MURAT JOACHIM (1767-1815) roi de Naples (1808-1815)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le moins étonnant de la vie de ce centaure n'est pas que Murat, fils d'un aubergiste du Quercy, ait débuté par le séminaire et ait été ordonné sous-diacre ; mais cette erreur d'orientation initiale est vite réparée : renvoyé du séminaire, il s'engage dans la cavalerie dès 1787, pour vingt-huit ans. Ardent patriote, le chef d'escadron Murat change un temps son nom en celui de Marat, est dénoncé comme robespierriste après le 9-Thermidor et laissé sans emploi ; sa bonne chance est de se trouver à Paris, attendant une affectation qui ne vient pas, quand Bonaparte bat le rappel des officiers républicains disponibles le 13 vendémiaire ; en un raid audacieux, Murat lui amène quarante canons dont il s'est rendu maître au dépôt des Sablons ; aussitôt nommé premier aide de camp de Bonaparte, bientôt général de division, Murat ne le quitte plus ; il va zébrer tous les champs de bataille de l'Italie et de l'Égypte par ses fulgurantes charges de cavalerie, en attendant ceux de Marengo, d'Austerlitz, d'Eylau, et tant d'autres encore. Tel il est en 1799, tel il ne changera plus : un héros doué d'un éclatant magnétisme qui en fait un irrésistible, un incomparable entraîneur d'escadrons ; mais, dès qu'il ne charge plus, un très médiocre manœuvrier, une tête faible, trop chaude et trop confiante en la désarmante naïveté de ses ruses.

Portrait équestre de Joachim Murat, roi de Naples, A. J. Gros

Portrait équestre de Joachim Murat, roi de Naples, A. J. Gros

Photographie

Antoine Jean GROS, Portrait équestre de Joachim Murat, roi de Naples, huile sur toile. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

Afficher

Le 19 brumaire, à Saint-Cloud, c'est d'ailleurs la tête folle qui sauve le profond génie, par une charge de grenadiers (à pied !) contre les parlementaires, qui restera la plus efficace de toutes les charges de Murat. Bonaparte l'en récompense en lui donnant la préférence sur Lannes pour épouser sa sœur Caroline. Choix déplorable : appelé peu à peu à jouer les premiers rôles de par la politique familiale de son auguste beau-frère, Murat verra croître ses ambitions, attisées par son intrigante épouse, sans voir croître pour autant ses capacités intellectuelles ; aucun honneur ne lui suffira plus. On comprend son étonnement à se voi [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  MURAT JOACHIM (1767-1815) roi de Naples (1808-1815)  » est également traité dans :

BONAPARTE CAROLINE (1782-1839) grande-duchesse de Berg (1806-1808) reine de Naples

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 295 mots

La plus jeune des « trois Grâces » de la famille Bonaparte fait assez ingrate figure, dans l'imagerie impériale, à côté de ses sœurs, d'Élisa, la femme bas-bleu et l'énergique administratrice, et de l'enchanteresse Pauline. Pourtant Caroline ne manque ni de charme (un très beau portrait d'Ingres en témoigne), ni d'amants (une de ses liaisons failli […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/caroline-bonaparte/#i_18074

EMPIRE (PREMIER)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 7 976 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « La troisième coalition »  : […] Napoléon songeait-il sérieusement à envahir l'Angleterre lorsqu'il massait sur le littoral cent cinquante mille hommes dont le quartier général était établi au camp de Boulogne ? L'entreprise ne pouvait réussir que si l'empereur s'assurait la maîtrise de la Manche pendant six jours. Mais les manœuvres de diversion tentées par Villeneuve échouèrent. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/empire-premier/#i_18074

ESPAGNE (Le territoire et les hommes) - De l'unité politique à la guerre civile

  • Écrit par 
  • Henri LAPEYRE
  •  • 14 270 mots
  •  • 18 médias

Dans le chapitre « La guerre d'indépendance »  : […] Après l'émeute d'Aranjuez, Murat convainquit Ferdinand VII de se rendre à Bayonne auprès de Napoléon qui obtint son abdication. Une assemblée de notables reconnut Joseph Bonaparte comme roi et adopta une nouvelle constitution. Le Conseil de Castille se rallia à Joseph qui trouva le soutien d'un parti recruté surtout dans les classes supérieures de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/espagne-le-territoire-et-les-hommes-de-l-unite-politique-a-la-guerre-civile/#i_18074

FIESCHI GIUSEPPE (1790-1836)

  • Écrit par 
  • Paul GUICHONNET
  •  • 476 mots

Né à Murato (Corse) d'une famille misérable, Giuseppe Fieschi s'engage à seize ans dans l'armée de Murat, où il gagne les galons de sergent. Intelligent, mais fourbe et intrigant, il trahit ses chefs en livrant des renseignements aux Autrichiens. Il parvient cependant à entrer dans les gardes du corps du roi de Naples et fait, avec bravoure, les ca […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/giuseppe-fieschi/#i_18074

ITALIE - Histoire

  • Écrit par 
  • Michel BALARD, 
  • Paul GUICHONNET, 
  • Jean-Marie MARTIN, 
  • Jean-Louis MIÈGE, 
  • Paul PETIT
  •  • 27 438 mots
  •  • 42 médias

Dans le chapitre « L'Italie napoléonienne »  : […] Bonaparte, qui s'est emparé du pouvoir par le coup d'État du 18 brumaire (9-10 nov. 1799), redresse la situation. La victoire de Marengo (14 juin 1800) et la paix de Lunéville (9 févr. 1801) replacent l'Italie sous l'hégémonie française. Durant le Consulat, puis l' Empire, Napoléon, qui n'a pas de politique italienne préméditée, va opérer, au gré […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-histoire/#i_18074

SICILE

  • Écrit par 
  • Maurice AYMARD, 
  • Michel GRAS, 
  • Claude LEPELLEY, 
  • Jean-Marie MARTIN, 
  • Pierre-Yves PÉCHOUX
  •  • 17 945 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Lumières et révolutions »  : […] La guerre de la Succession d'Espagne transforme la situation politique de l'Italie : les Autrichiens s'emparent en 1707 de Naples, dont le traité d'Utrecht (1713) leur reconnaît la possession, en donnant la Sicile à la Savoie. Pendant une vingtaine d'années, le sort des deux régions reste incertain : en 1718, la Sicile revient à l'empereur ; en 17 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sicile/#i_18074

Pour citer l’article

Jean MASSIN, « MURAT JOACHIM (1767-1815) - roi de Naples (1808-1815) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/joachim-murat/