BIOT JEAN-BAPTISTE (1774-1862)

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Né le 21 avril 1774 à Paris, fils d'un paysan lorrain qui le destinait au commerce, Biot fait ses études au collège Louis-le-Grand (Paris). En conflit avec son père, il s'engage comme artilleur (1792). En 1794, il entre à l'École des ponts et chaussées, puis à l'École polytechnique où il est remarqué par Monge : en 1797, il est nommé professeur à l'École centrale de Beauvais et, en 1799, examinateur à l'École polytechnique. En 1800, Biot est nommé professeur au Collège de France (Paris), puis astronome assistant au Bureau des longitudes (1806) et professeur d'astronomie à la Faculté des sciences de Paris (1808), dont il sera le doyen de 1840 à 1849.

Biot aurait sans doute fait une carrière de mathématicien sans l'influence de Laplace qui l'a intéressé aux applications de l'analyse à la physique. C'est grâce à son rapport devant l’Académie des sciences, le 18 juillet 1803, sur la météorite tombée à L'Aigle (Orne), le 26 avril précédent, que ces objets ont été reconnus comme tels en France. L'année suivante, il effectue, avec Gay-Lussac, une ascension en ballon pour étudier la variation du champ magnétique terrestre avec l'altitude, sujet qu'il approfondit également avec Alexandre de Humboldt. Avec Arago, il étudie la réfraction de la lumière dans l'air, ainsi que le problème des mirages et la mesure de la densité des gaz, tandis qu'il découvre, avec le chimiste Thenard, le phénomène de dimorphisme de la calcite et de l'aragonite.

En utilisant des tubes d'acier de 950 mètres de longueur, Biot effectue de nombreuses mesures de la vitesse de propagation du son dans les gaz et les solides.

En 1806, Biot accompagne Arago en Espagne pour y poursuivre la mesure d'un arc de méridien, travail interrompu par la mort de Méchain, dont il présente le rapport à l'Institut (1810), mais il avait entrepris auparavant différentes études (variations de la longueur du pendule battant la seconde avec le lieu, propagation de la chaleur le long d'une barre métallique). De retour d'Espagne, il étudie la loi de refroidissement de Newton et propose une formule plus exacte pour le calcul de la perte de chaleur en fonction de la différence des températures entre le corps chaud et le corps froid ; il établit une formule pour le calcul de la pression de la vapeur saturante, ainsi que la formule qui porte son nom, formule donnant l'absorption exponentielle du rayonnement solaire par un milieu de coefficient d'absorption donné.

Chercheur infatigable, Biot travaille sur les sujets les plus divers ; il publie une théorie sur « le mouvement du fluide galvanique », il étudie la décharge des bouteilles de Leyde et, travaillant jour et nuit avec Savart, ils communiquent tous deux à l'Académie la loi qui porte leur nom, un mois après avoir pris connaissance des expériences d'Œrsted. Les travaux de Biot sur le pouvoir rotatoire des liquides le conduisent à la découverte de la « rotation compensée » des mélanges racémiques (1815), et ses études sur la polarisation de la lumière et la dispersion rotatoire lui valent d'obtenir la médaille Rumford de la Royal Society à Londres. Il trouve également le temps de s'intéresser à l'histoire de l'astronomie et ses travaux sur l'astronomie indienne et chinoise font encore autorité.

Biot publie, en outre, plusieurs ouvrages d'astronomie et de physique. Dès 1800, il est membre non résident de la première classe de l'Institut et devient, en 1803, membre régulier de la section mathématique. Élu vice-président de l'Académie en 1835, il entre, en 1841, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Commandeur de la Légion d'honneur en 1849, il est élu à l'Académie française en 1856.

Biot décède le 3 février 1862 à Paris.

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Georges KAYAS, « BIOT JEAN-BAPTISTE - (1774-1862) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-baptiste-biot/