre chimiste anglais John Dalton (1766-1844) qui le décrivit en 1794 en analysant sa propre vision colorée. Le daltonisme...