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ÎLE-DE-FRANCE, région administrative

Ile-de-France : carte administrative

Ile-de-France : carte administrative

L'Île-de-France (12 millions d’habitants en 2014 sur 12 011 km2) n'a pas toujours porté ce nom ni connu ses limites actuelles, comprenant Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne (qui constituent la « petite couronne »), ainsi que les Yvelines, l'Essonne, le Val-d'Oise et la Seine-et-Marne (qui constituent la « grande couronne »). Elle n'a pas de frontières naturelles évidentes et se confond en partie avec la région parisienne mais sans s'y identifier complètement. C'est une région différente, par sa nature, de la plupart des autres régions françaises, principalement du fait de la présence de Paris et de son agglomération. On notera que la coutume veut que l’on écrive « région » lorsqu’il s’agit de la région géographique, et « Région » lorsqu’il s’agit de la région administrative.

L'Île-de-France, région naturelle, historique ou urbaine ?

L'Île-de-France n'est pas vraiment une région naturelle, elle est plutôt un sous-ensemble du Bassin parisien, tout en possédant quelques caractères particuliers. Située au centre d'un bassin sédimentaire constitué de plateaux où s'encaissent des vallées, elle est ainsi marquée, du fait de sa situation centrale, par une certaine horizontalité du relief, et aussi par une remarquable convergence hydrographique (Seine, Oise, Marne). Celle-ci a en partie justifié le nom (cité par Froissart en 1380) de l'espace entouré d'eau par ces trois fleuves (l'Île-de-France). Elle est aussi, sur le plan climatique, un peu plus sèche et plus chaude que les terres qui l'entourent, mais ces caractères, qui sont plutôt des nuances, ne suivent pas les limites administratives : la zone plus sèche s'étend du nord-est au sud-ouest vers la Beauce, où elle dépasse largement les limites de la région, de même que la zone chaude ; celle-ci est également marquée par l'« îlot de chaleur » parisien (plus de 4 à 5 0C en moyenne), limité à la ville de Paris et aux communes les plus proches, et qui est dû à l'urbanisation. Mais dès que l'on pénètre, à l'est, dans la Brie, les températures redescendent et les précipitations remontent.

De même, les paysages ruraux, caractéristiques des « pays » qui ont constitué provinces puis régions, sont souvent à cheval sur l'Île-de-France et les régions voisines : la région ne « possède » que la frange septentrionale de la Beauce, la moitié du Gâtinais et du Vexin, la plus grande partie mais non la totalité de la Brie, etc. À l'exception des cultures intensives liées à la proximité de Paris (fleurs, maraîchage...), l'agriculture de la région tend donc à s'organiser dans le cadre d'ensembles débordant ses frontières. La région n'a pas non plus de limites naturelles, le seul élément de relief qui aurait pu en tenir lieu, la côte d'Île-de-France – cuesta faisant face à la Champagne –, se trouvant pour l'essentiel en territoire champenois.

L'Île-de-France est aussi très particulière en tant que région historique. Son peuplement est certes ancien (la culture dite « Seine-Oise-Marne » de l'âge du cuivre y est bien représentée), mais l'essentiel est que la présence du pouvoir central et celle de la ville de Paris préexistent largement à l'émergence d'institutions « régionales ». Il y avait bien à l'époque gallo-romaine une civitas des Parisii, mais sur un espace restreint, et Jules César et l'empereur Julien l'ont honorée de leur séjour. Si l'accession au pouvoir royal de Hugues Capet en 987 scelle le destin de Paris comme capitale, il faudra attendre 1519 pour que le « gouvernement d'Île-de-France » prenne le nom de la région entière et non d'un ensemble de pays la constituant, cette institution s'ajoutant à la prévôté et vicomté de Paris,[...]

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Paris-Sorbonne, membre de la section prospective et planification du conseil économique et social de la Région Île-de-France

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Ile-de-France : carte administrative

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Autres références

  • AGRICULTURE URBAINE

    • Écrit par Jean-Paul CHARVET, Xavier LAUREAU
    • 6 273 mots
    • 8 médias
    ...avec de plus en plus de précision au fil des années, prennent une importance qui ne cesse de grandir. Un cas emblématique dans ce domaine est celui de l’Île-de-France, où le retour et la restauration de la place de l’agriculture dans les espaces urbanisés se sont traduits par l’adoption d’un plan régional...
  • BANLIEUE

    • Écrit par Jean BASTIÉ, Stéphane BEAUD, Jean ROBERT
    • 6 571 mots
    ...raison de ce changement est tout simplement quantitative. Si l'on prend les surfaces, les banlieues des grandes villes en occupent la quasi-totalité. Ainsi la banlieue de l'agglomération parisienne occupe-t-elle 96 p. 100 de la superficie de celle-ci ; elle rassemble 78 p. 100 de sa population (au début...
  • BOBIGNY

    • Écrit par Boris LEBEAU
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    Avec 48 892 habitants (en 2012), Bobigny est une commune de taille moyenne de la banlieue nord-est de Paris. Pourtant, son statut de préfecture de la Seine-Saint-Denis lui confère une place particulière dans le système territorial métropolitain.

    Bien que les fouilles archéologiques menées depuis...

  • CENTRE-VAL DE LOIRE, région administrative

    • Écrit par Franck GUÉRIT
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    Les faibles densités de la région ont été souvent imputées – à tort – au rôle vampirique de la capitale. Depuis les années 1950, le renouveau démographique dépend pourtant de sa capacité d'attraction de populations nouvelles, bien souvent franciliennes. Depuis 1954, près de 700 000 habitants...
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Voir aussi