FIESCHI GIUSEPPE (1790-1836)

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Né à Murato (Corse) d'une famille misérable, Giuseppe Fieschi s'engage à seize ans dans l'armée de Murat, où il gagne les galons de sergent. Intelligent, mais fourbe et intrigant, il trahit ses chefs en livrant des renseignements aux Autrichiens. Il parvient cependant à entrer dans les gardes du corps du roi de Naples et fait, avec bravoure, les campagnes napoléoniennes de 1812 à 1814. Fieschi trahit une seconde fois Murat et permet ainsi aux Autrichiens de battre ce dernier à Tolentino (1815), défaite qui entraîne la perte de ses États. Il simule ensuite un dévouement total à Murat qui, de Corse, prépare une expédition en Italie du Sud. Chargé d'organiser l'opération par une mission secrète à Naples, Fieschi livre les plans au gouvernement de Ferdinand II. Lors du débarquement au Pizzo de Calabre (1815), il se met à couvert, abandonnant Murat et ses compagnons qui sont pris et fusillés. Rentré en Corse, il commet un vol et un faux en écriture au cours d'un procès de succession avec ses frères et sœurs. Ses antécédents bonapartistes le font condamner en 1819 par la cour d'assises d'Ajaccio à dix ans de réclusion. Après sa libération, il erre à travers la France et, au lendemain de la révolution de 1830, se faisant passer pour une victime de la Restauration, il obtient un emploi de sergent à la garde du moulin de Croulebarbe à Paris. Mais son imposture est démasquée et sa vie dissolue le fait congédier en 1834. Hébergé par le droguiste Pépin et le sellier Morey qui, avec l'ouvrier lampiste Boireau, deviendront ses complices, Fieschi met longuement au point un attentat contre Louis-Philippe, qu'il commet le 25 juillet 1835. De la fenêtre de son logement, 50, boulevard du Temple, il tire sur le cortège célébrant le cinquième anniversaire de la révolution de Juillet avec une « machine infernale » faite de vingt-quatre canons de fusils juxtaposés. Le roi et les membres de sa famille sont miraculeusement indemnes, mais on relève vingt-trois blessés et dix-neuf morts. Blessé, Fieschi est capturé et jugé avec ses complices. L'attentat avait suscité une énorme émotion et l'opinion publique suivit avec passion le procès. Les débats mirent en relief la personnalité de Fieschi, plein de jactance, vaniteux, arrogant et avide d'attirer l'attention sur lui. Son forfait est celui d'un pur caractériel, sans motivations politiques ou idéologiques et, à ce titre, il est resté classique dans les annales de la criminologie. Tandis que Boireau était condamné à vingt ans de réclusion, Fieschi et ses deux autres complices étaient frappés de la peine de mort. Ils furent guillotinés à Paris le 19 février 1836.

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Pour citer l’article

Paul GUICHONNET, « FIESCHI GIUSEPPE - (1790-1836) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/giuseppe-fieschi/