INVASIONS BIOLOGIQUES

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Espèces invasives dans le monde

Espèces invasives dans le monde
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Espèces invasives en France

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Affectant îles et continents, les invasions biologiques représenteraient la deuxième cause d'altération de la biodiversité, après la dégradation et la réduction de l'habitat. Provoquées par des micro-organismes, des animaux ou des végétaux, elles sont largement facilitées par les interventions humaines. Leurs effets s'exercent en cascade sur les espèces autochtones, les chaînes trophiques et les écosystèmes. Les activités humaines ne sont pas épargnées. La gravité du problème est reconnue, mais la riposte, en termes de volonté, de moyens et de résultats, n'est pas encore à la hauteur des enjeux.

Une extension planétaire

Il ne faut pas prendre à la légère les lâchers dans la nature de « tortues de Floride » (espèces des genres Chrysemis, Graptemys, Pseudemys et Trachemys) car ils se traduisent par des pressions importantes sur l'environnement et les espèces de tortues autochtones, et représentent des processus d'invasion biologique. En 1996, le biologiste américain Mark Williamson résume celle-ci à sa plus simple expression : un accroissement durable de l'aire de répartition d'un taxon (entité systématique). Un tel phénomène est courant au cours de l'évolution puisque la maîtrise de nouvelles niches écologiques peut faire partie intégrante de la stratégie de survie des espèces. Toutefois, depuis le Néolithique, les activités humaines l'ont grandement amplifié, d'une part, en introduisant, de façon volontaire ou non, des espèces et, d'autre part, en modifiant les milieux, favorisant ainsi les invasions. On estime qu'une espèce appartenant à l'ensemble plantes vasculaires-métazoaires (animaux pluricellulaires) réussissait à s'implanter tous les 50 000 ans dans les îles Hawaii, avant l'arrivée des premiers Polynésiens au ive siècle ; puis, trois ou quatre espèces par siècle ont été introduites et une vingtaine par an pour les dernières décennies. De même, en Australie, de dix à trente espèces auraient été implantées annuellement entre 1870 et 1970.

Les définitions suivantes, relatives au phénomène d'invasion, ont été proposées par le Groupe des spécialistes des espèces invasives de l'U.I.C.N. (Lignes directrices de l'U.I.C.N. pour la prévention de la perte de biodiversité causée par des espèces exotiques invasives, 2000).

– Une espèce allochtone (étrangère, exotique, exogène) est une espèce, une sous-espèce ou une entité représentant un taxon inférieur (y compris toute partie, gamète ou propagule, de l'individu, capable de survivre et de se reproduire) se trouvant à l'extérieur de son aire de répartition naturelle (ancienne ou actuelle) ou de son aire de dispersion potentielle (c'est-à-dire hors des limites qu'elle occupe naturellement ou pourrait occuper sans introductions, directes ou indirectes, ou démarches particulières, dues à l'homme).

– Une espèce allochtone invasive est une espèce allochtone qui s'est établie dans des habitats ou des écosystèmes naturels ou semi-naturels. Elle est devenue un agent de changement et menace la diversité biologique autochtone.

– Une espèce autochtone (indigène ou native) est une espèce, une sous-espèce ou une entité représentant un taxon inférieur se trouvant à l'intérieur de son aire de répartition naturelle ou de son aire de dispersion potentielle.

– Une introduction est un déplacement, dû à une cause anthropique, d'une espèce, sous-espèce, ou entité représentant un taxon inférieur hors de son aire de répartition naturelle. Ce déplacement peut s'effectuer à l'intérieur d'un pays ou entre des pays.

– Une introduction fortuite est une introduction non décidée par l'homme, qui voit une espèce se servir de celui-ci ou de ses réseaux de distribution comme vecteurs pour se disperser hors de son aire de répartition naturelle.

– Une introduction intentionnelle est une introduction réalisée délibérément par l'homme, impliquant le déplacement d'une espèce hors de son aire de répartition naturelle ou de son aire de dispersion potentielle. Ce type d'introduction peut être, ou non, autorisé.

Au regard des espèces autochtones (encore appelées natives ou indigènes), les espèces allochtones (dites aussi étrangères, exotiques ou exogènes) sont présentes en nombre extrêmement variable suivant les pays et les régions du monde. S'agissant des plantes vasculaires, les pays du bassin méditerranéen abritent en moyenne 23 000 espèces autochtones et 250 espèces allochtones (soit 1,1 p. 100 des plantes natives) ; la France métropolitaine, respectivement, 4 200 et 438 (9,4 p. 100), mais 959 et 560 (36,9 p. 100) pour la Polynésie française. Généralement sur les îles – comme les Bermudes, Hawaii, Cook, Fidji, la Nouvelle-Zélande – les espèces exotiques sont importantes et représentent, en moyenne, 45 p. 100 des peuplements de ces milieux ; en revanche, dans les pays largement continentaux, comme la Turquie, ce chiffre est très faible (0,9 p. 100) [P. M. Vitousek et al., 1996].

Parmi les espèces allochtones, celles qui deviennent invasives se révèlent, certes, très minoritaires. C'est ainsi que Williamson a proposé, en 1996, la règle des trois dixièmes : parmi les espèces importées, un dixième s'échappent dans la nature (elles sont dites « introduites ») ; de ces dernières, un dixième font souche (elles sont dites « naturalisées »), et parmi celles-ci, un dixième se révèlent invasives. Cette dernière proportion – sujette en pratique à de nombreuses variations –, pour faible qu'elle soit, n'en reflète pas moins une situation préoccupante à l'échelle de la planète, en raison de la gravité des problèmes soulevés par les invasions. Ces dernières concernent quantité de lignées et couvrent l'essentiel du vivant, depuis les micro-organismes jusqu'aux mammifères (tabl. 1). Et leurs impacts sont importants puisqu'elles seraient responsables de 17 à 39 p. 100 des extinctions d'espèces animales certifiées dans le monde depuis 1600.

Espèces invasives dans le monde

Espèces invasives dans le monde

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Liste des « 100 parmi les pires espèces invasives au monde » établie par le Groupe des spécialistes des espèces invasives de l'U.I.C.N. Elle a été publiée initialement avec les noms usuels en anglais. Lorsque ces noms n'existent pas en français, ou ne sont pas certifiés, une indication... 

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Fondements et incidences

Toute invasion suppose qu'une population abandonne son biotope ancestral pour un autre, même si la propension générale des espèces est de demeurer sans changement – l'évolution est conservatrice. Mais la chaîne alimentaire représente un système dont l'équilibre fluctue au gré des modifications du statut de ses composants, c'est-à-dire les espèces. Une espèce est ainsi tributaire de ses relations avec les mondes abiotique (climat, caractéristiques physiques de l'écosystème) et biotique (ennemis, compétiteurs, ressources) qui l'entourent. Elle dépend aussi de sa propre dynamique de population (laquelle est liée aux facteurs précédents). Que survienne une pression significative au niveau de ces relations, et l'espèce pourra choisir de migrer pour y échapper. Et, bien sûr, il faut aussi, et surtout, compter avec l'opportunité offerte par l'artificialisation de la migration, celle qui est due aux activités humaines (cf. encadré La part de l'homme).

Une nouvelle niche écologique

Le processus de l'invasion peut être divisé en trois étapes : la migration, l'installation et l'intégration. La première suppose une capacité de dispersion, passive chez les plantes et généralement active chez les animaux (déplacement). La deuxième consiste, pour l'espèce envahissante, à se reproduire, avec ou sans apports supplémentaires de population à la faveur d'autres vagues d'invasion. La troisième se traduit, quant à elle, par l'établissement d'interactions entre les espèces invasives et autochtones, avec d'éventuelles modifications de caractères chez les unes comme chez les autres. De ces trois phases, l'installation est la plus décisive car elle met en jeu la capacité des populations natives à résister à l'invasion.

L'implantation des espèces invasives est subordonnée à l'acquisition d'une nouvelle niche écologique qui définit le rôle et la place d'un organisme au sein d'un écosystème. Les relations d'un organisme avec son environnement sont concrétisées par l'occupation d'un espace, la consommation de ressources et la coexistence avec des ennemis naturels et des compétiteurs. Elles correspondent aux conditions nécessaires à la survie d'un organisme, une notion qui s'évalue à la lumière du taux d'accroissement démographique de celui-ci. L'occupation d'une niche écologique par une espèce invasive signifie alors qu'elle a pu satisfaire à ces conditions.

À niveau de ressources égal, une population allochtone sera favorisée si ses capacités d'acquisition de la ressource sont supérieures à celles de la population autochtone (quête alimentaire plus efficiente) et si l'ensemble de son « passif biologique » (pertes du métabolisme, décès d'individus), considéré dans l'optique du taux d'accroissement démographique, est inférieur.

Toutes les espèces doivent affronter des ennemis – agents pathogènes, parasites, prédateurs. La pression de ces derniers est souvent largement diminuée pour les populations invasives. En effet, celles-ci, d'une part, laissent souvent leurs ennemis derrière elles (il a été suggéré que le cycle vital d'un ennemi diffère trop sensiblement de celui de sa cible pour qu'il accompagne celle-ci dans sa migration) et, d'autre part, ne subissent que faiblement l'impact des nouveaux ennemis autochtones qui, eux, n'ont pas co-évolué avec elles. Cette baisse de pression donne un réel avantage à l'espèce envahissante car elle réduit sa sensibilité aux pathologies et aux mortalités, améliorant ainsi son aptitude compétitive pour obtenir des ressources alimentaires, et renforçant finalement sa stratégie démographique.

La disponibilité des niches écologiques varie également en fonction de la typologie du biotope. Certains écosystèmes ou régions géographiques apparaissent plus vulnérables que d'autres aux invasions : ce sont, par exemple, les écosystèmes insulaires océaniques, les agroécosystèmes, les écosystèmes urbains et péri-urbains, et les écosystèmes d'eau douce ; parmi les régions du monde, on peut citer celles de type méditerranéen et d'Amérique du Nord. La composition des communautés autochtones permet aussi d'éclairer le phénomène d'invasion. Une première hypothèse, défendue dès 1958 par le biologiste et écologue anglais Charles Elton, et fondée notamment sur des observations concernant des îles, s'appuie sur le fait que les communautés les plus récemment constituées, avec un nombre limité d'espèces, seraient moins compétitives que celles qui sont plus anciennes et davantage diversifiées. Les premières seraient alors moins résistantes aux invasions. La cohésion des secondes serait liée à leur histoire : les espèces formant ces peuplements, ayant co-évolué depuis longtemps et s'étant adaptées les unes aux autres, laisseraient peu de niches écologiques disponibles pour d'éventuels envahisseurs. Toutefois, on peut noter que, généralement, les milieux les plus riches en espèces sont ceux où les populations invasives sont les plus nombreuses. Une autre hypothèse, émise en 1973 par l'écologue anglais Robert May, propose que la dynamique de vie (rythme des colonisations-extinctions) est plus prononcée dans les communautés constituées de plusieurs espèces, ce qui engendre une forme d'instabilité, ou de fragilité, qui est mise à profit par les espèces invasives pour s'introduire dans leur nouveau biotope. Enfin, il faut noter l'importance du concept de richesse fonctionnelle (cela a été suggéré pour des plantes) : plus les communautés autochtones exploiteraient les ressources d'un écosystème, moins elles en laisseraient aux espèces envahissantes, ce qui réduirait pour ces dernières les chances de s'installer.

Des avantages génétiques

Les espèces invasives étant confrontées à de nouvelles manifestations de la sélection naturelle, la question se pose de la détermination des processus génétiques impliqués au cours du phénomène d'adaptation. Un constat préliminaire est celui de la perte de diversité génétique de ces populations du fait de leurs faibles effectifs. En général, les reproducteurs sont peu nombreux, et ne retiennent qu'une partie du pool génique (ensemble des génomes) de la population parente : c'est l'effet fondateur. La théorie prédit que cette diminution du polymorphisme induit une consanguinité, laquelle menace la survie de la population. En pratique, cette théorie se vérifie pour quantité de plantes et d'animaux. Elle pourrait être l'une des causes majeures de l'insuccès de l'invasion. Néanmoins, plusieurs cas existent d'espèces ou de populations connues pour être consanguines, comme les guépards (Acinonyx jubatus) ou les gypaètes (Gypaetus barbatus), et qui n'en ont pas moins des taux de reproduction satisfaisants : preuve, peut-être, que chez elles la dépression de consanguinité (baisse de vigueur de lignées issues de croisements consanguins, en termes de fécondité, de survie et de croissance) a pu être contrée. De plus, si des flux supplémentaires d'immigration viennent renforcer la variabilité génétique de la population fondatrice, les handicaps provoqués par l'effet fondateur et la consanguinité peuvent être levés. Ainsi, une étude réalisée sur des moules zébrées (Dreissena polymorpha) et des moules quagga (Dreissena bugensis), originaires d'Eurasie et introduites en Amérique du Nord, a montré qu'elles possédaient des degrés importants de diversité génétique qui ont été attribués à la succession de plusieurs vagues d'invasion.

Plusieurs autres mécanismes génétiques pourraient faciliter les adaptations évolutives. Tout d'abord, le génotype (ensemble des informations héréditaires contenues dans le génome) est capable de produire différents phénotypes (ensemble des caractères anatomiques, morphologiques, physiologiques et éthologiques) en fonction du milieu de développement de l'organisme : c'est la plasticité phénotypique. De nombreuses variations (morphologiques, éthologiques ou écologiques) peuvent alors apparaître, mais elles ne sont pas héréditaires puisqu'elles n'affectent pas les cellules germinales de l'organisme. De plus, il ne semble pas que les génotypes des espèces invasives soient davantage plastiques que ceux des autres organismes. C'est ce qu'a démontré une étude réalisée en 2002 par le biologiste allemand Oliver Bossdorf sur l'alliaire officinale, Alliaria petiolata, une plante d'origine européenne, invasive des forêts nord-américaines. En revanche, la dérive génétique – c'est-à-dire le changement aléatoire dans la fréquence des allèles d'une population, à travers plusieurs générations successives, due à des erreurs d'échantillonnage dans les gamètes – est en elle-même un facteur suffisant pour déterminer des changements du phénotype. Dans le cas des invasions, celle-ci est accentuée puisque les populations fondatrices présentent des effectifs restreints, alors que dans une population importante, ces variations aléatoires peuvent mieux se compenser. Quelques cas (comme celui de la fourmi d'Argentine, Linepithema humile), ont confirmé que ce processus pouvait être à l'œuvre, mais sa généralisation reste à démontrer.

D'autres mécanismes génétiques pourraient avoir une portée plus large. Ainsi, la variance génétique additive semble essentielle à l'adaptation. Elle correspond à la moyenne des écarts (en plus et en moins, par rapport à la moyenne constatée dans une population) des valeurs attribuées à certains caractères d'une population. Ces caractères peuvent apporter un avantage adaptatif en matière de démographie, de phénologie (variations des cycles biologiques des organismes en fonction du climat). Si la variance génétique additive est élevée, cela signifierait que la population possède une grande variabilité pour les traits concernés, donc une capacité d'adaptation importante. C'est ce qui a été effectivement constaté chez plusieurs plantes et animaux, comme un passereau, le roselin du Mexique (Carpodacus mexicanus) originaire de l'ouest nord-américain, qui a colonisé toute la frange est du continent).

L'invasion pourrait aussi être amplifiée par le phénomène d'hybridation. La création d'une nouvelle espèce, entre deux individus autochtone et allochtone, éventuellement plus résistante et plus compétitive (comme c'est souvent le cas), peut se traduire, à terme, par la dilution du patrimoine génétique de l'espèce autochtone et par son élimination. Chez les animaux, l'hybridation est rare chez les mammifères, les oiseaux et les reptiles, les hybrides obtenus étant généralement stériles ; elle est plus fréquente chez les amphibiens et les poissons, donnant des sujets qui peuvent être fertiles. Elle est, en revanche, davantage répandue chez les plantes, dont les hybrides sont fréquemment fertiles.

Il est de plus en plus suggéré, par ailleurs (cf. encadré Phéromones coloniales chez les fourmis), que des gènes particuliers sont directement impliqués dans le processus d'adaptation. Le ciblage de ces gènes est activement poursuivi, tout comme l'identification (en comparant entre elles plusieurs populations) des régions du génome porteuses de mutations induisant des adaptations. De fait, les recombinaisons de l'ADN dans le génome peuvent prendre la forme de réarrangements de séquences existantes, réarrangements dus à des accidents chromosomiques (lors de la mitose ou de la méiose), à des rétrovirus ou à des transposons (courtes séquences d'ADN mobiles qui se propagent dans le génome d'un site à un autre). De nouvelles séquences peuvent donc apparaître et les transposons, en particulier, seraient responsables d'une grande partie des mutations. Si la plupart d'entre elles sont considérées comme neutres, quelques-unes peuvent être délétères, et rares seraient les mutations bénéfiques. Toutefois, chez certains organismes, comme les drosophiles, elles sont assez répandues. D'une manière générale, des modifications évolutives sont bien observées chez les espèces allochtones. Elles sont plus fréquentes quand les populations envahissantes sont confrontées à des environnements très différents de leur biotope d'origine, et surtout modifiés par l'homme. Ainsi, des changements ont été enregistrés dans la dimension des ailes chez des mouches, dans la longueur du corps de certains lapins, dans la coloration corporelle (mélanisme) de lépidoptères, dans la résistance aux insecticides chez des insectes et dans la résistance aux herbicides chez des plantes, dans la période de floraison et, d'une manière générale, pour de nombreux traits phénologiques des plantes. Des phénomènes de spéciation peuvent aussi se manifester lorsque s'installe une barrière reproductive (due à l'isolement entre la population d'origine et ses descendants). Le flux génique est alors interrompu et les divergences peuvent conduire à la formation d'une espèce distincte.

Le coût des perturbations

L'issue la plus radicale de la compétition entre une espèce autochtone et une espèce allochtone est l'élimination de la première. Mais certaines populations natives peuvent posséder une capacité d'adaptation suffisante pour coexister avec l'espèce envahissante. Cependant, dans la majorité des cas, les impacts se traduisent par l'affaiblissement, voire l'élimination, d'espèces natives avec des incidences plus larges sur les écosystèmes et l'espèce humaine. Par exemple, le criquet pèlerin (Schistocerga gregaria) est un redoutable ravageur pour les cultures – de l'Afrique jusqu'en Asie du Sud-Est, en Amérique du Nord et maintenant dans le sud de l'Europe (Italie, Espagne), où il progresse ; il menacerait les ressources alimentaires d'un dixième de la population humaine mondiale. Les insectes peuvent aussi être porteurs de virus responsables de maladies qui affectent des millions de têtes de bétail et d'êtres humains.

Quant à l'innocuité sur l'environnement des organismes génétiquement modifiés (O.G.M.), elle est loin d'être acquise : il semblerait logique au contraire de s'attendre à des pressions accrues de plantes et d'animaux transgéniques sur des espèces autochtones, comme c'est notamment le cas, en Amérique du Nord par exemple, pour des truites et des saumons d'élevage génétiquement modifiés qui s'échappent dans la nature et s'hybrident avec des espèces sauvages.

La contrainte des populations exogènes peut s'exercer sur l'ensemble des organismes vivants peuplant le biotope conquis. Par exemple, les conséquences des invasions de rats sont particulièrement graves car elles peuvent affecter l'ensemble des écosystèmes insulaires. Les rats du Pacifique (Rattus exulans), introduits en Nouvelle-Zélande il y a peut-être deux mille ans, ont contribué à faire disparaître les oiseaux aptères et ont sévèrement réduit les populations d'oiseaux de mer – supprimant du même coup la matière organique produite par ces derniers (guano, coquilles d'œufs, plumes, etc.) et dont les éléments (phosphore, azote, carbone) passaient dans le sol pour être exploités par de nombreuses espèces (invertébrés, reptiles, oiseaux) via la végétation. Cet exemple illustre l'importance du concept des espèces « clef de voûte », micro-organismes, animaux ou végétaux dont les impacts sur la chaîne trophique et le milieu sont disproportionnés par rapport à leur biomasse.

Les conséquences des espèces invasives sur l'environnement sont parfois estimées en termes financiers. Par exemple, aux États-Unis, les dépenses nécessaires aux traitements des « mauvaises herbes » (qui couvrent 40,5 millions d'hectares sur les 519 cultivés) et les pertes de productivité induites se montent à plus de 10 milliards de dollars par an. Dans ce même pays, l'ensemble des coûts économiques liés aux invasions biologiques représentent 137 milliards de dollars par an. La lutte contre une douzaine de plantes particulièrement nuisibles en Grande-Bretagne s'élève annuellement à 344 millions de dollars. En Australie, le budget alloué à la destruction des lapins (Oryctolagus cuniculus), introduits au cours du xixe siècle, atteint 373 millions de dollars par an. Dévastatrice des rizières en Asie du Sud-Est, une espèce d'escargot (Pomacea canaliculata) a imposé aux fermiers des Philippines, en 1990, un surcoût de production de 28 à 45 millions de dollars.

Stratégies et tactiques antagonistes

L'article 8h de la Convention sur la diversité biologique (C.D.B.) stipule que chaque État signataire devra « empêcher l'introduction, contrôler ou éradiquer les espèces étrangères qui menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces » (tabl. 2). Le premier point essentiel est celui de la prévention. Lors de la 6e réunion de la C.D.B., qui s'est tenue à La Haye (Pays-Bas) en avril 2002, trois principes directeurs de la prévention ont été proposés : mettre en œuvre le principe de précaution (toute espèce exotique doit être gérée comme si elle était potentiellement envahissante jusqu'à preuve du contraire) ; évaluer les risques avant l'introduction de toute espèce ; appliquer le principe de responsabilité au-delà des frontières nationales (la coopération entre les États s'impose car les frontières des espèces invasives sont écologiques). Le groupe de spécialistes, auteur du rapport « Lignes directrices de l'U.I.C.N. pour la prévention de la perte de diversité causée par des espèces exotiques envahissantes (2000) », quant à lui, a sérié des mesures à prendre dans le cadre de la lutte anti-invasive. Celles-ci, pour la prévention, concernent notamment le renforcement des contrôles aux frontières et des mesures de quarantaine, l'identification et le contrôle des principales filières d'introduction involontaire, la création « d'agences de biosécurité » chargées de la gestion centralisée au niveau national des introductions. Si le phénomène d'invasion est constaté, trois options sont possibles : l'éradication (de loin préférable), le confinement (rétention de l'espèce à l'intérieur de limites géographiques bien déterminées) et le contrôle (réduction de la densité et de l'abondance de l'espèce à des niveaux jugés acceptables à long terme).

Espèces invasives en France

Espèces invasives en France

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Liste des espèces invasives sévissant en France en perturbant le fragile équilibre des différents écosystèmes. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe, dite Convention de Berne, a proposé, de son coté, un projet de stratégie européenne. Les principaux points recoupent ceux qui ont été abordés précédemment ; d'autres sont plus spécifiques. L'évaluation des risques présentés par les populations invasives pourrait passer, notamment, par l'établissement d'un système de listes : listes noires regroupant les espèces strictement interdites ; listes grises comportant celles qui sont soumises à examen ; listes blanches rassemblant les espèces dont l'introduction peut être autorisée. La suggestion d'inclure des mesures de reconstitution dans les politiques de sécurité biologique apparaît comme particulièrement pertinente : il s'agirait de soutenir les réintroductions d'espèces et la restauration d'habitats et d'écosystèmes qui ont été touchés et modifiés par les invasions.

Quatre méthodes de lutte peuvent être utilisées au regard des trois finalités envisagées (éradication, confinement et contrôle) :

– Le contrôle manuel et mécanique (arrachage, fauchage, débroussaillage ou moissonnage pour les plantes ; piégeage, abattage ou ramassage pour les animaux).

– Le contrôle chimique. L'efficacité des produits utilisés (herbicides, pesticides...) varie en fonction de nombreux paramètres (biologie de l'espèce, niveau d'abondance, nature du biotope...). Un des points essentiels à considérer dans cette méthode est l'impact des agents toxiques sur les autres espèces. Un niveau d'empoisonnement collatéral jugé tolérable ne remet pas en cause le succès de l'opération, mais le risque n'en demeure pas moins d'une contamination de la chaîne alimentaire.

– Le contrôle biologique. Il s'agit d'introduire un ou plusieurs prédateurs de la population envahissante. Comme pour le contrôle chimique, une comparaison des coûts et des bénéfices est souhaitable : elle consiste à évaluer, autant que possible, les conséquences de l'opération sur les espèces non ciblées. Depuis le xixe siècle, lors des premiers programmes de lutte biologique, beaucoup de dommages collatéraux ont en effet été enregistrés. Introduite dans les années 1870-1880 aux Antilles, aux îles Hawaii, Fidji et Maurice, contre des rats qui avaient envahi les cultures, la petite mangouste indienne (Herpestes auropunctatus) a été responsable du déclin de nombreuses espèces d'oiseaux endémiques. Aujourd'hui, les contrôles biologiques sont plus réfléchis mais plusieurs problèmes demeurent. L'ennemi introduit peut se disperser dans d'autres milieux et affecter d'autres espèces. De plus, si les impacts des populations envahissantes sur les biocénoses et les écosystèmes peuvent être évalués, ceux des organismes introduits contre ces envahisseurs sont très difficiles à déterminer au préalable. Malgré ces effets potentiels négatifs, le contrôle biologique reste la méthode de lutte en principe la plus sélective et ses moyens d'intervention comportent moins de dangers pour la chaîne trophique.

– Le contrôle écologique. Les perturbations et les artificialisations de l'environnement, provoquées par les activités humaines, affectent la plupart des écosystèmes et favorisent l'arrivée des espèces invasives. Éviter ces modifications, voire les supprimer, ou « renaturer » le milieu pourrait donc réduire l'impact des espèces allochtones. Le contrôle écologique suppose une politique concertée entre plusieurs secteurs de la société et d'importants moyens puisqu'il s'agit non seulement d'éliminer les populations envahissantes mais aussi, et surtout, les causes de leur implantation. Cette méthode est donc moins facile à mettre en œuvre.

Pour lutter contre les plantes, ce sont surtout les moyens mécaniques, chimiques et biologiques qui sont mis en œuvre (cf. encadré L'invasion de l'algue Caulerpa). Contre les insectes, les méthodes chimiques et biologiques sont les plus utilisées. En général, les vertébrés se prêtent mal à la lutte biologique car ils ont rarement des « ennemis naturels spécialistes ». C'est donc le piégeage, l'empoisonnement surtout, voire l'abattage par arme à feu, qui sont alors retenus à leur encontre.

Bilan et perspectives

L'un des premiers exemples de lutte contre les invasions biologiques est sans doute celui d'une espèce de cochenille (originaire du Brésil) introduite en Inde en 1836 pour contrôler une espèce de figuier de Barbarie. Depuis, les programmes se sont multipliés et diversifiés, bien que la sensibilisation générale à ce problème, au niveau international, ne remonte qu'aux années 1980. En France, l'élimination des surmulots (Rattus norvegicus) de l'île bretonne de Rouzic a été mise en œuvre au début des années 1950 ; de 1992 à 2002, treize opérations semblables concernant des mammifères ont été conduites sur onze archipels (quarante-sept îles) et ne se sont soldées que par trois échecs. La Nouvelle-Zélande, quant à elle, particulièrement affectée par les invasions, a généralisé les programmes d'éradication. De la fin des années 1910 jusqu'en 1995, 161 avaient été lancés et 113 réussis. C'est aussi dans ce pays, à Auckland, que s'est tenue, en février 2001, la première conférence internationale sur l'éradication d'espèces invasives insulaires. Quarante-sept cas ont été présentés dont plus de la moitié ayant été résolus. Il s'agissait essentiellement d'envahisseurs mammaliens (souris, rats, lapins, chèvres, sangliers et chats) pour lesquels une lutte chimique (parfois couplée à la lutte manuelle et mécanique) avait été privilégiée.

La lutte biologique est plus délicate à mettre en œuvre. Dans la majorité des cas, elle n'a pas été probante jusqu'à présent, même si de nombreux contre-exemples existent. Plus de 6 000 programmes – impliquant un millier de prédateurs, de parasites et d'agents pathogènes – ont été lancés pour lutter contre quelque cinq cents espèces d'insectes, et un millier d'opérations faisant intervenir trois cents espèces d'insectes ou d'agents pathogènes, pour tenter de contrer ou d'éliminer cinquante espèces végétales. On estime que moins d'un tiers des insectes entomophages introduits pour lutter contre les invasions réussissent à s'implanter et que la moitié seulement des phytophages parviennent à s'établir. De plus faibles proportions encore d'insectes et, surtout, de micro-organismes toucheraient réellement leur cible.

La lutte chimique peut donner de bons résultats pour des mammifères (comme le montre le bilan de la conférence d'Auckland). Mais elle est plus problématique lorsqu'elle s'applique aux insectes, leurs importantes fluctuations d'abondance ne facilitant pas l'éradication. De plus, ces animaux développent souvent des résistances, par mutation, aux produits utilisés, ce qui nécessite la recherche de nouveaux agents toxiques pour les traiter.

La lutte contre les invasions biologiques peut donc être longue et difficile. Mais, une fois que l'espèce envahissante est repérée (par ses premiers impacts et/ou la connaissance de ses nuisances dans d'autres biotopes) et les moyens de la combattre authentifiés, la solution la plus efficace et la moins coûteuse devrait être de l'éliminer rapidement. C'est loin pourtant d'être toujours le cas. Les sociétés ont nettement tendance à négliger les menaces biologiques surtout lorsqu'elles ne concernent pas les intérêts immédiats de l'espèce humaine (en l'occurrence l'agriculture et la santé publique, deux domaines où la lutte anti-invasive est considérée comme prioritaire). De fait, les risques pesant sur la biodiversité sont encore loin de susciter toutes les réponses satisfaisantes au regard des lignes directrices qui ont pu être proposées. La coopération entre les États reste faible ; les systèmes d'alerte, l'information du public, la coopération des secteurs professionnels et, d'une manière générale, la prévention sont insuffisants ; les législations anti-invasives et/ou leurs textes d'application restent limités ; les ressources nécessaires aux programmes font souvent défaut, sans parler de la volonté des pouvoirs publics. L'adhésion de certains secteurs de la société n'est pas acquise a priori : des associations peuvent faire suspendre ces programmes (comme cela s'est passé dans les années 1990 pour l'éradication de l'écureuil gris en Italie) et des particuliers se montrent fréquemment réticents vis-à-vis des interventions effectuées sur leurs propriétés. Des progrès structurels sont toutefois enregistrés. Ainsi, le système des listes commence à se répandre. L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont été les premiers pays à créer des listes blanches pour les plantes ; les îles Hawaii ont fait de même pour les animaux ; les États-Unis ont institué des listes noires pour l'ensemble des organismes interdits de séjour. La F.A.O. (Food and Agriculture Organization) a élaboré un Code de conduite pour l'importation et le lâcher d'agents de contrôle biologique devant servir de référence. Dans plusieurs pays, des programmes de recherche sur les espèces invasives se développent. Aux États-Unis, le budget qui leur est consacré se monte, annuellement, à quarante millions de dollars. En France, le programme Invabio a été établi sur la période 2000-2003 pour quatorze projets centrés chacun sur une ou plusieurs espèces invasives. D'autres programmes sont financés par la Communauté européenne.

Certains États particulièrement touchés par les invasions ont pris des mesures radicales d'isolement en séparant physiquement les espèces menacées des populations envahissantes. Cette politique est menée depuis plusieurs décennies à l'île Maurice : une dizaine de réserves ont ainsi été créées, qui sont clôturées, désherbées et débarrassées des espèces animales (sangliers, cervidés, rats) qui s'en prenaient à la faune et la flore locales. À Hawaii, ce type d'enclos se multiplie, protégeant notamment des espèces endémiques d'escargots de la prolifération d'escargots exotiques, ainsi que plusieurs espèces végétales jusqu'alors très diminuées par l'activité des chèvres et des sangliers (broutage). Ces stratégies défensives sont appliquées après l'échec des tentatives d'élimination. Bien qu'elles soient réalistes, il n'est pas souhaitable qu'elles se répandent à travers le monde, ce qui traduirait la faiblesse de l'option de l'éradication et renforcerait le statut d'assiégée affaiblie que possède déjà la biodiversité. Les populations invasives sont en grande partie responsables de ce statut car elles réduisent la diversité des espèces et renforcent l'homogénéisation, donc l'appauvrissement, de la biosphère. Ce phénomène pourrait encore s'accentuer. Des introductions d'espèces plus fréquentes, avec les risques qu'elles comportent, seront nécessaires pour répondre aux besoins de l'économie (surtout pour l'agriculture) et la globalisation des échanges mondiaux, d'une manière générale, multipliera les occasions d'invasion. Les politiques et les biologistes de la conservation devront alors sceller entre eux davantage d'accords pour préserver le vivant.

—  Alain ZECCHINI

Bibliographie

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M. P. Genovesi & C. Shine, Stratégie européenne relative aux espèces exotiques envahissantes, document T-PVS (2002) 8, Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe, Comité permanent, 22e réunion, Strasbourg, 2-5 décembre 2002, 2002

M. Pascal, O. Lorvelec & J.-D. Vigne, Invasions biologiques et exctinctions, Belin-Quae, 2006.

Sites Internet

U.I.C.N. :

http ://www.iucn.org

Groupe des spécialistes des espèces invasives de l'U.I.C.N. :

http ://www.issg.org

http ://www.iucn.org/themes/ssc/pubs/policy/invasivesEng.htm

Écrit par :

  • : journaliste scientifique, expert de l'Union mondiale pour la nature

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Pour citer l’article

Alain ZECCHINI, « INVASIONS BIOLOGIQUES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/invasions-biologiques/