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HUGUENOTS

Désignant les calvinistes français, le vocable « huguenot » est doublement d'origine genevoise, puisqu'il est apparu dans cette ville dans les années 1520-1525 par une double dérivation-altération du mot allemand Eidgenossen (les compagnons du serment, désignant les confédérés suisses) et du prénom personnel Hugues synthétisés en « eignots ». À Genève, en effet, le parti de l'indépendance hostile au duc de Savoie est dirigé, en attendant Calvin, par Hugues Besançon. Vers 1530-1535, le mot huguenot est déjà entré en France dans le langage courant : on sait que Guillaume Farel établit le protestantisme à Genève et que Calvin, en route vers Strasbourg, s'installe dans la ville en 1536. Ce sobriquet a d'emblée — comme celui de papiste — une signification péjorative. Pourtant, Castelnau, dans ses Mémoires parus en 1659, donne une autre origine. Il prétend qu'au moment de la conjuration d'Amboise en 1560, l'affaire ayant échoué, les femmes du pays essayèrent de sauver des fuyards, affirmant « que c'étoient pauvres gens, qui ne valoient pas des huguenots, qui estoient une fort petite monnoie, encore pis que des mailles, du temps de Hugues Capet ». Fausse ou non, cette étymologie ne fait que souligner le sens sarcastique qui s'attache à ce mot. Par un renversement de sens, fréquent en histoire, le terme huguenot a été pris par les protestants français dans un sens de supériorité.

— Jean MEYER

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Écrit par

  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Rennes

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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