JŌCHŌ (mort en 1057)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

À la fin du ixe siècle, le Japon, se dégageant des influences de la Chine des Tang, se replie sur lui-même et élabore un art proprement national (wayō). C'est le début d'une période de trois siècles, dominée politiquement par la famille Fujiwara (894-1185, période dite Fujiwara), qui développe un art de cour d'une élégance aristocratique et d'une grâce fragile, empreint d'une certaine mélancolie, en contraste avec l'art viril et dynamique de la période précédente. Les artistes évitent les expressions forcées, pour porter leur attention sur les proportions harmonieuses et sur les ornements.

Rompant avec la tradition plastique continentale, la sculpture s'épanouit en accord avec le sentiment nationaliste de l'époque et selon une technique nouvelle, pratiquée, non plus par les artisans anonymes des ateliers de la cour et des monastères, mais par des artistes reconnus comme tels par les familles nobles qui les tiennent en haute estime.

La tradition place le sculpteur Jōchō à l'origine de ces changements profonds qui vont transformer le style de la sculpture japonaise et le statut social de l'artiste.

Un sculpteur national

Jōchō, dont la date de naissance est inconnue, se révèle en 1022. Il descendrait, à la cinquième génération, de l'empereur Kōkō (règne : 885-888) et ses aïeux auraient été gouverneurs des provinces du centre. Dans sa jeunesse, il est l'élève, peut-être même le fils adoptif, de Kōshō, prêtre-sculpteur à la fin du xe siècle. Si aucune œuvre de Kōshō n'est conservée, il est resté célèbre pour avoir travaillé, avec ses assistants dont Jōchō, au service de Fujiwara Michinaga, dans le Muryō-in du Hōjō-ji, ancien temple de Kyōto.

Jōchō, artiste précoce et sûrement remarquable, se voit conférer, à l'inauguration du pavillon central du Hōjō-ji, en 1022, le titre bouddhique de hokkyō (« pont de la Loi »). C'est le premier sculpteur à recevoir un tel honneur, qui sera suivi de bien d'autres. En 1023, il serait chargé d'exécuter la triade de Yakushi Nyorai et les six Kannon (en sanskrit [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages


Écrit par :

Classification


Autres références

«  JOCHO (mort en 1057)  » est également traité dans :

JAPON (Arts et culture) - Les arts

  • Écrit par 
  • François BERTHIER, 
  • François CHASLIN, 
  • Nicolas FIÉVÉ, 
  • Anne GOSSOT, 
  • Chantal KOZYREFF, 
  • Hervé LE GOFF, 
  • Françoise LEVAILLANT, 
  • Daisy LION-GOLDSCHMIDT, 
  • Shiori NAKAMA, 
  • Madeleine PAUL-DAVID
  • , Universalis
  •  • 56 364 mots
  •  • 34 médias

Dans le chapitre « L'emprise des sectes »  : […] En 794, la capitale fut transférée à Heian-kyō (Kyōto) ; l'époque de Nara fit place à celle de Heian, qui allait se dérouler jusqu'à la fin du xii e  siècle. Sur le plan religieux, cette ère nouvelle est marquée par une évolution de l'attitude des Japonais vis-à-vis du bouddhisme. Jusqu'au viii e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/japon-arts-et-culture-les-arts/#i_18130

Voir aussi

Pour citer l’article

Marie MATHELIN, « JŌCHŌ (mort en 1057) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jocho/