CAMERON JAMES (1954- )

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Avec John McTiernan (Predator, 1987) et Paul Verhoeven (Total Recall, 1990), James Cameron est le meilleur représentant du nouveau cinéma d'action américain, essentiellement axé sur des thèmes empruntés à la science-fiction. Il a su mettre à profit les nouvelles technologies (images de synthèse, trucages électroniques) pour nourrir des fables inquiétantes sur le devenir de l'humanité et les rapports homme-machine : Terminator (The Terminator, 1984) et Terminator 2 (Terminator 2 : Judgement Day, 1991). Le style à la fois dynamique et fluide qu'il acquiert lui permet de réinventer le film de reconstitution historique avec Titanic (1997).

James Cameron est né le 16 août 1954 à Kapuskasing (Ontario, Canada). Il passe son enfance à Niagara Falls et son adolescence à Brea (Californie), où il suit des études de physique au Fullerton College. Il réalise en 1978 un premier court-métrage, Xenogenesis. Le réalisateur-producteur Roger Corman l'engage alors dans sa compagnie, la New World Pictures, au département des effets spéciaux. Cette expérience de terrain aidera à comprendre la méticulosité que met Cameron dans la construction de ses univers synthétiques. En 1981, il supervise la partie « effets spéciaux » de New York 1997 (Escape from New York), de John Carpenter, et réalise l'année suivante son premier long-métrage, Piranha 2-Les Tueurs volants (Piranha II-The Spawning), remake désastreux du film homonyme de Joe Dante (1978).

Une métamorphose complète s'opère en 1984, lorsque James Cameron écrit et réalise Terminator. La rencontre de la productrice Gale Anne Hurd et la participation d'Arnold Schwarzenegger vont donner à cette œuvre une dimension insoupçonnée. Le 29 août 1997, le réseau robotique Skynet échappe au contrôle de ses concepteurs humains, et domine la Terre avec ses machines. L'action de Terminator, comme celle du film qui lui fait suite, débute à Los Angeles en 2029. Skynet, qui domine maintenant le monde, envoie deux Terminator, l'un en 1984 (en ce qui concerne le premier film) pour tuer Sarah Connor, future mère de John, le chef de la résistance aux robots-dictateurs, et l'autre (dans Terminator 2) dix ans plus tard, pour éliminer John enfant, au cas où le premier émissaire aurait échoué.

Ce double apologue très noir s'inscrit dans le courant de méfiance envers la technologie qui règne alors chez les cinéastes (qu'on pense à Videodrome de David Cronenberg, 1982) ou dans le courant littéraire cyber-punk : la perte de l'identité, l'effacement de la spécificité de l'humain s'expriment à travers le développement – autonome ou par métissage – du biomécanique, que Cameron dote de subjectivité. Schwarzenegger, qui joue le « mauvais » Terminator – mi-chair, mi-métal – dans le premier film, devient le bon « cyborg » dans Terminator 2, celui que le chef de la résistance humaine a délégué pour s'opposer à l'être totalement synthétique qui est le second mercenaire de Skynet.

Le diptyque des Terminator encadre deux autres fables de science-fiction : Aliens (1986) et Abyss (The Abyss, 1989). Le premier film est une suite d'Alien de Ridley Scott (1979) qui décrit la lutte engagée par Ellen Ripley, l'officier de l'espace, contre des extraterrestres. Sigourney Weaver, qui tient le rôle principal, illustre une autre constante du film de genre moderne : celui d'un personnage féminin peu sexué qui vainc tous les dangers (c'est le cas de Sarah Connor dans Terminator mais aussi de Rose dans Titanic). Ce personnage, apparu avec La Nuit des masques (Halloween, de John Carpenter, 1978), s'oppose radicalement à la faible femme toujours victime du cinéma de genre classique.

True lies (1994) et Titanic vont permettre à Cameron de réfléchir sur deux constantes de son œuvre : le mythe du héros et l'utilisation de la technologie. Dans True lies, Arnold Schwarznegger accepte de remettre son image en question. Représentant commercial pour les siens, il est en fait un redoutable agent secret : l'acteur est délibérément plongé dans son environnement habituel ; et c'est de l'intérieur même de ses codes que le genre crée sa propre parodie. Pour Titanic, Cameron a mis à contribution les éléments de point [...]

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Pour citer l’article

Raphaël BASSAN, « CAMERON JAMES (1954- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/james-cameron/