HENNEQUIN, JEAN DE BRUGES ou JEAN DE BONDOL (actif de 1368 à 1381)

La réputation de Hennequin de Bruges a souffert de la trop grande personnalité de Nicolas Bataille, à qui l'on a accordé une importance démesurée dans la confection de la tenture de L'Apocalypse d'Angers. En outre, le fait qu'il se soit inspiré d'un certain nombre de manuscrits pour l'iconographie des sept pièces dont il dessina les cartons n'a pas permis de juger de la valeur d'un artiste qui est, sans conteste, l'un des plus grands peintres du dernier tiers du xve siècle. Il suffit, pour s'en convaincre, d'examiner la maîtrise avec laquelle il a représenté à gauche de chaque pièce de la tapisserie les évêques de l'Église d'Asie. Ils sont superbement campés sous un dais d'une fine architecture, où apparaissent déjà des recherches de perspective. Les tableaux disposés sur deux registres sont alternativement à fond bleu ou à fond rouge. Le talent de l'artiste apparaît dans les draperies agitées du grand souffle qui anime les visions de saint Jean. Elles enveloppent complètement les corps, ne laissant dégagées que la tête et les mains. En fait, il semble que Hennequin de Bruges ait tenté de traduire dans un espace à deux dimensions le lyrisme que la sculpture parisienne avait découvert sous le règne de Charles V. Seul Sluter, avec le Puits de Moïse, saura rivaliser avec les plus belles figures d'Hennequin.

—  Alain ERLANDE-BRANDENBURG

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Alain ERLANDE-BRANDENBURG, « HENNEQUIN, JEAN DE BRUGES ou JEAN DE BONDOL (actif de 1368 à 1381) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hennequin-jean-de-bruges-jean-de-bondol/