LÉON X, JEAN DE MÉDICIS (1475-1521) pape (1513-1521)

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Second fils de Laurent, Jean de Médicis ne perdra jamais de vue les intérêts financiers et politiques de sa famille ; de même, il demeurera profondément marqué par la culture humaniste de sa ville natale, Florence. Pourvu dès 1487 d'importants bénéfices ecclésiastiques, cardinal à treize ans, il n'arrivera jamais à concevoir les charges d'Église comme des responsabilités à exercer mais plutôt comme des honneurs et profits à recevoir ou distribuer.

Bien qu'ayant contribué, moyennant d'ailleurs une contrepartie financière, à l'élection d'Alexandre VI Borgia (1492), il perd vite la faveur du nouveau pape et doit s'exiler après l'effondrement de la seigneurie de Florence (1494). Trois ans durant, il voyage à travers l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, la France, acquérant ainsi une riche expérience de la politique européenne. En 1503, la mort de son frère Pierre fait de lui le chef de la famille des Médicis, tandis que l'élection du pape Jules II ouvre à son jeu politique des possibilités qu'il sait exploiter pour rétablir l'autorité de sa maison sur Florence (1512). Sa position personnelle est devenue suffisamment forte pour qu'aucune tractation simoniaque ne soit nécessaire à son élection pontificale (11 mars 1513).

Homme pieux mais superficiel, plus manœuvrier qu'énergique, encombré de soucis d'argent, enfermé dans ses préoccupations familiales, Léon X ne perçoit pas la gravité des problèmes religieux de son temps. S'il reprend et mène à terme (1517) le Ve concile du Latran réuni par son prédécesseur, il ne saisit pas l'occasion ainsi offerte de répondre aux désirs de réforme qui émergent en divers lieux et il contribue même par sa politique personnelle de faveurs et de dépenses de prestige à maintenir les abus que dénoncent les décrets conciliaires contresignés par lui. Comment pourrait-il soupçonner les enjeux de la crise déclenchée par Luther ? Du moins est-ce un théologien de valeur, Thomas de Vio dit Cajetan, qu'il délègue à la diète d'Augsbourg (oct. 1518) pour y rencontrer le professeur de Wittemberg ; ensuite, c'est au terme d'un procès régulier mené par des théologiens que Luther est condamné par la bulle Exsurge Domine (15 juin 1520).

Oscillations et double jeu caractérisent la politique européenne de Léon X qui, tantôt allié de la France par crainte de l'Espagne, tantôt uni à celle-ci et à l'Empereur contre François Ier, finit par décevoir tous ses partenaires. La neutralité qu'il affecte pendant la course entre François Ier et Charles de Gand pour la couronne impériale tourne finalement au détriment de son prestige et de sa puissance. Après la victoire de Marignan (1515), François Ier avait su exploiter la mobilité du pape en négociant l'important concordat de Bologne (1516) qui, remplaçant la pragmatique sanction de Bourges, ouvrait pour près de trois siècles à la monarchie française de larges possibilités d'intervention dans la vie ecclésiastique du royaume.

Concordat de Bologne

Photographie : Concordat de Bologne

Rencontre entre le roi François Ier et le pape Léon X à Bologne. Par le concordat, conclu le 18 août 1516, le pape reconnaît l'autorité du roi sur l'Église de France. Giorgio Vasari, salle Léon X (détail), Palazzo Vecchio, Florence. 

Crédits : Rabatti - Domingie/ AKG-images

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Grand seigneur de la Renaissance par sa manière de vivre et ses largesses de mécène, Léon X n'a cependant attaché son nom à aucune grande entreprise dans le domaine des arts.

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André DUVAL, « LÉON X, JEAN DE MÉDICIS (1475-1521) - pape (1513-1521) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-de-leon-x/